LIV. I, CHAP. XX
sil ne s'est exercé 1on(j-temps dans la sainte componction.
Si vous desirez la vraie componction du cœur, entrez dans votre cellule, et bannissezen le bruit du monde , selon ce qui est écrit : Même sur votre couche y que votre cœur soit plein de componction ' .
Vous trouverez dans votre cellule ce que souvent vous perdrez au-dehors.
La cellule qu'on quitte peu devient douce; fréquemment délaissée, elle engendre lennui.
Si , dès le premier moment où vous sortez du siècle, vous êtes fidèle à la garder, elle vous deviendra comme une amie chère, et sera votre consolation la plus douce.
6. Dans le silence et le repos, lame pieuse feit de grands progrès , et pénétre ce qu'il y a de caché dans l'Ecriture.
Là, elle trouve la source des larmes dont elle se lave et se purifie toutes les nuits; et elle s'unit d'autant plus familièrement à son Créateur, qu'elle vit plus éloignée du tumulte du monde.
Celui donc qui se sépare de ses connoissan-
' Ps. IV, 4,5,
ces et de ses amis, Dieu s approchera de lui avec les saints Anges.
Il vaut mieux être caché et prendre soin de son ame, que de faire des miracles et de s oublier soi-même.
Il est louable dans un religieux de sortir lisirement, et de n aimer ni à voir les hommes ni à être vu d eux.
7 . Pourquoi voulez-vous voir ce qu'il ne vous est point permis d'avoir?
Le monde passe, et sa concupiscence.
Les désirs des sens entraînent çà et là; mais, l'heure .passée, que rapportez-vous^ qu'une conscience pesante et un cœur dissipé?
Parcequ'on est sorti dans la joie, souvent on revient dans la tristesse ; et la veille joyetise du soir attriste le matin.
Ainsi toute joie des sens s'insinue avec douceur, mais à la fin elle blesse et tue.
8. Que pouvez- vous voir ailleurs que vous ne voyiez où vous êtes? Voilà le ciel, la terre, les éléments : or c'est d'eux que tout est fait.
Où que vous alliez, que verrez-vous qui soit stable sous le soleil ?