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ne ram
a une dizaine de pouces de longueur, sur trois ou quatre d'épaisseur, À quatre heures du soir, promenade sur les hauteurs qui entourent la ville comme un amphithéâtre. Nous sommes accom-
fallut aller à cheval. Ce fut toute une affaire pour moi que de grimper sur le dos du cheval, et ensuite d’y garder l’équilibre.
cependant je fus sans cesse dans les plus grandes alarmes. Mon cheval ayant eu une fois l’idée d’éternuer en baissant le nez jusqu’à terre, je faillis être précipité en avant. J'ai bien amusé le capitaine et nos compagnons en leur racontant mon aventure, au déjeuner de ce matin. -Nous allâmes donc visiter, en cette occasion, l'hôpital de la ville, situé à la campagne. Les malades sont presque tous des noirs, et ils font, vraiment pitié. Ils sont loin d’avoir le confort de nos hôpitaux tenus par les bonnes religieuses. Un bon nombre de ces malades souffrent d’une dégoûtante maladie de la peau, que l’on nomme le Pian, et qui ressemble un peu à la gale, Nous fûmes reçus fort poliment par le pharmacien de la maison, un mulâtre anglais, qui nous fit voir plusieurs plantes intéressantes croissant dans les environs, entre autres l’aloës. Vous ai-je dit que certains de nos petits cactus ont ici une hauteur de trente à trente-cinq pieds, en pleine terre ; les lauriers-roses, aussi en pleine terre, ayant vingt à vingt-cinq pieds de hauteur, et couverts de fleurs, font grand effet à voir. J aperçus hier pour la première fois une fougère en arbre, mais peu élevée encore. Les palmiers, cocotiers, bananiers, etc., se voient à tout instant, en fleurs ou en fruits. Quelle végétation extraordinaire, dans ce climat ! : Pour cour .aner dignement notre belle excursion, le Père nous fit parcourir plusieurs rues de la ville, toujours à cheval, ce qui
fournit à une partie de la population l'avantage de contempler
et moi ne nous entendîmes plus du tout: il fallait aller à droite, et lui voulait aller à gauche, ce qui était la voie qu’on avait coutume
de lui faire prendre. Comme après tout c'était lui qui avait la fonction locomotrice, je crois que sa volonté l’eût emporté, si un mulâtre charitable n’était venu le prendre à la bride et le forcer à prendre la voie droite. Enfin, cette promenade, terrible pour moi, eut une fin, et j’espère que ma carrière équitatrice va se terminer là.
Le midi, après déjeuner, nous étions allés visiter l'évêché, qui est spacieux, mais fort simplement meublé, puis l’orphelinat dirigé par des religieuses du même ordre que celles que nous avions rencontrées à Antigua. Ces religieuses tiennent aussi un pensionnat; mais les élèves ont actuellement des vacances: ce sont les vacances de Pâques, institution q ‘: m'’a singulièrement touché, dans ma qualité de professeur de coliège... ;
Dans cet orphelinat, il y a une quarantaine d'élèves toutes mulâtresses, excepté une qui est portugaise. Nous voyons aussi, réunies au couvent pour une instruction de piété, un bon nombre de jeunes filles mulâtresses, anciennes élèves de la maison.
Je répare ici une omission: j'ai oublié de dire que M. Provancher a fait le sermon à la grand’messe, ce matin.
Dans ces pays, nous ne voyons pas de beaux jardins, comme chez nous, où la brièveté de la saison favorable nous engage à ne rien épargner pour réunir et bien cultiver des centaines de belles plantes. Ici, cela dure toujours, et le zèle en souffre. D'ailleurs, la sécheresse est si grande en ce climat qu’il faudrait arroser sans cesse les plantes de jardin.
Nous ne voyons toujours que très peu d'insectes, seulement quelques hyménoptères, abeilles, etc., de temps à autre.
Le presbytère où nous sommes est très vaste et disposé de sorte que l’air frais apporté par la brise circule sans cesse. Pas de cnâssis aux fenêtres; seulement des persiennes que l’on ferme la nuit; mais elles laissent encore entrer l'air du dehors, et il fait assez frais. Je croyais bien que cette fraîcheur de la nuit allait me gratifier d’un bon rhume et d’une bonne fièvre pour aujourd’hui: mais non! On n’est plus dans l’Amérique du Nord!
