‹ Impressions d'un passant [microforme]Chapitre 22 sur 35 · LE · texte numérisé non relu

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véritables corbeilles de verdure : que, sur un grand nombre de ce flots, s'élèvent des Châteaux, des villas, des chalets où d’heureu mortels viennent Passer l'été, entourés de tout ce que la nature e l’art peuvent fournir d'agrément. Voilà, en raccourci, ce qu'est

au lecteur qu'il est charmant de naviguer au milieu de tout ce décor, à bord du Toronto, I] est vrai, à cette saison, la plupart des

sont retournées à leur Maison de ville, et la solitude qui s’y est faite amoindrit un peu le charme du spectacle,

Vers le soir, c’est Kingston. On nous donne le temps d'aller faire un petit tour en Ville. Puis, en jetant un regard sur le sombre Pénitencier qui est tout auprès, vaste hôtel dont la plupart des pensionnaires voudraient bien se voir ailleurs, on s'éloigne du quai Pour entreprendre la traversée du lac Ontario, jusqu’à Charlotte, N. Y., petite ville très rapprochée de Rochester dont elle est le

Tette traversée de trente lieues, où l’on perd à peu près la & : de vue, même si l’on ne reste Pas enfermé dans sa cabine, donne beaucoup l'illusion d’une navigation océanique où les dangers ne sont guère à redouter. N'’est-il pas bien doux de penser, par exemple, que si une catastrophe quelconque s’y produisait, l’on

douce, surtout lorsqu’aucune brise trap violente n'agite eur surface paisible, Cependant, même en temps calme, il Y & toujours une

prolongé au large par une immense jetée, qu'est la rivière Genesee, à l'embouchure de laquelle se trouve la ville de Charlotte,

Comme le bateau séjourne là une couple d'heures, on en profite pour descendre sur le sol des Etats-Unis, et faire une promenade à travers les rues et les boulevards de la petite ville endormie, qui, surtout dans les demi-ténèbres, ne paraît avoir rien de beaucoup remarquable, Puis l’on s'en revient à bord, et l’on s’en va coucher, et l’on s'endort sans plus s'inquiéter du départ dont l’on n’a pas connaissance, — Il est toutefois vraisemblable que nous partimes de Charlotte, puisque le lendemain matin, à 6 heures, notre bateau accostait à Toronto.

TononTo.—Une belle ‘ Water Trip”.—Retraversée du lac Ontario.—Dans la rivière Niagara.—Première vue de la cataracte fameuse.—Tout au caoutchouc.—A BurraLo,

L'aspect de Toronto, à quelque distance, n’est guère remarqualue. C'est le cas de toutes les villes bâties sur terrain plat ; elles manquent absolument de pittoresque, Ah ! les Québecquois ont tout lieu de se féliciter de ce que Champlain n’ait pas fondé Québec à Montréal! Au fond, c’est en récompense de ce grand bienfait qu’on a élevé à l'illustre Saintongeois ce beau monument de la terrasse Frontenac.

Le plus fâcheux, c’est quil ne nous fut pas possible d'aller voir si la capitale d'Ontario est plus belle qu’elle n’en a l'air. Obligés de nous embarquer, aussitôt débarqués, sur le bateau de Niagara, nous devons remettre au retour la visite de la grande ville. — Nous faisons ici nos adieux à la Compagnie Richelieu et Ontario, dont les bateaux pourtant vont encore plus loin, jusqu’à Hamilton : un parcours total de 800 milles ! Les prospectus qu’elle publie ont bien raison de dire que, en fait de navigation fluviale, ce parcours est la plus belle “ Water Trip ” de l’univers. Et nos

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amis les Chicoutimiens Ave qui nous voyageons ont la joie, eux, d’avoir fait Presque tout ce long trajet, k

C'est la Niagara Navigation Co, ” qui transporte tes gens de

to à Niagara. Ses bateaux ont la forme de véritables steamers

Nous retraversons donc, pour la troisième fois, le lac Ontario, Ce trajet, qui est joi en droite ligne du nord au sud, dure environ deux heures et demie dans les conditions ordinaires, et doit être fort agréable quand il fait beau temps, Ce jour-là, malheureuse ment, le vent était froid, et il fallait se tenir à l'intérieur pour ne Pas grelotter, Du reste la température à été très fratche depuis que nous sommes en Voyage, ot il faut le témoignage de la carte

constamment dirigés vers l'équateur,

Il y eut un Moment d'intérêt durant ln travorade, — à part celui où nous allâmes au buffet prendre café et &âteaux : ce fut lorsque nous eûmes à subir l'inspection douanière, Cette visite de

