LIVRE IV. CHAp. xni
Bieu qui est au milieu de pous. C'est en vain qu'au Sacrement de FEuchatistie je fais des prodiges de puissance , de sagesse et de hqnié , pour fgagner vos cœurs ; je n'ai pu encore vous engager à ioterronipre vos aflfaires ou vos plaisirs, pour venir me rendre vos hommages.
5. Pour repondre donc aux desseins de J.-G* sur nous au très-saint Sacrement , il faut le visiter, entendre la sainte Messe et lé Salut , et le faire avec la flfoumission et le respect d'un courtisan devïint son Roi , avec le recueillement et la ferveur des Anges devant leur Dieu au saint Sacrement , avec rhumble frayeur d'un criminel devant s«n juge, avec la con-^ iiance et l'amour d'un enfant dievant son père.
PBIEKE
Que Vonjteut faire durant la Messe , le Salut et lès visites du saint Sacrement,
1. Je vous adore, ô Majesté souveraine de mon Sauveur! qui résidez sur nos Autels pour y recevoir nos hommages , qui vous y anéantissez et vous y immolez pour honorer la grandeur de votre Père , ef ^our venir régner dans nos cœurs. Je vous rends tout 1« respect du à Dieu , qui est l'arhitre tle mon éternité. Je me prosterna devant vous , je me joins aux adorations profondes que vous rendent les Séraphins qui environnent l'Autel j et je vous prie d*accepter leur recueillement et leur amour , pour suppléer aux égaremens de mon esprit et à l'inaïfFérenée de mon cœur.
a. Pénétré de douleur et de confusion pour les irr révérences et les immodesties que j'ai osé commettre en votre présence, et pour celles qu'y commettent tant de Chrétiens , je vous en demande très-humbler ment pardon , et je suis résolu de les reparer par toute la modestie, toute la retente , tout le respect et tout l'esprit de religion avec lesquels je dois paraître devant vous. Je voudrais satisfaire à votre justice pour tous les outrages que vous recevez des libertins, des impies et des hérétiques, au très-saint Sacrement. Pardonnez-leur, Seigneur , car ils ne vous connaissent pas î et faites-moi souffrir plutôt la peine temporelle qu'ils méritent , que de les abandonner et de hs perdre.
470 LIMITATION DE a.-C.
Faites, ô Victime adorable.de votre amour et de notre salut! faites que la foi vous immole mon esprit, que la charité vous consacre mon cœur, et que la reli-* gion vous sacrifie toute ma personne -, et que, tandis que je serai dans l'Eglise, je n'aie des yeux çue pour vous regarder, uq cœur pour vous aimer , et une langue pour vous prier.
3. Quoi ! les Anges prosternes devant vous^, ô grand Dieu! sent frappes aune humble frayeur., et s'empressent de vous rendre pour tribut un respect profond et un ardent amour ! et des hommes comme nous , qui sommes l'ouvrage de vos mains et le prix de votre sang , paraissons en votre présence , les yeux égarés, l'esprit dissipé, le cœur. froid et indiô^rent j> sans vous prier, et presque sans penser à vous! O mon Sauveur ! ne permettez pas que je manque ainsi au respect et à l'amour dû à votre grandeur, et que vous méritez d'autaut plus , que vous vous humiliez davantage pour nous.
4. Inspirez-moi les seiitimens du Publicain , qui n'ose lever les yeux devant son Dieu, pénétré qu'il est de la douleur et de la confusion de ses péchés , et de l'Enfant prodigiie qui retourne à son père après ses égaremens ; et faites que , comme eux, votre bonté et ma douleur me remettent en grâce auprès- de vous.
5. O mon âme ! voilà votre Dieu , celui qui est mort pour vous , et que vous avez fait mourir : comment ne lui marquez-vous pas votre amour et votre reconnaissance? O mon cœur ! soyez devant J.-G. comme la lampe qui brûle devant lui, et consumezvous comme elle en sa présence. Non, je ne veux point sortir d'auprès de vous, mon Sauveur, sans être vraiment converti et tout à vous. Ainsi soit-il.