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LA MAISON D’ÉMILE GLAUS

de jade poli, tigré de cramoisi, sans autres taches que les ronds de soleil tamisé par les feuilles reculant dans les ombres le cramoisi au bleu, sur un fond de mur pâle ; — instanta-^ nément je revois cette toile du dernier été. De l’if, les trous sombres, aux midis chauds, servent de niche au chien et de perchoir au paon.

Le logis tentateur, à un seul étage coiffé d^ardoises, gentilhommière coquette, agrémentée de deux colonnes en péristyle à son entrée, ouvre fenêtres à l’est et à la lune, trois en haut, deux au bas, celles-ci aux côtés du seuil, d’un étroit quadrillage. Sur la façade soufre clair, les volets blancs s’encadrent du beau vert qui reluit au bordage des gabares zélandaises. Dans l’ang^ie du châssis d’une des fenêtres basses, celle de droite, un carreau, coffret de ménagère où se serrent les aiguilles, bombe sur son couvercle la panse d’une pelote dont le violet appelle, dans le jaune apâli des murs. Dès longtemps, le joli spectacle a sa case dans ma mémoire, depuis les jours périmés de jeunesse où le hasard fournit à mon admi-

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ration un tableautin du Rayon de soleil et de sa pelouse, avec un massif en dos d’âne empenné d’honnêtes hyacinthes et de tulipes vives ; s’y voyait appuyée au portique d’entrée la figure féminine, blonde, en robe grise gorge de ramier, qui les avait plantées.

L’atelier vaste s’accole au pignon gauche du logis principal. Aux alentours : le sapin bleu ; dans le rond-point, au bord de l’eau, le banc rustique encerclant le grand marronnier rouge ; le potager dans les détours boisés.

A l’intérieur du Zonneschijn, deux salles en marteau heureuses de lumière ; une longue où le couvert est mis, prenant jour par les bouts sur le jardin et la rivière, contiguë à l’atelier et à la seconde intime ornée aussi d’estampes et de toiles amies. Assis sur les divans, par la glace d’unwindow, baie unique, trouée sur la campagne qui nous fait croire au luxe d’un voyage en un royaume de conte, dans le confort d’une large cabine ; on aperçoit la grande Lys, sur la rive éloignée les herbes satinées où le frôlis du vent faible traîne l’éclair du sillage

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