‹ Impressions d'un passant [microforme]Chapitre 20 sur 35 · CEST ER · texte numérisé non relu

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pliquait très bien, puisque les amis de l’ordre venaient d’entrer en majorité au conseil municipal.

Intéressante visite aux grands ateliers de la Bonne Presse, où l'on imprime la Croix, le Pèlerin, le Cosmos, ete. En sortant de là, j'entre au couvent des Assomptionnistes, qui, à la demande du Pape, viennent de cesser de s’occuper de la Croix. Le R. P. Joseph veut bien me donner sur cet événement les plus récentes nouvelles qu'il a. Du reste, ces religieux sont actuellement aux prises avec l'Etat, et la Cour de Cassation se prononcera prochainement sur le sort qui les attend (1). ‘“ Mais, mon Père, cette belle grande chapelle de votre couvent, que vous venez de me montrer, et qui est toute neuve et si belle dans sa simplicité monastique, se pourraitil que vous devriez la quitter? —Que voulez-vous! Que la volonté de Dieu soit faite! ”

De ce que Paris est rempli de beaux monuments, de ce qu'il y 8 tant de choses intéressantes à voir dans les palais de l'Exposition, il ne suit aucunement que l’on ne doive pas, lorsque cela convient, s’en éloigner. C’est ce que nous jugeâmes à propos de faire le 6 juin au matin, où nous partimes pour Dieppe, pour l'Angleterre, pour l’Amérique.

De Paris à Dieppe, c’est cinq heures de chemin de fer. Mais ou ne passe pas à Rouen sans y arrêter... En y descendant, à 10 heures de l’avant-midi, nous eûmes l’idée de profiter du beau soleil pour faire une petite promenade à la campagne. Nous venions bie; , sans doute, de traverser les plaines et les fameux vergers de la Normandie, et nous avions pu constater que les pommes, dans ce pays-là, tout comme en Canada, se cueillent dans la tête des

1) La ionni fut, peu de temps a notre PE. condamn Si æ

Qui Dre ilement à travers les racines; en ce vastes g qui broutaient dans les gasons plantureux, nous avions sans reconnu des bovidés à peu près semblables à ceux qui, dans la vallée

près une ferme normande, Et d’un Pas agile nous nous rendîmes à la commune de Menil-Esnard, entrâmes chez un cultivateur et y

rues de Rouen et visiter sa belle cathédrale et ses autres Puis un trajet d’une couple d'heures nous amena à Dieppe.

Ville maritime, À rues étroites bordées de Maisons peu bril. lantes, Dieppe me rappela beaucoup l’ancien Québec. On est bien surpris de voir, en une ville si peu remarquable, un monument comme l’église Saint-Jacques, très vaste, en beau style gothique, et de grande antiquité. .

Nous ne manquâmes pas d’aller faire visite aux Hospitalières de Dieppe, communauté d’origine de nos Hospitalières de Québec,

religieuses dieppoises desservent l’Hôtel-Dieu, dont l'Etat est propriétaire. Il me faut avouer que, accoutumé à l'installation

du dénuement, La chapelle ne manque pas de beauté: mais ici encore la modestie de la décoration nous fait peine,

En somme, et c'est le résumé de mes impressions d'Europe, il Y à quantité de choses où nous sommes, en Amérique, bien loin en avant des Européens, et nous truverions très pénible d'avoir à ous contenter, pour l’organisation pratique de la vie, des conditions

ordinaires dont les Européens paraissent s’accommoder parfaitement.

Enfin, le jeudi 7 juin, nous nous embarquions à une heure de relevée pour l'Angleterre, Et, non sans une émotion véritable, nous vimes bientôt s'enfuir et s’effacer les côtes du beau pays de France, songeant aux impressions que durent éprouver nos ancêtres lorsqu'ils s’éloignaient de leur Patrie pour aller s'établir dans les solitudes du N veau-Monde.

La réputa on de la Manche’ est déplorable, et à juste titre. Durant nos quatre heures de traversée, la mer était mauvaise, et beaucoup de passagers ne purent s'empêcher de témoigner le dégoût que leur inspirait l’état d’agitation qui se manifestait sur la surface

eaux...

On débarque enfin à New Haven; on y reste une demi-heure pour laisser se calmer un peu ses esprits, et surtout pour prendre une sorte de collation au restaurant de la gare; on monte en chemin de fer, et l’on file vers Londres, trajet d’une heure et demie,

Ce voyage à travers la Campagne anglaise nous fit la meilleure impression. Partout la Végétation nous parut très vigoureuse et la culture très soignée; les habitations rurales donnent l’idée de l’aisance et du confortable, à la différence de ce que nous avons vu en tant de pays du continent.