Après ma messe, ce matin, mes servants noirs et les autres
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enfants de chœur m'ont fait un peu jaser sur le Canada : comment voulez-vous qu’ils comprennent ce que c’est que le froid et la neige!
A 9 heures, ce matin, nous revenons à bord du navire.
La ville de Roseau est petite. Les rues y sont pavées en pierre, et arrosées Par un courant d’eau qui coule constamment. On nous dit que les nègres sont très propres.
L’ancre se lève, c’est-à-dire que l’on détache le vaisseau de la bouée où on l'avait fixé par un câble; et nous reprenons notre route, en achevant de côtoyer l’île de Dominique, qui est composée surtout de montagnes, suite de pics coniques. C’est une terre évidemment volcanique, comme la plupart de ces îles.
Peu après, nous arrivons près de la côte de la Martinique, île française très considérable, où il n'y a pas plus d’une dizaine de mille blancs sur une population de 170,000 âmes. A midi, nous stoppons devant la villé de Saint-Pierre, en vue du mont Pelé, et tout près de terre. Mais nous ne pouvons descendre, à cause d’une épidémie de variole, qui décime actuellement la population de l'île; il y a eu plus de 1,200 morts, en ces derniers mois, Un canot accoste pourtant, et l’on y descend les choses postales dans une chaudière fixée à une corde, et l’on reprend aussitôt la mer,—Mais un spectacle nous à bien amusés. Trois canots montés par de petits nègres s'étaient approchés du steamer, canots faits de planches disposées de façon élémentaire; pour avirons, de petits carrés de bois, de quatre à cinq pouces de diamètre, que les enfants tenaient à la main. Instruits de ce qu'ils voulaient, nous jetons quelques sous à :a mer, et aussitôt ces petits garçons de se précipiter à l’eau, et de saisir ces monnaies avant qu’elles atteignent le fond; l’eau est sans doute profonde en cet endroit. Puis ils remontent très habilement dans leurs petites embarcations, en attendant qu’on leur fournisse l’occasion de recommencer,
La ville de Saint-Pierre a belle apparence, et nous regrettons de ne pouvoir la visiter. Il ne fut pas même permis à M. de Pompignan de descendre à terre, lui qui y revient des Etats-Unis. I] lui faudra se rendre à Sainte-Lucie, et y attendre le bateau de la
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malle anglaise qui pourra le débarquer, dans une dizaine de jours.
Après avoir quitté la Martinique, nous arrivons en peu d'heures à l'île de Sainte-Lucie, et dans le port de la ville de Castries, située au fond d’une baie dont les contours sont extrêmement pittoresques. Il est 5 heures du soir. Mais le steamer ne peut se rendre à son quai; car ici, il y a un quai, chose rare en ces endroits. Il faut rester au large, avec le pavillon jaune au mât, et plus tard, avec un fanal tout en haut du mât, pour indiquer que nous sommes en quarantaine, tout cela parce que nous avons un peu communiqué avec la Martinique. Et alors, en ville, se réunit le bureau de santé, qui délibère sur notre sort. Nous craignons un peu la quarantaine de vingt-et-un jours: ce serait amusant, n’est-ce pas ? Enfin, vers 73 heures du soir, nous recevons une réponse favorable, les signaux d’épidémie disparaissent, et le steamer vient aborder. Mais il est trop tard pour que nous allions passer la nuit à terre. Il nous faut aller cuire dans notre petite cabine. C’est même pour éviter de trop rôtir que j’ai écrit si longuement, pendant la soirée.
Casrriss (Sainte-Lucie).—Un couvent de négrillonnes.—Prétendue tempête. — Bresrowx (Barbade).—Father Strickland.—Musée Belgrave.—Le long du Vénésuéla. — Port n‘'EsPAGNS (Trinidad).—Ches les Dominicains ; ches l'archevêque.—Visites diverses.—Au marché.— Coolies de l'Inde. — Choses et gens du pays.—Débuts de la saison des pluies.
Port d'Espagne, Trinidad.
