‹ Impressions d'art contemporainChapitre 6 sur 41 · I. Le musée Gustave Moreau s’est ouvert depuis lors · texte numérisé non relu

I. Le musée Gustave Moreau s’est ouvert depuis lors

36 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

la matière des surprenantes icônes soudain piquées par l’éclair d’une pierre fine. Gustave Moreau , devancier auquel beaucoup est dû, dont l'opulence et la méditation vivifient de brillants élèves amoureux de l’idée, éducation qui trempe maints jeunes hommes, tôt muant les disciples en maîtres !

La distinction de l’œuvre décèle la distinction du caractère, la peinture comme le style est l’homme, et sous ces deux aspects s’est démontré GAZIIV. Celui qui écrivait à Gustave Gelîroy un article de sens si droit sur la grammaire du dessin, nous confirme que chez les natures complètes importe peu le mode d’exprimer, tableau ou livre, art ou littérature, égales issues de cerveaux doués. De Cazin, guide sûr, dans le paysage l’assiette des grands rapports, et dans le personnage l’allure, comme pour : Tobie^ Agar et Ismaël, sont une instruction. Ses dessins sont beaux dans leur sûreté simple et la pureté qui en est le corollaire, on y sent le respect de la proportion entendue, des lignes fondamentales fidèlement

observées, ils resteront modèles dans les dessins du siècle. Ses toiles baignent dans la clarté, tour à tour argent fluide, velours où la main se plairait, coulées de liqueurs opalines et faïences au miroir profond ; les terrains blonds, les herbes aux revers tendres épousent les ciels sans fin et les nuages rosés : la fée qui dota Corot donna à Gazin son secret qu’il enveloppa dans une exécution grasse et limpide, chez lui le contact avec la nature est étroit en même temps que sont illimités la faculté de rendre et le sens des richesses d’un effet. Visiter la côte du Boulonnais que le peintre a choisie, sera le connaître, l’apprécier; à toute heure, devant les splendeurs que réfléchit la mer, jours gris d’acier ou jaune de cuivre, soirs de violettes ou de sang en traînées, nuits bleues clairvoyantes ou aveugles, le persistant souvenir de Cazin devant tant de beautés est le plus bel éloge qui puisse en être fait. Cependant, combien de malcontents, en quête du talent qu’ils ne découvrent jamais quand il existe auprès d’eux, souvent passent indilïé-

38 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

rents à ses sujets discrets ! Eh bien ! oui, ce n’est que cela ! mais cela, c’est ce qui toujours demeurera fermé aux insensibles, cela il a fallu de rares et grands paysagistes comme Corot, comme Gazin pour le dire, étayant de leur intuition et de leurs découvertes ceux qui les suivent.

Gazin se retrouvera comme Besnard ouvrier d’art, signant de remarquables productions, complément d’une carrière.

Initiateur, innovateur encore, WHISTLER à son tour, en ses traditionnelles qualités, toujours celles que nous avons citées.

Harmonie grise ou rose, ou tout autre, les toiles de Whistler sont toujours attirance ou régal par la tonalité. De ses plus petites marines à ses plus beaux portraits, même maestria, la couleur délayée se manie par Whistler couramment, avec la poigne d’un conquérant dont la liberté résolue ne connaît pas d^obstacle ; témoin le splendide Portrait du comte de Montesquiou, expression d’une souche aristocratique où le seul port du vêtement noir gran-

RENAISSANCE

dement indiqué affirme déjà le caractère de l’homme; la tête ivoirine vit et pense, car avec sentaient énergique, Whistler est Finterprète, dans un tact qui ravit, de l’esprit du modèle. Le portrait de sa mère, au Luxembourg, incarne bien l’artiste, hommage de glorieuse piété ; des valeurs simples et des teintes assorties, du personnage tout un dans son attitude familière et de la tête grave et douce, il ressort une émotion attendrie, sûr indice de durée.