Nous avons passé cinq jours à Londres. C’est bien insuffisant

Pour visiter à fond une ville si wlossale, dont la population égale

Les monuments très remarquables sont en petit nombre à

Mais ils sont de ceux qui comptent, 1] n'y à sans doute,

en aucun pays de l’univers, une superfrie de quelques arpents qui

contienne rien de comparable au Parlement et à l’Abbaye de West-

minster, chefs d'œuvre d’une architecture pleine de grandeur et de majesté

La nouvelle cathédrale catholique est de Vastes proportions, et plaira sans doute, lorsqu'elle sera achevée, aux Personnes qui le

Je ne dis rien des parcs immenses ni du Jardin Zoologique, où l'on voit des collections si considérables d'animaux vivants de tous les pays, ni même du fameux British Museum, qui est extraordinai. nairement riche en trésors archéologiques et d'histoire naturelle,

salles d’antiquités Persanes, égyptiennes, &recques et romaines: Papyrus, outils et ustensiles des anciens, objets trouvés dans les tombeaux, momies d’hommes et d'animaux, Y Compris des chats dont le gai ronron avait fait la joie de bonnes femmes d'il ya trente OU quarante siècles...

Nous eûmes bien la curiosité de voir les écuries royales du palais de Buckingham, Vous croyez peut-être qu'il ne s’agit que de s’y rendre et d'y entrer? ces conditions font bien partie du programme à suivre, mais ne suffisent pas au succès de l’entreprise. Ce qu'il faut, c’est d’adresser par la Poste, à je ne sais plus quel

tera, l’un des jours suivants, une permission écrite d’aller contempler les chevaux de la reine.—Les écuries de Buck: ngham, comme on

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de huit chevaux noirs et de huit chevaux couleur crême, destinés, l'un où l’autre, à tratner le carrosse de la Reine dans les

officielles, Nous ne fûmes pas peu surpris de voir un chat — de grande mine — couché en rond sur le dos de l’un de ces chevaux de Sa Majesté et savourant là, sur ce coussin peu banal, les jouis. sances du doux sommeil, sera d'avis, tout comme moi, que ce fait original fait également honneur à l’un et à l’autre des quadrupèdes dont il s’agit...

Mais il fallait faire connaissance avec la Tamise, qui court à travers Londres, mais qui tout de même n’en mène pas large, Tous ces fleuves-là, Seine, Tamise et tant d’autres, logeraieut à l'aise entre les rives de notre Saint-Laurent,

Nous avons done, l’un de ces soirs, pris passage sur l’un des petits vapeurs qui font le cabotage le long du fleuve, et après un trajet très intéressant qui dura deux heures, nous débarquions à Greenwich, où nous avons eu peine à trouver à souper un peu convenablement, où nous avons Parcouru un parc immense, et où, surtout, nous avons contemplé avec l'émotion la plus scientifique l’observatoire construit en brique rouge, le fameux observatoire de Greenwich... On ne saurait imaginer l'impression de choix que l’on éprouve à se dire que l’on marche, une fois dans sa vie, le long du vrai méridien de Greenwich, au point même de départ des degrés de longitude qui encerclent tout le globe terrestre, d’un pôle à

l’autre. La belle chose, la belle chose que c’est de voyager!

À 9 heures du soir nous rentrions à Londres par le chemin de

fer, où nous avions pris un compartiment de troisième classe pour voir comment l’on voyage là-dedans. Ce que nous y avons vu,

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Certain soir, nous allâmes dîner à l'hôtel Cecil, tant pour nous

Cecil, voilà un gentleman qui s’en vient me saluer avec beaucoup d’effusion. “ Je vois bien, lui dis-je, que je vous ai déjà rencontré,

à disposer les choses pour que nos bagages nous rejoignissent à New-York et s’embarquassent avec nous pour Gibraltar.

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Nous étions, telle après-midi, à contempler avec tout l’ébahissement voulu les joyaux de la Couronne, à la tour de Londres, lorsque nous Y sommes rejoints et enveloppés par une troupe de gens parlant beaucoup, parlant fort, parlant... « Canayen ?’ | C'était, ni plus ni moins, le “ Pèlerinage canadien de Lourdes,’

