‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 237 sur 312 · CHAPITRE LVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIII

QuHl ne faut pas chercher à pénétrer ce qui est au-o^^ de nous , ni sonder les secrets jug;ements de Dieu.

I. J.-C. Mon fils, gardez-vous de disputer sur des sujets trop hauts, et sur les jugements cachés de Dieu : pourquoi l'un est abandonné, tandis qu'un autre reçoit des grâces si abondantes ; pourquoi celui-ci n'a que des afflictions, et celui-là est comblé d'honneurs.

> Heb. m y 6.

Liv. m, CHAP. Lvin. 4o3

Tou t cela est au-dessus de l'esprit de rhoinme : et nulle raison ne peut, quels que soient ses efforts, pénétrer les jugements divins.

Quand donc Fennemi vous suggère de semblables pensées, ou que les hommes vous pressent de questions curieuses, répondez par ces paroles du prophète : Fous êtes juste, Seigneur y et vos jugements sont droits \ . 2. Et encore : Les jugements du Seigneur sont vrais et se justifient par eux-mêmes''.

Il faut craindre mes jugements, et non les approfondir, parcequ'ils sont incompréhensibles à Fintelligence humaine.

Ne disputez pas non plus des mérites des saints, ne recherchez point si celui-ci est plus saint que cet autre, ni quel est le plus grand dans le royaume des cieux.

Ces recherches produisent souvent des différends et des contestations inutiles; elles nourrissent l'orgueil et la vaine gloire, d où naissent des jalousies et des dissensions; celui-ci préférant tel saint, celui-là tel autre, et voulant qu'il soit le plus élevé.

* Ps. cxiii, 137. — * Ibid, XVIII, g.

4o4 l'imitation de jésus-christ.

L'examen de pareilles questions, loin d'apporter aucun fruit, déplaît aux saints. Car je ne suis point un Dieu de dissension ^ mais de paix '; et cette paix consiste plus à s'humilier sincèrement qu'à s'élever.

3. Quelques uns ont un zèle plus ardent, une affection plus vive pour quelques saints que pour d'autres; mais cette affection vient plutôt de riiomrae que de Dieu.

C'est moi qui ai fait tous les saints, moi qui leur ai donné la g^race, moi qui leur ai distribué la gloire.

Je sais les mérites de chacun : Je les ai pré^ venus de mes plus douces bénédictions \

Je les ai connus et aimés avant tous les siècles •, je les ai choisis du milieu du monde \ et ce ne sont pas eux qui m'ont choisi les premiers.

Je les ai appelés par ma grâce, je les ai attii*és par ma miséricorde, et conduits à travers des tentations diverses.

J'ai répandu en eux d'ineffables consolations; je leur ai donné de persévérer, et j'ai couronné leur patience.

" I. Cor. XIV, 33. — * Ps. XX, 3. — ^ Joann. xv, 19.

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