L’ensemble de tels maîtres a, par leurs qualités : unité, simplicité de formes, recherche des valeurs et des harmonies rares, déterminé la direction du combat que combattront les jeunes, avec laquelle ils ne peuvent s’égarer, Puvis, par ces moyens, exalta le plus haut la noblesse de l’idée, après lui toute l’école nouvelle, dont les mérites de sensibilité sont avec la lumière la caractéristique moderne, abordera hardiment le domaine spirituel, s’attachera aux sentiments les plus secrets, à Famé des gens et des choses.

40 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

Emotion. — Artistes de l’âme, ne qualifiet-elle pas justement un ensemble de jeunesse nerveuse et ardente, embrasée dans un même penser, cette dénomination critiquée que prit naguère un des petits salons où se particularisent des groupes sympathiques ; elle est un signe patent de la visée qui se précise et achève de se déterminer, joignant de plus en plus à celle de l’apparence extérieure la révélation d’une flamme interne. A cet égard le passé, nous l’avons dit déjà, comporte des créations géniales, mais ce qu’on doit remarquer avec insistance, ce qu’on ne peut se lasser de faire observer, c’est le côté psychique approfondi des traductions actuelles de la Nature et de l’être, commentaires du travail intérieur que l’on veut faire visible en une extériorité.

Il se constitue une psychologie en peinture et cette science, rendue nouvelle par le degré de sa perfection, s’applique aux choses comme aux créatures. Une figure reflète des sentiments multiples, un mystère, état de nerfs et de réflexion qu’il sera important de percevoir

RENAISSANCE

et de traduire, tout alors concourt à ce but : la distribution de l'éclairage, le choix difficile de Faccessoire, de l’écran, fond diapré ou sévère, qui servira par son accord à soutenir une tête et à renforcer non seulement le ton, mais l’idée ; la sélection devient telle que, hormis le choix fait, un autre semble impossible. Le visage parle la pensée : de reniant dont vivent les grands yeux, jeunes de printanière franchise, de l’homme proie des intérêts, il dit une vie d’aïeule de résignation sainte, de dévouement et de deuil ; sobre, un geste est l’amour, la douleur, une main est chaste ou courtisane, prière ou sinistre présage, aurore ou déclin.

Une q\\o^q parle de ce qii elle a vu^ réfléchit le mouvement et les êtres qui l’ont pénétrée de leurs agitations. Une chaumière raconte l’histoire des siens, sa paille neuve a marqué l’heure de la richesse ; la table, dressée à la porte, couverte de linge blanc, un cierge allumé, l’eau bénite auprès, annonce comme un être ayant pris force d’àme que la mort vient de passer ; un coron s’éclaire, placidement

42 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

sinistre, à ia lune sur le champ nu, au dedans des mineurs reposent hâves. Voilà que le mur peut parler, rire ou pleurer, la porte ouverte menacer ou promettre, de l’intérieur de la maison peut jaillir, par la brosse du peintre qui éprouve, une émotion de charme ou d’épouvante.

Mais il n’est plus de barrière entre l’art du peintre et celui du littérateur ! le tableau devient une énigme ! — A cela, laisser dire, faire. Mais cette sensibilité suraiguë est le symptôme d’une dégénérescence, de la décadence ! — Le voilà le grand mot. Décadence, jamais ; se garder de confondre : la distinction du ton,, l’émotion de l’âme sont de nobles aspirations, et l’art qui les traduit au degré actuel est une élévation, non un abaissement ni une confusion. Sans doute, on peut y voir un caractère nerveux, mais inévitable, état particulier de cerveaux en travail, mais en travail génial puisqu’en enfantement d’art éminemment intellectuel, de cerveaux que l’inspiration et l’effort tôt ou tard useront peut-être, mais pour laisser

RENAISSANCE

d’eux-mêmes une image vivante. C’est le propre de toute grande passion, le surhumain tue l’homme.

