‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 30 sur 190 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

QIJ*iL f^Vt SUPPOBTBa LES DiPÀUTS DU PROCHAIN.

Ce que vous ne pouvez corriger dans vous-même, ou dans les autres, il faut le supporter avec patience, jusqu'à ce que Dieu en. ordonne autrement.

Pensez qu'il vous est peut-être plus utile que cela soit ainsi, pour vous éprouver, et vous affermir dans la patience, san» laquelle il ne faut pas faire grand cas de nos mérites.

Tous devez néanmoins demander à

Dieu qu'il veuille bien vous aider à vaincre de tels obstacles, et à les supporter paisiblement.

a. Si , après avoir averti quelqu'un une ou deux fois, il ne se rend point à vos avis, ne contestez point avec lui, mais remettez-le tout à Dieu, qui sait convertir le. mal en bien; afin que 3a volonté soit faite dans tous ses serviteurs, et qu'il en soit glorifié.

Etudiez-vous à supporter avec patience les imperfections et les faiblesses des autres, quelles qu'elles soient , puisque vous en avez. vous-même plusieurs qu^il faut que les autres supportent.

Si vous ne pouvez pas vous-même vous rendre tel que vous voudriez l'être, comment pourrez-vous réduire les autres au point où vous souhaiteriez qu'ils fusSent.^

Nous sommes bien aises que les hommes soient parfaits , et nous ne nous corrigeons pas de nos propres défauts.

3. Nous souhaitons que l'on reprenne les autres avec rigueur, et la moindre correction nous fait de la peine. Nous trouvons mauvais qu'on donne trop de liberté aux autres, et nous ne voulons pas qu'on nous refuse ce que nous demandons. Nous voulons que les autres soient restreints par des règlemens , et nous ne pouvons souffrir d'être gênés en quoi que ce soit.

Cela nous fait bien voir qu'il est rare

que nous traitions notre prochain comme nous-mêmes. Si tous les hommes étaient

Sarfaits, qu'aurions-nous à souffrir pour ieu de la part des autres ? 4« Mais maintenant Dieji en a ainsi ordonné , afin que^nous apprenions à porter les fardeaux les uns .des autres : car chacun a ses défauts et sa charge. Personne ne se suffit à soi-même , et n'est pas assez sage pour soi; mais il faut nous supporter les uns les autres » nous consoler, nous aider, nous instruire, et nous avertir mutuellement.

Rien ne fait mieux voir jusqu'où va la vertu d'un chacun, que l'adversité. Car les occasions ne rendent pas l'homme fragile , mais elles le font paraître tel qu'il est.

PRATIQUE

Que cette pratique est sanctifiante, et*que cet exercice de la charité est un excellent moyen de nous rendre dignes du Paradis; à savoir, de supporter en nous et dans les autres des faiblesses que nous ne

EouYpns corriger ! Car rien n'est plus capable de nous umilier et de nous confondre aevant Dieu, que le sentiment de nos misères; et rien n*est plus juste que de souffrir des autres ce que nous voulons qu'on souffre de nous. Il faut donc tout souffrir de Thumeur du prqchain, et ne faire souffrir personne de notre humeur. Cest ainsi que, selon S. Paul, nous porterons les fardeaux les uns des autres , et que nous accomplirons la loi de J.-G. , qui est la loi de charité, de douceur et de patience.

PRIjàBE.

Qu'il est vrai, Seigneur, que les contradictioiis

sont utiles à un Ghrëtîen qui les veut souffrir humilité et avec re'signation , parce qu'elles épur qu'elles éprouvent et qu'elles perfectionnent en 1 vertu ! Mais vous savez combien nous avons de pci soutenir ces ëprtniyes , et combien nous sommes sibles à ce qui s'oppose à nos désirs. Ne permettez 6 mon Dieu ! que nous suivions nos sensibilités; : faites que nous les sacrifiions au bonheur de

Slaire; puisque tout sentir sans rien suivre, ne ire 1* cœur ému , et se retenir lorsqu'on est pr< s'échapper , c'est la pratique la plus nécessaire , > marque la plus sûre d'une vertu vrainient chréti( et digne d'un bonheur éternel. C'est ce que nous c rons de votre bonté infinie. Ainsi soit-il.

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