Mardi, 10 avril.—Dès le matin, nous descendons à terre et nous faisons conduire à l’église catholique, où nous célébrâmes la Sainte Merse. Cette ville est desservie par les Serviteurs de Marie- Immaculée, tout comme la capitale de la Dominique. C’est le R. P. Tapon qui est le curé; plusieurs religieux remplissent les fonctions de vicaires.
Dans la matinée, nous allons visiter le couvent, dirigé par des
religieuses de Saint-Joseph (de Cluny). C’est la supérieure qui nous reçoit. Elle nous fait parcourir toutes les classes, dont lea élèves nous font accueil très poli, nous adressant des formules de salutation en anglais ou en français. Presque toutes ces élèves sont des noires. Il y a même (au moins) une religieuse de race noire ; elle connaît bien la langue et la politesse françaises, La supérieure elle-même nous paraît être une femme très distinguée.
Au repas de midi, je fis connaissance avec les haricots préparés à la mode française, et avec certains fruits de ces pays que je n’avais pas encore rencontrés.
Vers 4 heures, nous revenons au steamer, qui se met en marche peu de temps après. En côtoyant l’île, nous passons auprès ds Pitons, deux pics coniques qui sortent pour ainsi dire d’une sorte de plaine et qui sont d’un aspect très étrange. L'un est élivé de 2,710 pieds; l’autre, de 2,680. Le premier surtout a une base relativement étroite, ce qui fait que ce sont plutôt des obélisques que des montagnes,
Cependant le vent s'élevait peu à peu et devint assez violent. Par conséquent la mer se fit houleuse, et le navire fut ballotté d’une jolie façon. Je ne pus y tenir longtemps et vers 8 heures j'étais au lit, ayant le cœur assez affecté. Il me fallut même laisser une partie de mon bréviaire sous-entendue.
Mercredi, 11 avril. —Le matin, en sortant de ma cabine, je constatai avec joie que le steamer, loin d’avoir fait naufrage — comme je l’avais craint par moments, durant la nuit,—était paisiblement ancré dans le port de Bridgetown, ville principale de la Barbade. Il y a ici au delà de quarante gros navires à l'ancre, ce qui nous fait bien penser à l’aspect du port de Québec lorsque l’âge d'ory . it encore. |
Nous dec..ndons à terre vers 7 heures, et nous nous faisons conduire, par un négrillon, chez le curé, Father Strickland. C’est un Anglais; sa famille est du petit nombre de celles que l’hérésie n’a jamais atteintes, Il a été aumônier des troupes anglaises,
pendant un bon nombre d'années, dans l’Inde. Nous le trouvons au lit, souffrant d’un lumbago depuis huit jours. Il parle français
ns coinme vous et moi. Après quelques minutes de conversation, il
nous envoie dire nos messes à l’église; et, malgré ses douleurs, il se lève et vient assister à la mienne. C’est un Jésuite, seul prêtre qu’il y ait dans la Barbade. Cette île appartient au diocèse de Démérara, dont l’évêque est aussi un Jésuite, Le Père Strickland fait de grandes instances pour nous garder pendant au moins huit jours; mais nous ne pouvons nous rendre à son invitation.
Pendant l’avant-midi, il nous fait conduire, dans sa voiture, à travers une partie de la ville, qui est assez considérable et bien bâtie; les rues sont belles et bien entretenues. Nous allons jusqu’à un musée d'histoire naturelle, propriété d’un M. Belgrave. Nous voyons là des poissons, oiseaux, quadrupèdes, insectes, coraux et mollusques des Antilles: tout cela est pour le commerce, les spécimens sont très jolis et très bien disposés. C’est pour le coup d’œil et non pour la science, puisque les spécimens ne sont seulement pas étiquetés. Entre autres raretés, il y a là un échantillon d’un corail qui est unique: on n’en connaît pas d’autres dans aucun musée.
Dans l'après-midi, le curé peut se hisser dans sa voiture et nous fait visiter le reste de la ville, et un peu ses environs.
Nous voyons les édifices du gouvernement de la colonie, un hôtel magnifique de construction récente, les casernes pour les réguliers anglais, et celles des troupes noires. Il y a ici de vraies murailles de guerre, qui paraissent peu terribles. Enfin, vers 4 heures, nous revenons à bord du Muriel, qui lève l'ancre vers 5 heures. Notons que ls température, à terre, était au-dessus de 80°, et c'était un jour .. vent et d’orages, par conséquent un jour frais.
