‹ Imitation de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 188 sur 417 · LIVRE II. CHAP. XIX · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP. XIX

vertu de ma patience, ni par qui elle doit être couronnée ; c’est plutôt s'arrêter à la personne qui offense qu'à l’injure qui est faite.

3. Celui-là n’est pas vraiment patient,qui ne veut souffrir qu'autant qu'il lui plaît, et de qui il lui plait.

Le véritable patient ne prend point garde par quiilestexercé: si c'estun supérieur,un égal ou un inférieur; si c’est un homme de bien et unsaint,ou un hommeméchant et méprisable. mais il reçoit indifféremment de tout le monde avec reconnaissance, et comme venant de la main de Dieu, tout le mal qui lui arrive, en quel-

[que manière et autant de fois que ce soit, et il le compte pour un très grand avantge. Car les plus petites chost ‘ie sont jamais sans mérite uevant Dieu,

si elles sont souffertes pour lui.

4. Soyez donc toujours prêt au combat, si vous voulez remporter la victoire.

Vous ne pouvez sans combat acquérir la couronne de la patience. Si vous refusez desouffrir, vous refusez d'être couronné. Si vous prétendez à cette couronne, combattez courageuseinent, souffrez avec patience. On n'arrive point au repos sans travail, et sans combaton ne remporte point la victoire.

5. Le Finère. — Seigneur. rendez-moi possible, par votre grâce, ce qui me paraît naturellement impossible. Vous savez que je ne puis presque rien souffrir, et que jesuis bientôt abattu parunelégère adversité qui me survient. Faites que j'aime et que j'embrasse pour votre nom toutes les tribulations

LIVRE II. CHAP. XIX 357 dont je serai exercé, car il est très avantageux pour le salut de mon âme de souffrir et d'être persécuté pour vous.

PRATIQUE

La pratique de la patience consiste à recevoir tous les maux de la main de Dieu ; à tout souffrir avec résignation ; à ne jamais murmurer dans les contrariétés :

à croire qu'ayant mérité l'enfer, on ne peut nous faire ni tort ni injustice ; à ne nous plaindre que de nous-mêmes ; à ne rien dire le cœur ému ; à remercier Dieu des maux comme des biens ; enfin à dire souvent avec Job : Le Seigneur me l’avait donné, il me l'a Ôté: que son saint nom soit béni. Voilà quelle doit étre la pratique de la patience, qui est si nécessaire au salut de tous les

chrétiens, et cependant si rare dans le monde chrétien ; car il n'est personne qui ne souffre beaucoup, et il est très peu de personnes qui souffrent bien.

Faites, Ô mon Sauveur, que votre patience à tout souffrir pour moi et par moi, soiten moi le modèle et le principe de ma patience à tout souffrir pour vous :

et qu'entrant dans vos desseins sur mon salut, que vous voulez assurer par le bon usage des afflictions, je les reçoive avec une humble soumission et de votre main et de votre Cœur, qui me lesenvoient pour mon bien. Ainsi soit-il.

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