Gela arrive quand l’humaine sensibilité atteint au suprême raffinement chez les tempéraments supérieurs pour devenir passion, talent, gloire, vertu, au détriment du moi : l’amour naît de sentiments complexes ; échos intimes, son d’une voix pure ou viciée, allure, émanations, philtres forment un solide faisceau de forces irraisonnées et de ténuités nerveuses qui portent au paroxysme la passion, mère de grandes actions ; de même l’éloquence, où le magnétisme de la voix et du regard aide la parole à planer, la pensée à devenir pénétrante pour opérer la transmission de l’idée d’un homme dans la masse; le devoir, qui filtre dans les veines, inanalysable volatilisation de secrets effluves issus du sang, de la race, de la conscience droite ne redoutant pas le sacrifice ; la religion, aimant de Tàme transformée, élevée par la mystique à la divinité.

Pas plus là décadence que dans l’art qui fait<.

44 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

œuvre intellectuelle, devenu si profond. La décadence, elle est dans la routine où s’enlisent ceux qui la reprochent au courage, elle est chez les non convaincus, chez les imitateurs, car toujours le vrai est altéré par la masse des plagiaires, copistes impuissants de ce qu’ils croient une mode ; ceux-là vite s’indiquent au mépris.

L’état de l’époque est l’état des gothiques, cœurs jeunes et mystiques, ingénus et croyants qui ont créé. Notre créance a diminué, elle a changé, moins religieuse, plus philosophique, mais elle a pour base un culte solide encore : l’amour de la Nature, des choses partie de notre vie, de l’humanité dans ses joies et dans ses tourments, et elle a conservé, malgré tout, l’inquiétude de l’au-delà quand même.

Respect à celui dont l’âme ardente peut sous quelque forme communier avec l’âme universelle pour en traduire une parcelle ; souvent victime du feu dont il rend l’étincelle, compris seulement par de rares égaux, il aura cependant construit édifice durable que les masses

RENAISSANCE

finiront par comprendre et aimer à leur tour, la lutte terminée, parce qu’elles y reconnaîtront la persistante flamme du génie qui immortalise.

Austère peintre des valeurs discrètes, inventeur de son mode qui semble en un point concentrer la couleur, éveil d’une rose, là où doit aller l’œil, CARRIERE est un évocateur inspiré. De la pénombre sort un visage, une animation, mais un visage qui pense, une animation qui peu à peu remue, éveil d’intelligence, que Von reconnaît, avec qui l’on parle en se taisant. Un œil rayonne, parfois c’est le fruit d’une bouche qui retiendra le regard, d’autres fois une main Rappellera inquiétante, prête à se mouvoir ; ainsi, sous une construction rigoureuse, Carrière, supérieur, transcendant, synthétise la vie en ce geste qui seul parle le premier, en ce regard qui s’aperçoit avant tout le reste. En même temps qu’il écrit une ressemblance, il révèle l’état d’un esprit, le pourquoi non seulement d’une personne, mais d’une famille, d’une foule ; il saisit la pensée qui régit un milieu au point que les créatures deviennent intégrante

partie du fluide ambiant, de Fâme de ce milieu : 4’inquiétude de l’être, le vertige du lieu s’exhalent de la toile qui transmet l’impossible. Regardez sa Maternité, son Théâtre de Belleville.

Dans un ordre analogue, le souvenir naît ici deMELLERY. Dans une série émouvante entre autres, T Ame des choses, exposée à la Libre Esthétique dont la belle sélection réunit chaque année un significatif ensemble, il nous a montré la cour du logis vide, le porche d’un béguinage dont l’aspect a retenu le souvenir des hôtes de ce logis, des passants de la rue séculaire. Le même intérieur où rien ne fut déplacé, où l’effet diffère peu, donne à Mellery matière à renouvellement ; si l’horloge a marqué une heure de plus, si l’ombre s’est allongée ou raccourcie un peu, l’âme du milieu a changé, Mellery le sait et le dit.

