VULGARISATION
Ces travaux des ferveurs élevées aidées par de rares écrivains pénétrés de vérité, exhaussent le temple d’où s’exclut Tart facile fait d’inutilités, de répétitions ou de vulgarités, sanctuaire où communient les épris de lumière et de nature aux côtés des émus. L’émotion, la lumière y persistent, accroissant l’intensité des œuvres ; si pour mieux nous les dire, notre science a
RENAISSANCE
puisé aux beaux exenipies des traditions passées, assyriennes ou grecques, ou japonaises, au moyen âge et à sa suite, ce fut avec raison et pour se remémorer avant de s'énoncer les immuables et sobres lois antiques, pour dégager ensuite, avec des principes surs, la personnalité de notre modernité sensible.
Par le temps seulement pourront s’épandre davantage les rayons du feu (jui commence à briller. Est-ce chose possible que de forcer le temps et d’anticiper Theiire de la connaissance ? Oui, la conviction, la volonté sont de puissants leviers pour cette tentative qui se généralise, les efforts simultanés hâteront la vulgarisation, Téducation des esprits, et cette conquête sur l’avenir sera la récompense des coopérateurs, écrivains comme artistes. Vulgariser, faire aimer plus tôt ce qu’on appréciera et aimera plus tard est un but noble, forme du bien.
Que sans parti pris l’on écoute, regarde, que l’on soit naturel, moyens sûrs de comprendre et d’aimer.
Il faut rire des prétentions qui toisent une
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œuvre, une vie d’un coup, des amateurs du quelconque qui ne heurte point, qui jugent d’après l’étroit barême de ce qu’ils ont vu ou plutôt ont cru voir, écrasant d’un mépris méprisable ce qu’ils ne comprennent pas : l’art nouveau d’aujourd’hui, de demain, et croyant l’achever par une continuelle opposition avec l’art passé qu’ils comprennent plus mal, dont le pourquoi et l’essence sont pour eux lettre morte et pour les critiqués Tobjet d’une vie d’études.
Il faut rire de ce préjugé que Toeuvre d’art doit se lire à livre ouvert, erreur qui fut la perte de maints producteurs déchus dans la banalité pour satisfaire une mode ou bien un goût facile, le talent en etfet,ne descend pas, il exhausse à lui le peuple qu’il éduque ; il faut regarder et s’instruire, les mieux doués ne s’en lassent pas et progressent encore, Si l’éducation d’un œil a besoin des années pour parvenir à la jouissance complète des magies de la nature, la compréhension d’un cerveau par un autre, fût-elle immédiate, est susceptible aussi de développements admirables par une culture
RENAISSANCE
approfondie ; ainsi les beautés des auteurs ont, de tout temps, exigé pour en pénétrer la saveur l’étude d’esprits mûrs, plus subtils, plus attraits à mesure. Le rêve du primitif ne parlera jamais à qui ne voudra le comprendre, à l’âme fermée.
Le principal est d’être naturel. La plupart, dès l’enfance, ont le jugement et la vue habitués à une apparence, une couleur, une tradition conformes à un milieu qui a fermé Tesprit à toute inspiration nouvelle, le confinant ainsi en de pernicieuses limites, clôturant d’avance, obturant l’avenir. Respectueux des principes primordiaux de tout temps nécessaires, il nous faut oublier l’éducation faussée, en tout cas souvent rétrécie, écarter le parti pris, redevenir naïfs, regarder, et laisser chanter l’être vers la couleur, s’épanouir l’idée.
C’est la raison de nos forts, simples parce qu’instruits : conscience, indépendance, d’où renaissance, que le devoir est de répandre, de j)opulariser, heureux soyons par son accomplissement, d’aider à devancer le temps du triomphe. Douai, 1896.
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