‹ Importance du Milieu Intermédiaire dans la Contagion par les Porteurs de Germes SainsChapitre 13 sur 18 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Conception du rôle du milieu intermédiaire.

C’est là, nous semble-t-il, que doit entrer en jeu cette notion, qui n'a jusqu'à présent pas été suffisamment mise en valeur et que, dans cette thèse, nous allons essayer de faire ressortir.

Comme nous l'avons dit plus haut, la pathogénie de ces épidémies, éclatant brusquement parmi des sujets en parfait état biologique, devient beaucoup plus compréhensible si l’on fait intervenir, entre le sujet foyer initial et les manifestations de sa con- . tagiosité, un autre facteur.

Nous allons parler de l'importance que prend, dans certains cas de contagion indirecte, -la nature de l’objet souillé. Cet objet peut ne pas intervenir

GE seulement comme vecteur passif, mais, de par sa composition et de par les conditions où il se trouve placé, concourir à la multiplication du germe qu'il a reçu et à l’exaltaiion de sa virulence.

C'est lui que nous désignerons sous le nom de « milieu intermédiaire », et. c’est sur son‘ importance que nous nous permettrons d'insister.

Le rôle de ce « milieu intermédiaire », rôle actif, et qui nous semble indispensable dans bien des cas. à la transmission des maladies infectieuses, peut être comparé à celui que joue dans la biologie des protozoaires l'hôte intermédiaire.

L'insecte peut simplement: transporter le virus sans le modifier, et ce n’est pas là l'hôte intermédiaire, mais l'hôte occasionnel. Son rôle nous paraît être assimilable, dans le cas qui nous occupe, à celui des objets transmettant le bacille tel qu'ils l'ont reçu. Ce dernier ne tarde pas, quelle que soit sa vitalité, à y dépérir, et finit toujours par disparaître quand s’éloigne la source de contamination.

D'autres fois, le parasite subit dans le corps de linsecte des métamorphoses qui l'amènent à sa forme infectante. Dans le milieu intermédiaire, tel que nous l’envisageons, le microbe subit des transformations qui, pour ne pas être larvaires ou sexuées, n'en sont pas moins indispensables pour le rendre producteur! d'épidémies. De même qu’un parasite a besoin, pour continuer son cycle, c’est-à-dire pour

se propager d'individus malades à individus sains, de trouver l'hôte favorable, souvent spécifique, à son évolution, de même le microbe qui se trouve chez un porteur sain a besoin, pour reprendre son pouvoir infectant, de rencontrer un milieu favorable à son développement. re

Ce n'est pas par une poignée de main donnée à un porteur de bacilles typhiques qu'on pourra s’infecter, ce n'est pas parce que un porteur sain de bacilles diphtériques aura projeté quelques gouttes de salive que nous contracterons la maladie.

Ce sera, par exemple, par des aliments pollués quelques heures auparavant et au sein desquels, l'humidité et la température aidant, le microbe aura pul-

.lulé. Dans ces conditions nouvelles, le microbe, ayant repris de la virulence et s'étant multiplié, constituera un danger redoutable pour tous les su- ‘jets, quelle que soit leur réceptivité.

C'est ce qui s’est produit dans bien des épidémies, surtout d’origine alimentaire, et nous allons citer, à l’appui de cette thèse, deux des observations qui nous ont paru les plus démonstratives à cet égard.

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