amis de Québec zet après quelques instants donnés à la joie de la

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lreintes Car le temps était venu Pour nous :° nous éloïgn-r de Londres. ; temps Nous n’en partimes Pas sans regret. Tout nous y svait plu, en | effet, À part la question gastronomique. Les Ang ais, chez eux, Can nous ont paru de très aimables gens, et très empre:sés à obliger le nstaté Voyageur en tout ce qu'il leur demande, Et il arrive fréquemment Û rer des qu’il faille se mettre en quête de renseignements, dans une ville È ris et d’une aussi énorme étendue, et où les rues principales ne le cèdent ë en rien, pour l'encombrement des voitures et des passants, au i nous Broadway de New-York et aux grands boulevards de Paris. Ce hs trop qui m'a aussi étonné, à Londres, c’est que, malgré l'absence presque | ose complète de tramways, l’on peut si facilement circuler dans toute ; ; px la ville, grâce à l'excellent service de diligences qui relient entre eux + digne tous les points de la capitale, k hôtel k coup “+ ‘À Le jeudi, 14 juin, nous prenions donc le Midland Railway, à la : es gare Saint-Pancrace, à destination de Liverpool, où nous devions É: ns nous embarquer le scir même. C’est un trajet d’un peu plus de hais cinq heures, et qui se fait avec une belle vitesse d’allure. Toutefois, Ë t à ce fut bien autre chose que cette vertigineuse rapidité qui me donna, : cette fois, des émotions.

Durant un arrêt, à certaine gare, mon compagnon de voyage, qui était descendu prendre un peu l'air sur le quai, n’était pas rentré quand le chef du train vint fermer la porte du compartiment. Je Fa le priai d'attendre encore un instant : personne ni d'un côté ni de l’au ’ de ?

| % ment, de stupeur. Ainsi donc é. qui est resté en arrière À une gare dont j'ignore même le nom, et . qui probablement ne pourra pas me rejoindre à Liverpool à temps = vour le départ du steamer; j'ai d’ailleurs avec les miens ses billets

de passage sur le transatlantique

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Nous passerons encore huit jours dans les Iles Britanniques. ça! voilà qui rappelle trop notre départ de New-York, l'hiver dernier... Ne Peut-on plus, sans toutes ces aventures, mettre le pied sur l’océan?.

faut savoir, aussi, que l’accent Yankee avec lequel nous parlons

je revins à la charge auprès du gentleman... Cette fois, il comprit aussitôt, et me témoigna le plus bienveillant intérêt. Prenant dans sa malle un guide des chemins de fer, il étudia l'horaire des trains, et m'indiqua par quel train prochain j'aurais chance de recouvrer

Compagnon de voyage en Personnel... Que lui était-il donc arrivé? Il lui était arrivé qu’à la gare — dont je ne saurai jamais Je nom

se trouvait le bon... C'était la voiture de la poste; et le fonctionnaire qui était là l’aperçut, le décrocha vivement des poignées de

fer où il se retenait, et le déposa plus mort que vif parmi les sacs Postaux en partance pour l'Amérique... Et comme, sur les chemins de fer européens, les Voyageurs ne peuvent passer d’une voiture à l’autre sur les trains en marche, mon ami avait dû rester dans le

Wagon postal jusqu’à l'arrêt suivant.

Enfin, nous arrivons à Liverpool, et après une couple d’heures passées à circuler un peu dans la ville, nous nous rendons au quai d'embarquement, où le Tunisian vint bientôt nous chercher. A 5 heures du soir, le jeudi, 14 juin, le vaisseau se mettait en marche. Le lendemain matin, il fait un court arrêt à Moville (Irlande), et prend la mer pour tout de bon.

Et ensuite?—Ensuite, nous avons traversé l'océan dans les conditions les plus ordinaires

n route, avec accompagnement d’icebergs et de coups de sirène. Nous étions à bord une dizaine de Canadiens-Français de tous les coins de la province de Québec, et nous n’avons pas tardé À nous organiser une vie assez agréable, Le maître d'hôtel ayant eu l'esprit de nous grouper tous ensemble à un bout de table, dans la salle à manger, nous passâmes là des quarts d'heure excellents grâce, sinon à l’art un peu gros de la cuisine anglaise, du moins aux aimables propos qui le faisaient oublier autant que possible.

Depuis deux jours, et Par une température ravissante, nous avons paisiblement vogué dans le golfe et dans le fleuve Saint-

De bonne heure, cette après-midi, 23 juin, nous accosterons à Québec. La traversée, depuis Liverpool, aura duré neuf jours.

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Nous étions dix à voyager ensemble : sept de Chicoutimi et de Québec, six laïques et quatre ecclésiastiques. La Compaicheli i er, pour l’aller et

: conditions vraiment avantageuses ; et nous avions saisi l’occasion auvol. Car les corporations,

commerciales ou autres, ont si rarement de ces accès de libéralité, qu'il faut savoir en profiter.

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