Jeudi, 12 avril.—Vers midi, nous avons d’un côté l’île de Trinidad, et de l’autre le continent de l'Amérique méridionale, c'est-à-dire la côte du Vénézuéla. Nous passons entre plusieurs petites îles par un détroit trs resserré, les rivages étant assez escarpés: point de vue très pi:toresque. A 2 heures environ, nous
Trinidad jp pe h#vre de Port d'Espagne, la principale ville Trinidad, 1] nous faut encore ici hisser le
mettre en quarantaine. Après une attente de plus d’une hew l'officier de santé ROUS arrive, il interroge les autorités du bord, fait passer devant lui, en Procession mai sagers, en les fixant avec des yeux à v t examen est sans doute satisfaisant, Puisque le pa descend, et qu’on nous permet de débarquer.
Il y a bien deux ou trois milles
villon jaun
Parce que j'avais une, centaine de cigares, acquis dans l’une de nos dernières escales, Heureusement, l’officie
l'extérieur de nos malles, sans les faire ouvrir,
M. Provancher avait reçu de !’abbé Montminy une lettre d’introduction pour le Père Joseph-Marie, du Couvent des Dominicains qui desservent l’église cathédrale. Mais à Antigua, voulant confier
facile, En l'absence du R. P. Be
c’est le R. P. Hilaire qui remplit la charge de Prieur du Couvent. Il y vers, dont l’un est de race
noire Nous voyons, la même après-midi, le Dr Lota, pour qui son
ami M. de Pompignan nous avait remis une lettre d'introduction.
Vendredi, 13 avril.— Dans la matinée, le R. P. Hilaire nous
onduit, dans une des voitures du Couvent, au palais épiscopal, et ous présente à l'archevêque, Mgr Gonin, et au coadjuteur, Mgr ood, auxquels nous exhibons nos celebret. Ces prélats nous font accueil le plus bienveillant, et nous invitent à dîner pour demain. » palais est très vaste, et n’est habité que par les deux évêques, qui sont Dominicains, et par un Frère convers. Donc, à demain. 4 Ensuite, nous allons faire une visite au supérieur du collège ique, qui est dirigé par les Pères du Saint-Esprit. Les élèves ont actuellement en vacances. Il y a ainsi trois vacances par anée, d’un mois chacune. Voilà une mode d'opérer qu'on ne urait trop louer, au moins théoriquement, Car, en pratique, cela be saurait se justifier ailleurs que sous le terrible climat tropical.
Rentrés au Couvent, nous nous mettons à travailler à notre
orrespondance, pour profiter de la malle du Muriel qui part ce soir pour l'Amérique. C’est la dernière chance que nous avons d’enroyer de nos nouvelles avant que n” :s retournions nous-mêmes au pays.
Dans l'après-midi, nous recevoi:s la visite de M. S. Devenish, hez qui nous avions déposé nos cartes le matin. M. Devenish est bommissaire pour l'entretien des rues d: la ville et s’en occupe fort bien, puisqu’elles sont si propres et si bien tenues. Il est aussi bonnaisseur en botanique médicinale et en erpétologie, c’est-à-dire Pn la science des serpents. Aussi, pendant un certain temps, il aous erpétologise de la façon la plus aimable. Car il est du commerce le plus agréable; sa conversation est un feu roulant d’anec-: lotes et de traits d'esprit.
