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tamment sensible; de plus, le genou et le cou-de-pied dont les surfaces articulaires reçoivent les pressions sous un angle anormal deviennent rapidement douloureux au moindre essai de marche.
« Pour comble de malheur, ces blessés sont impossibles à appareiller rationnellement, alors qu’une simple chaussure soulevée transforme la marche lorsqu’il n’y a que raccourcissement sans déviation de Paxe, dans le cas de raccourcissement avec angulation elle n’est que d’un très faible secours, car l’appui sur le sol reste impossible. |
« Il faut donc prévenir les énormes déformations et pour cela rétablir l’axe du membre.
« Tout le secret est là : il faut mettre le fragment inférieur en abduction, de manière à ce qu’il vienne se placer dans le prolongement du supérieur.
« Cette dernière indication est capitale.
« Comment réaliser cette abduction ? Deux méthodes sont en présence :
« 1° L'extension continue ;
« 2° Le grand appareil plâtré. »
Suivent diverses considérations où le Docteur Judet exprime sa préférence pour lappareil plâtré, qui, nous dit-il, lui a donné toute satisfaction. |
Son mérite est d’avoir attiré tout spécialement l’attention des chirurgiens sur l’importance considérable de la mise en abduction de la cuisse si l’on veut s’attacher à obtenir un bon résultat fonctionnel.
Nous allons maintenant montrer par les quelques observations qui suivent, que, délaissant toute mé-
thode sanglante, l’on peut aboutir à des résultats qui, s’ils ne sont pas parfaits au point de vue anatomique, n’en sont pas moins excellents du point de vue fonctionnel, et cela par simple traction avec abduction, ou
par appareil plâtré.
Observations
OBSERVATION I ; . Due à l’obligeance de M. le Professeur TixiER)
M. G..., âgé de 41 ans, fait, le 26 mai 1922, une chute de vélo, et tombe si malencontreusement sur la cuisse gauche, que tout son poids porte à faux sur un appareil photographique qu’il portait au côté. Il ressent une vive douleur et ne peut se relever. |
Transporté dans une clinique à Lyon, il présente tous les signes d’une fracture de la cuisse et, en effet, une radio pratiquée immédiatement vérifie qu’il s’agit d’une fracture transtrochantérienne.
On met dès le premier jour le membre en traction et abduction, et le blessé reste ainsi jusqu’au 10 juin. date à laquelie, désirant rentrer chez lui, un plâtre est effectué pour maintenir sa fracture jusqu’à son domicile, et l’on reprend la traction avec abduction jusqu’au 10 août.
Le blessé n’a jamais souffert, dit-il, que de son immobilité forcée.
Le 14 août, donc même pas trois mois après son accident, il commence à se lever avec des béquilles, d’abord un quart d’heure par jour, et va en augmen-
URODN ER
(CGroquis-Rodio de M. G... Obs. I) (le 26/5/22)
ON res
tant progressivement, jusqu’à pouvoir faire un kilomètre par jour le 30 août.
. : D] - . . L4 € I n’a jamais eu de température, seulement un peu
Monsieur G... Obs.I
d’æœdème de la jambe et une légère gêne dans le genou gauche qui disparaissent dès le début de la marche.
Le 15 septembre, le blessé marche facilement avec une canne, et monte sans douleur les escaliers ; enfin, dès le début de novembre, il abandonne sa canne et peut reprendre ses occupations ordinaires.
Revu en mars 1923, ce blessé a un résultat extraordinaire. Raccourcissement de feux centimètres à
peine, compensé par une légère bascule du bassin. Tous les mouvements de l’articulation coxo-fémorale sont conservés dans leur intégrité. Le genou gauche
peut atteindre le menton.
Monsieur G... Obs.I
L’atrophie est de un centimètre à la cuisse, un demi au mollei.
Il peut marcher, courir, monter les escaliers, s’accroupir sans aucune gêne ni douleur.
1 n’a jamais ressenti aucune douleur rhumatismale
du côté du membre inférieur gauche.
En 1995, M. G... écrivait : « J’ai fait en août 1923 une
nouvelle chute de bicyclette sur la même hanche et n'ai rien senti. En novembre 1993, J'ai repris l'escrime et le cheval, où j'étais mal assis au début, mais j'ai pu trotter, galoper et sauter en raccourcissant Pétrivière gauche en raison du raccourcissement de ia cuisse (deux centimètres).
Monsieur G.... Obs. I
« En 1924, je suis allé au Grand-Mont (Savoie), à 3.200 mètres, avec un sac de 12 kiloss; j'ai fait en outre JON de multiples ascensions, ne fatiguant pas plus de la jambe gauche aœue de la droite. En somme, il ne me reste que ce minime raccourcissement qui ne me fait pas boiter et dont seul mon tailleur s'aperçoit. »
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Nous avons revu M. G..., ces jours-ci, et les quelques
clichés qui s’y rapportent montrent le résultat à huit
ans de distance d’une fracture grave de l’extémité su-
périeure du fémur.
Monsieur
OBSERVATION II (Due à l’obligeance de M. le Docteur DE ROUGEMONT)
M. P..., Pierre, âgé de 19 ans, manœuvre, a, le 25 septembre 1929, au cours de son travail, reçu un wagonnet sur la cuisse gauche.