CHAPITRE II
Pronostic général
Il résulte de ce bref exposé que la mortalité dans la néphrectomie pour tuberculose rénale, n’est pas une mortalité post-opératoire.
Les statistiques sont beaucoup plus lourdement grevées par les décès qui surviennent le plus souvent dans les deux ou trois années qui suivent l’intervention. Ceux-ci sont essentiellement conditionnés par la persistance ou la reprise du processus tuberculeux en un autre point de l’organisme.
Reprise qui fera fonction :
1° Des lésions tuberculeuses antérieures ou simultanées.
2° De l’âge du sujet.
3° De la variété des lésions, c’est-à-dire de l’anatomie pathologique.
1° Lésions antérieures ou simultanées
a) Lésions pulmonaires.
b) Lésions du système prostato-vésiculo-épididymaire.
c) Lésions ostéo-articulaires.
a) LÉSIONS PULMONAIRES.
Ce sont les plus importantes.
Nous avons relevé dans notre statistique : 6 malades dont les lésions pulmonaires paraissaient guéries ou non évolutives au moment de l'intervention: observations 9, 24, 25, 27, 35, 63.
1 malade dont les accidents pulmonaires étaient en évolution : observation n° 9.
Nous distinguerons 4 catégories :
A) Malades cliniquement indemnes de tuberculose, chez qui l'apparition de lésions pulmonaires ultérieures est peu fréquente.
B) Ceux qui ont été frappés de lésions pulmonaires, mais paraissant bien éteintes, ne semblent pas être prédisposés spécialement au développement d’une tuberculose pulmonaire ultérieure.
La règle est même que la néphrectomie ne réveille pas l’ancienne tuberculose.
c) Ceux qui sans avoir de lésions pulmonaires sont cependant déjà atteints de tuberculose s’étant manifestée sur :
os, articulations, glandes génitales, sont plus fréquemment prédisposés à l’éclosion d’une tuberculose pulmonaire ultérieure.
p) Ceux qui sont porteurs de lésions pulmonaires au moment de l'intervention, chez qui les accidents seront particulièrement à redouter.
Il est d’ailleurs à remarquer :
— que les sujets à poumon antérieurement sains,
chez qui se développe une tuberculose pulmonaire, font plus souvent la forme aiguë d’une granulie, alors que les sujets ayant des lésions en activité au moment de l'intervention, font plus souvent la forme subaiguë d’une tuberculose ordinaire.
En conclusion
I — Chez les sujets en apparence indemnes, il faudra faire un examen approfondi du sujet, avant l'intervention pour déceler une tuberculose latente sur le poumon ou ailleurs.
IT. .— Chez les sujets porteurs de lésions pulmonaires en évolution, il faudra s’abstenir ou faire de sérieuses réserves sur le pronostic post-opératoire, dans le cas où l’on aura été obligé d'intervenir par l'intensité des signes de cystite ou par un gros rein pyonéphrotique.
b. —— LÉSIONS DU SYSTÈME PROSTATO-VÉSICULO- ÉPIDIDYMAIRE.
10 de nos malades avaient fait des localisations génitales antérieures à l’intervention : cf observations n° 6, 7, 10, 19, 24, 26, 32, 55, 62, 63. La tuberculose génitale a une influence très nette sur les résultats éloignés de la néphrectomie pour tuberculose rénale. C’est une localisation assez fréquente, qui, contrairement aux autres localisations extra-rénales, peut être sous la dépendance de la lésion rénale. Elle en aggrave le pronostic, tant au point de vue de mortalité éloignée, que de la guérison définitive.