Samedi, 14 avril.--Rasés de frais, et mis à quatre épingles, Rous nous rendons, avant midi, au palais épiscopal, en compagnie du R. P. Hilaire, Dès l’arrivée, nous sommes invités à nous mettre à table. Le menu est excellent. En particulier, nous nous
appellerons longtemps certain plat préparé au jus d’ananas. Cela efface, et amplius, l’eau de coco, de la vraie eau de vrai coco, que hous avons bue à Sainte-Lucie, je crois. Au dîner assistaient : deux
iens et un chat, que les caresses épiscopales ne p:: aissaient pas
intimider du tout, et un petit singe, indigène de l'Île, qui gambad dans les persiennes, mais en dehors,
Le Frère Vincent, qui demeure avec Leurs Grandeurs etc servait à table, nous amusa beaucoup. Il est espagnol, je crois, entend peu le français. En nous offrant les plats, il ne manques Re He © buenos, buenos ! À mon arrivée au palaie ln demanda de quel pays j'étais: “Vous Français ?—Non, Canadie Français. —Ah ! Français; mauvais monde, Français |—Mais je: suis pas Français !—Alors, vous Anglais I Non, pas Anglais ! Nous ne pûmes réussir beaucoup à nous entendre là-dessus,
Mgr l'archevêque, vieillard de 74 ans, est très bon et tri Vénérable: il a l'air d’un vieux patriarche, 11 me dit à plusieur reprises que puisque nous avions surabondance de prêtres e
Ministère dans son diocèse, Ces messieurs, dit-il, auraient ur traitement de 860 par mois, plus le casuel ; et il paierait les frais de voyage de ceux qui s’engageraient à rester trois ans au moins dan: son diocèse,
Après le diner, le Père Hilaire nous conduit au couvent voisin, dirigé par les religieuses de Saint-Joseph de Cluny. L'édifice est très grand et Lien monté ; jolie chapelle, avec autel en marbre, comme il y en a un bon nombre en ces pays. Nous trouvons les élèves réunies dans une grande salle pour la lecture des notes hebdomadaires. Quelques-unes seulement sont de race noire.
Hier, j'ai oublié de mentionner une visite que nous avons faite à l'hôpital de la ville, qui est dirigé par des religieuses, tertiaires dominicaines,
À l'hôtellerie du couvent des Dominicains, est arrivé aujourd’hui un curé du Vénézuéla, natif de Naples. Il est mon voisin
le chambre, Je voulus converser avec lui: mais il ne sait que italien et l'espagnol. Nous nous essayâmes un peu en latin; mais
urs et qui différence de prononciation rend l'affaire difficile. 11 nous à dit, e crois, et En italien ou en espagnol, des choses sans doute fort intéressantes; manquait Enais nous n'y avons rien compris.
is, il me 11 faut dire que ce matin, j'ai souffert d’une fièvre considérable, anadien- Eui a recommencé, ce soir. Il fait si chaud, que je suis constam- [ais je ne Ement en transpiration, et il fait souvent en même temps une brise iglais ! ” æs fraîche, surtout la nuit. Et voilà comment ce climat n’est 8. pas sans danger pour moi.
| et très lusieurs Dimanche, 15 avril.—La fièvre dont il a été question hier est tres en Mbresque entièrement disparue, Elle va disparaître encore mieux, rcer le Mpuisque un bon Frère m'a apporté, ce soir, une décoction de je ne jent un ais quelle plante. C’est agréable à boire, et j'espère que cela frais de hassera la fièvre pour longtemps.
ns dans Ce matin, à 7 heures, j'ai célébré la messe de communauté au ouvent qu n°7°4 avons visité hier, C'était en remplacement de voisin, lgr Flood, qui est le chapelain de l'institution. Les élèves ont est très it du chant magnifique, comme en font toujours d’ailleurs les comme Hlèves de tous les couvents de tous les pays. élèves Figures-vous qu’à Port d’Espagne, le marché se tient le »doma- limanche matin jusqu’à 9 heures. Aussi, il était très curieux de l'animation qui régnait partout, et de rencontrer dans les rues ir une 8 gens qui allaient au marché ou qui en revenaient avec toutes ités à ortes d'articles d’alimentation.
| nous C’est M. Provancher qui a fait le sermon à la grand’messe de même cathédrale,
Les vêpres ont lieu ici à 7 heures du soir ; la vaste église était faite psolument remplie à cet office, qui est suivi du chapelet et de la jaires bénédiction du Saint Sacrement, ljour- Le soir, il y a quelques moustiques, dont les piqûres sont peu
roisin louloureuses. Pendant le sommeil, or entoure son lit d’un mous-
tiquaire, et l’on peut entendre avec mépris, avec bravade même les chants de guerre du Mosquilo qui livre à la muraille de mous seline des assauts inutiles. Avouons que l’on ferait moins 80! homme si l’on avait affaire aux brûlots de par chez nous,
Le couvent des RR. PP. Dominicains où
souper est composé de
seuls aliments maigres, et se prend en silence dans le réfectoire de
il faut pour cela Passer au réfectoire des à
de manger de la viande dans le réfectoire ordinaire.” De même, en
ettre de causer, le général semblable permission.
