CHAPITRE PREMIER
Question des porteurs de germes, leur danger, les idées actuelles.
Les études poursuivies depuis de nombreuses années ont montré qu'à côté des malades atteints de formes frustes où anormales de maladies infectieusés, il y avait place pour un certäin nombre de sujets, ayant toutes les apparences de la santé, et qui cépendant véhiculent, soit dans leur tube digestif, soit dans leur rhino-pharynx, des bacilles ne différant en rien, en apparence, de ceux trouvés chez les malades. ;
Si ces données n’ont reçu que depuis un temps relativement récent üne consécration scientifique, depuis de longues années elles avaient été soupçonnées. Et, à ce sujet, il nous semble intéressant de rappeler la conception de J. Arnould basée sur le microbisme latent de Verneuil. En 1886, il désignait
déjà sous le nom de « porteurs de germes », certains sujets susceptibles de recueillir le virus spécifique en plein foyer infectieux et de le disséminer autour d'eux. x
Ce terme de porteurs de germes nous est resté, et ‘on leur a attaché, depuis quelques années, un rôle : de plus en plus important dans la propagation des maladies infectieuses. . ,
. On divise ces sujets en plusieurs classes, suivant qu'ils sont indemnes de la manifestation de la maladie dont ils portent le germe, ou qu'ils sont convalescents ou à la veille-d'en présenter les premiers symptômes. Ce sont les porteurs sains, les porteurs convalescents et les porteurs précoces.
Si l'existence des deux dernières catégories a été admise dès le début, celle des porteurs sains, après avoir été mise en doute par beaucoup d'auteurs, n’a été définitivement démontrée qu'après les travaux de Remlinguer et Schneider en 1897 ; ils prouvèrent l'existence de bacilles typhiques dans les fèces de sujets en parfait état de santé et n’ayant aucun antécédent typhoïdique.
Les travaux de Chantemesse con frmèrent ces données, el, en 1903, la notion de propagation par les
porteurs de germes commença à prendre corps à la suite des travaux de R. Koch.
À partir de ce moment, on attacha la plus grande importance à la contagion d'homme à homme. On
RTS
se mit à rechercher non seulement les sujets malades ou atteints de cas frustes, mais aussi les convalescents et les sujets sains qui pouvaient porter en eux les germes sans avoir subi l'atteinte de la maladie.
Ces recherches furent reprises par d’autres auteurs pour les microbes de la plupart des maladies infectieuses à germe connu, et l’on a prouvé l’existence de porteurs de bacilles diphtériques, méningococciques, cholériques, etc...
Dès lors, les observations affluèrent, démontrant d'une façon indiscutable le bien-fondé de cette conception et prouvant en même temps la réalité du rôle que jouent ces sujets dans la propagation des maladies.
On admet donc, actuellement, que le porteur de germes infectieux, quelle que soit sa catégorie, peut, soit par contact direct, soit par l'intermédiaire d’objets qu'il souille, transmettre à son entourage la maladie dont il constitue un réservoir de virus. On admet qu’un convalescent ou un individu sain, portant sur ses doigts du bacille typhique ou cholérique, peut, par simple contact, transmettre ses bacilles ; qu'un porteur de bacilles diphtériques ou méningococciques peut, par sa salive, contaminer ses voisins. | |
Il est courant de lire actuellement que les porteurs de germes devraient être isolés jusqu'à examen bactériologique négatif.
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