LA MAISON D’ÉMILE GLAUS
Du village d’Astene, par des chemins pittoresques entre les lattis, les épines que dépassent les pommiers, tôt résilles fleuries, devant les toits de tuiles, sous des ormeaux, des saulaies, par des sentes où la terre conserve encore l’empreinte des chariots paysans, par les champs gras, on rejoint la grand’route, non loin de la maison d’Emile Glaus.
Tout alentour, dans la campagne flamande, le paysage ami s’adresse à notre esprit qui ne se souvient plus s’il reconnaît la terre ou les tableaux d’un de ses fils préférés. Sous l’allée d’arbres qui borde le pavé, l’accottement se flanque d’un fossé ; le fossé dans la Route Dorée ^ devint le reliquaire des étoiles fauves abandonnées par les cimes cuivrées. Une encoignure de haie commence un jardin long, dru planté, qui descend vers la Lys ; cent pas, on arrive à la grille qui ne ressemble guère aux prétentieuses et bizarres défenses de ce qu’on appelle une propriété, elle est basse et blanche entre ses deux pilastres. Au bout d’une pelouse que n’ont pas égalisée des mains impies, ignorantes des crosses adamantines que balancent les tiges de graminées graciles, dans une esquisse de crochet, Fallée conduit à la maison, au Zonneschijn^ au Rayon de soleil. Je retrouve, au passage, les hêtres, les futaies, devant les ateliers le pommier en boutons : — un rameau pendant bas, attiré par trois fruits I. Tableau exposé en 1901, à la Société Nationale.