Deux noms dénotent bien l’émotion vers laquelle tend l’intéressante école où, de droit, devraient se citer tant de prosélytes, si notre dessein n’était de nous limiter à la^détermina-

RENAISSANCE

lion de ses caractères généraux : Aman Jean, Henri Martin.

Une musique divine, écoutée porte ouverte de la chambre voisine, à la juste distance pour donner un mystère sans en voiler le son, soieries épaisses aux nuances sans nombre enguirlandant les dames dans les parcs, charme que laisse à l’œuvre un temps long écoulé acquis dèsTheure présente, cela, c’est AMAN JEAN. Ses toiles sont l’étonnante preuve des plaisirs peu connus que l’éducation de l’œil facilite à l’esprit, hymnes d’enchantements les plus quintessenciés, roses, mauves, argentés, toute la gamme indéfinissable déroulant ses replis les plus cachés pour composer l’harmonie générale qui se nomme : les Sirènes, Venise, reine des mers.

Chez le portraitiste, cette pénétration que nous avons essayé de décrire apparaît clairement, transmettant un cœur de femme, de littérateur ou d’artiste dans Timage qui, par lui, se meut pensée. Un art si agrandi défie l’attaque, source de jouissance pour l’esprit élevé, cultivé.

48 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

HENRI MARTIN, conscience opiniâtre^ imbue de tendresse, a compris de la terre le foyer fécondant, des hommes les passions, des esprits les raisons, formulant d’un idéal coloris les rêves du poète inspiré par les muses, diaprés oiseaux du paradis. Dans un sûr dessin, solide éducation, dans un jeu de valeurs strictement respectées, palpite la couleur en notes sereines dont les ondes s’étalent et se croisent, unions mélodieuses ; des vibrations répétées qui se pénètrent ainsi qu’en la nature se lie la feuille au ciel comme au sol, naît une indécision dans la décision même, émanation du charme qui imprègne ses moindres compositions. La chimère du mortel, prêtre du labeur, de l’art ou de Dieu, l Homme entre le vice et la vertu, les frises de l’Hôtel de Ville indiquent la poursuite de l’idée dans les sommets ; symptôme aigu du talent moderne employant heureusement le symbole, langage précisé de la pensée du peintre qui la livre aux pensées d’autrui. La Douleur, cette femme endeuillée, exhaussant son cœur d’or aux meurtrissures saignantes, en

RENAISSANCE

un décor de bois crépusculaire, la divine douleur purifiant au prix du sacrifice, est en ce genre impressionnante.

A propos des décorations destinées à l’Hôtel de Ville et de la technique de Henri Martin, phase caractéristique dans l’ascension des jeunes, nous céderons au plaisir de citer Roger Marx, dont une remarquable analyse développe la cause d’une tendance qui réunit une élite de jeunesse : « Ce sont les divines extases que Henri Martin a évoquées, et rien ne saurait dire le charme de cette humanité à demi réelle, presque contemporaine, habitant ce paysage de rêve, ni l’invention exquise de ces muses frôlantes, séraphiques, dont les grandes ailes blanches s’irisent et se teintent aux reflets du couchant... L’artiste ne peint pas par larges coulées, il applique la loi de la recomposition optique et procède par petites touches virgulées qui, juxtaposées, se fondent à distance... L’an dernier, devant la frise de l’Hotelde Ville, on voulut bien accorder que la décoration n’avait rien à redouter de ce mode de pra-

IMPKESSIOHS d’art C0MEMP0RAI.\ 4

tique», force sera bien de constater aujourd’hui, ajoute en substance le critique, que le tableau lui-même s’en peut aussi très heureusement accommoder. Il appartient par ce mode au portrait « de pénétrer plus avant dans une confession d’humanité, et d’arracher un peu de son secret à l’énigme du masque féminin ».

