CHAPITRE XX
De l’aveu de sa propre faiblesse, et des misères de cette vie,
LE Fibèce. — Je confesserai contre moi mon injustice (PSaLM.
XXXI, 5.); Seigneur, je vous confesserai ma faiblesse. Souvent un rien m'abat et me plonge dans la tristesse. Je me propose d'agir avec courage ; mais, dès la moindre tentation qui me survient, je ne sais plus ou j'en suis. Souvent une chose de néant m'expose à une tentation fâcheuse, et quand je me crois en assurance, ne sentant plus le danger, je me trouve presque renversé par un petit souffle.
2. Regardez donc, Seigneur, ma bassesse et ma fi agilité, que vous connaissez à fond. Ayez pitié de moi, et me retirez de la boue, afin que je n'y demeure pas enfon-
cé (PsaLM. LXVHR, 15.), et que je ne perde pas entièrement cou- ‘age.
Ce qui souvent m'afilige et me confond devant vous, c’est d'être si sujet à tomber, et si faible pour résister à mes passions. Bien que je n’aille pas tout à fait jusqu'à y consentir, leur poursuite ne laisse. pas que de m'être fâcheuse et à charge, et je suis ennuyé de vivre ainsi chaque jour en ces assauts.
Ce qui me fait encore plus sentir ma faiblesse, c'est que ces imaginations toujours abominables s'emparent beaucoup plus aisément de mon esprit qu'elles n’en sortent.
3. O très puissant Dieu d'Israël, et plein de zèle pour les âmes fidèles, qu'il vous plaise de regarder le travail et la peine de votre ser-