Cependant, la traversée s'achève, et nous entrons dans la rivière Niagara, A l'est, c'est l'Etat: de New-York : à l'ouest, c'est la province d'Ontario, qui se prolonge encore vers le sud jusqu'au lac Erié, qui la limite dans cette direction, De chaque

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renoncer à faire par eau le Voyage de Niagara, Et le steamer, à peine entré dans la rivière, s'arrête À Niagaraon-the-Lake, petite ville canadienne, où le due d’York et sa suite

DE QUEBRO A BUFFALO 139

ont passé un dimanche très pieusement, d'après les uns, tandis que, suivant d'autres reporters, il a profité de cette journée de repos pour aller voir l'Exposition de Buffalo sans que personne s'en aperçoive. Attendons que l'histoire soit faite, pour être fixé sur cet événement — comme sur beaucoup d'autres,

Poursuivant sa route durant encore une heure, le steamer remonte la rivière, qui ne laisse pas d'être fort pittoresque, Il touche, au bout de sa course, À une autre petite ville canadienne, Queenston, et traversant la rivière il va s'arrêter à Lewiaton, N.-Y. Toi, les abbés F, et M. nous quittent pour se rendre tout de auite À Buffalo par le New York Central — et nous y préparer lea voies, suivant les uns, et, d'après les autres, afin d'en finir d'un coup avec cet interminable voyage. Encore un point qu'élucidera l'histoire,

Pour nous, nous décidons de retourner à Queensaton par le petit bateau traversier qui va partir, et de nous rendre à Niagara par le tramway électrique canadien,

Un peu après avoir dépassé les deux petites villes que j'ai nommées, nous voyons les côtes de la rivière se hausser subitement et devenir abruptes, Tout le terrain s'élève de même et forme un plateau à perte de vue, Quand on songe que, ai le terrain était resté partout de niveau : la rivière n'aurait pas eu À tomber de haut, la chute Niagara n'existerait pas, les nouveaux mariés ne sauraient plus où faire leur voyage de noces, A quoi tiennent les choses ! :

Le tramway électrique gravit d'abord les hauteurs, et nous fait passer à travers des campagnes dont le sol paraît bien misérable, Ensuite viennent des vergers riches de poires et de pêches qui mûrissent, ot ausai des vignobles qui attendent la vendange : des vignes dont les rameaux plient sous le poids des grappes, c'est un spectacle nouveau pour nous tous,

Mais, à gauche, le spectacle est encore plus extraordinaire ; car nous arrivons aux fameux rapides de la rivière Niagara, De fait, le tramway court sur la crête des hauteurs qui la bordent, et à tout instant ce sunt des paysages nouveaux, jusqu'au moment

où un même cri d’admiration s'élève de toutes les poitrines :“ Voilà les chutes!” Du tramway lui-même, en effet, on a une très belle

Et il y a de quoi.

de ronflants épithètes et d'ingénieux tours de phrase. Je dis plutôt au lecteur : Allez voir cela! Ca vaut le Voyage, et amplius !

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L'aspect de la chute Niagara est donc l’un des rares spectacles

bien, s’il en est comme j'ai dit, expliquerait-on le phénomène en prétendant qu’il est tout subjectif, à savoir que les yeux, fascinés Par la grandeur du spectacle, absorbent à eux seuls la faculté Perceptive des gens et n’en laissent qu’une petite partie aux oreilles? — Je prends note de ce problème, pour l'explorer à fond lorsque

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j'aurai fini de comprendre les autres problèmes qu'il y a dans la nature sensible et dans la nature insensible, Une chose qui n’est pas douteuse, par exemple, c’est qu’on n’a une vue complète des chutes que de la rive canadienne. Cela revient à dire que c’est le Canada qui possède les chutes Niagara. Comme l'avantage en vaut la peine, il n’y a pas de doute que, en étudiant les choses un peu sérieusement, on trouverait là-dedans |

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