Observation importante : la technique qui s’affranchit sert l’impression, la chose est indiscutable ; par elle les maîtres impressionnistes ont d’ailleurs pu donner la mesure de leurs extraordinaires dons de perception, ce que résume adorablement Roger Marx à propos d’un portrait de Henri Martin, puis d’un second portrait par E. LAURENT. « Une indication précise, arrêtée, eût risqué de figer ce divin sourire ; les touches accumulées le laissent vague ; elles en donnent plutôt la sensation que l’exacte apparence ; elles en épandent le rayonnement et avec le charme de son expression indéfinissable, presque immatérielle, ce visage une fois vu vous hante^ ne se laisse plus oublier. »

Bien d’autres noms, d’autres encore dans le

RENAISSANCE

même temps s’élèvent, d’hommes remplis de force et radieux de croyance, baisés au front par la muse, auxquels il est aisé de prédire leur part d’une immortalité. Les manifestations se font jour des esthétiques libres soutenues par une foi, nous réservant autant d’inattendues révélations, depuis les discrétions de l’âme la plus iQYïài’Q Je Salut des âmes de J.HEYMANS en une immatérielle église perdue dans l’éther de l’éternité, depuis la Visitation de Maurice Denis jusqu’à la déesse noire, l’art mystérieux, sobrement chatoyant du peintre de Tahiti.

MAURICE DENIS, à la recherche des enveloppements dans la délimitation voulue, des simplicités sacrées et des mysticités virginales,est le continuateur de la candide foi pri« mitive. GAUGUIN, dont la couleur flambe, plénitude, et difficulté inouïe à ce point d’éclat, accord, atteignant des effets inconnus ; comme Denis, comme l’art nouveau, Gauguin essentiellement décoratif, s’émancipe du joug des habitudes ; il ose exprimer la révolte et railran-

chissement du cerveau. Mélange de sauvagerie superbe et de raffinement, il revêt les choses du symbolisme de son imagination, de sa réflexion, de son idée vertigineuse, obscure quelquefois si Ton veut, mais profonde, élevée. Synthétiste vibrant, a nouveau entre les nouveaux, creuset du cerveau » — Jean Dolent — il s’avance dans l’espace non encore scruté.

Tout ce riche printemps, trop près de nous pour être apprécié son prix, est trop touffu poiîr en spécifier les éléments dans une courte étude ; l’énumération n’est d’ailleurs pas ici le but, citer seulement quelques-uns pour indiquer et préciser par des repères la voie fondée avec ses directions fut pour nous un moyen. Nous avons surtout désiré fixer les dominantes du temps qu’honore un concours de talents nombreux, nous permettant de recourir au tracé de grandes lignes pour le plus aisément désigner l’orientation. Loin l’idée d’une classification vaine, le talent, en effet, ne peut se confiner, parce qu’il est talent, il n’a pas de limite ; style,

RENAISSANCE

émotion, lumière, les mérites se mêlent et se confondent toujours à des degrés variables, ils sont, cela suffit.

Ces efforts considérables suivis d’effets tangibles, ces démonstrations sont la preuve du mouvement et de l’état des esprits de nos contemporains les plus haut placés par l’intellectnalité, on ne saurait trop les indiquer, quitte à s’exposer à des redites, et surtout, il est intéressant d^appeler l’attention sur ce fait : la réunion d’une élite vers un but, car c’est de l’apparition simultanée, de la cohésion de ces esprits lumineux et sensibles vers un but, ainsi que de la fermentation créatrice de l’individu, que naît notre art moderne.

Aux lamentations irraisonnées et usuelles sur la décadence et la pénurie contemporaines, qu’il soit donc permis de répondre : qu’époque exceptionnelle, la nôtre de partout voit germer et fleurir le talent, sous le souffle chaud de grands artistes doués, audacieux personnels, mûrissant la jeunesse qui revivifie et régénère, préparant l’avenir, engendrant une exubérante

S4 IMPRESSIONS d’art CONTEMPORAIN

renaissance dont l’impuissante envie aurait ¥oulu nier l’existence et étouffer l’expansion. Gomme l’arbre plein de sève, elle étend ses ramures et propage ses fruits.

Page 1