‹ Importance du Milieu Intermédiaire dans la Contagion par les Porteurs de Germes SainsChapitre 9 sur 18 · RS NÉ · texte numérisé non relu

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tence des porteurs sains est presque universellement admise, et il nous paraît nécessaire d'étudier à part leur responsabilité dans la propagation des maladies dont ils hébergent l'agent pathogène.

On comprend mal, en effet, qu'un porteur de germes qui na jamais été malade soit susceptible de déterminer, par le simple dépôt de microbes venant de son corps, la maladie que ceux-ci n’ont pas été capables d’engendrer en lui. :

On explique ce fait en disant qu'il s’agit d’un individu plus ou moins réceptif ; mais cette réceptivité .n'a jamais été démontrée expérimentalement. On a admis également que le bacille était virulent chez Pindividu, mais que cet individu était immunisé contre lui. C’est la base des réactions dé recherche de l’immunité, dont la réaction de Schick est la plus connue. PAR “rs |

Il est possible que, pour la diphtérie, cette virulence soit réelle, mais elle n’est pas aussi certaine qu'on l’a dit. Sans cela, on ne comprendrait pas pourquoi un porteur de germes ne contamine qu’un ou deux individus par hasard et non tout son entourage. :

Toujours est-il qu'en matière de microbes d’origine intestinale, aucune donnée ne peut nous éclairer sur l’hypothétique réceptivité ou sur lhypothétique virulence d’un microbe saprophyte des selles

depuis longtemps.

Mais il nous paraît que ces contagions se conçoivent bien plus logiquement et bien plus facilement, si l'on fait intervenir la notion d’un milieu dans lequel le microbe pullulera et reprendra de la virulence. On en retrouve, d’ailleurs, la mention dès qu'il est question d’épidémie ; il sert de milieu de culture et, de ce fait, il mérite, nous semble-t-il, de compléter la notion de porteur de germes sain. Nous proposons de l'appeler « milieu intermédiaire », non pas pour le décrire à titre de donnée nouvelle, mais pour en faire ressortir la véritable valeur. s |

Il est, en effet, parfaitement comparable à lhôte intermédiaire dans la biologie des protozoaires. Il n'offre de différence que par le fait que les microbes n'y subissent pas de transformation larvaire ou de transformation sexuée, argument qu'on pourrait nous servir, mais qui n'empêche pas de rapprocher les deux termes.

Ainsi, porteur de germes sain et milieu intermédiaire, nous paraît être une formule nécessaire pour concevoir la contagion sans maladie actuelle et même sans maladie apparente. Nombreux sont ceux. qui sont porteurs de germes sans s’en douter; ils ne sont pas dangereux, ils ne l'ont pas été, ils ne le seront Jamais si le hasard ne fait pas tomber ces germes dans un milieu favorable à leur pullulation et si d’autres individus, par un mécanisme quel-

conque, n’absorbent ce milieu devenu un véritable bouillon de culture.

La prophylaxie en découlera ; nous y ferons allusion plus loin. D'ores et déjà, il nous faut dire qu'on ne doit pas exagérer le danger de contagion des porteurs de germes sains et que l'hygiène doit veiller

surtout à les empêcher d'ensemencer les milieux intermédiaires.

Ces milieux sont évidemment variés : aliments, sol, eau, air même par la formation d’une atmosphère surchargée de goutelettes de salive répandues par la toux et qui forment, pour le microbe, la poussière-aliment de Trillat. Il n’y a pas lieu de nous étendre ici dessus.

Constatons seulement que cette notion peut aider

à expliquer la pathogénie de beaucoup d’épidémies

provoquées par des porteurs de germes sains, et c’est pour cette raison qu'il nous à paru utile de la mettre en valeur.

Sur. RE ASP RER

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