immense de coolies de l'Inde,
compose surtout de mulâtres, la be des manières nous paraissent ici Un grand nombre de petits Comme les moineaux chez nous.
soin de la propreté des rues, et mission avec un zèle admirable,
Je parle peu de la partie scientifique de notre voyage, parce que M. Provancher doit la traiter au long dans le Naturaliste canadien.
La cathédrale est un superbe édifice en pierre, construit dans le style gothique. L'intérieur est peu remarquable, excepté qu’en arrière du maître-autel se trouve une vaste abside, à l’autel de laquelle On conserve le Saint Sacremert ; C’est la première fois que je vois semblable disposition. ’égli
vautours habitent aussi la ville, Ils ont été importés pour avoir il paraît qu'ils remplissent cette
e même Lundi, 16 avril.—La journée a été fort paisible. Tout c2 qui le mous- a signalée, c’est que nous avons fait, avant midi, une longr : course ins son en ville, voyant les magasins, examinant l'allure de la por «lation. Dans le grand pare qui fait face à la cathédrale, nous voyons nombre est une Be coolies, les uns couchés, les autres assis ou accroupis. Nous Otellerie emarquons surtout deux de ces gens, accroupis l’un vis-à-vis e et on M'autre, et l’un faisait la barbe à l’autre. Nous remarquons aussi lement Sune femme hindoue assise à terre, et qui offre en vente trois petits posé de hiens. Elle a un bijou en or fixé à travers la membrane du nez, oire de Edu côté gauche. Elle est catholique et vient de Madras. Certaines e, Mais de ces femmes portent des bracelets en nombre.—Ces Hindous endant forment une partie très considérable de la population de Trinidad; me, en ils sont surtout boudhistes, et d’autres mahométans ; peu sont énéral atholiques.
Voulant aller jeter un coup d’œil au jardin botanique, nous
l'Inde, ESmontons dans un tramway et allons au bout de sa course. Puis ndous nous continuons à pied par un soleil de feu, à travers une très belle ion se route, bordée de villas. Un nègre fort poli, facteur de la poste, gance fait le même cherain que nous et nous do’ine en anglais des expli-
ations sur ce que nous voyons. Il me demande si les facteurs ville, postaux de par chez nous portent le même costume que lui; je lui
avoir réponds que leur costume est à peu près le même durant l'été, pas cette Mlhiver. Nous rencontrons pour la première fois des bambous: ces arbres, d’un diamètre de trois à quatre pouces, et longs de cinquante parce pieds peut-être, croissent par touffes très denses d’une quinzaine aliste de pieds de diamètre, et offrent un aspect très agréable. Les feuilles ressemblent un peu à celles du saule ordinaire, Nous
dans remarquons aussi un arbre, qui nous est inconnu, qui est peu élevé, nar- mais dont le feuillage, très touffu, s'étend horizontalement de uelle manière à couvrir un espace immense,
vois Nous arrivons ainsi, sans le savoir, à l’église de la paroisse de
ste, Sainte-Anne et entrons au presbytère. Le curé, un brave et gros elle rlandais, nc::: recoit fort bien. Après avoir pris un peu de repos, et aussi un verre c:: vin, suivant l'usage du pays, nous décidons de
revenir sur nos pas, parce que l’heure est avancée. A une autre fois le jardin botanique.
Par ici, quand on a soif, on met un morceau de glace dans un verre, on ajoute de l’eau, puis un peu de rhum du pays, ét la soif s’en va bien. On dépense beaucoup de glace: elle vient d'Amérique et se vend un sou la livre.
On use rarement de beurre. Celui que l’on me sert, sur ma demande spéciale, vient de France. I] est difficile de décider sil est solide ou liquide, avec la température qu'il fait. |
“Changement de propos”, il y a dans les rues bon nombre de chèvres qui broutent ici et là. Les petits de ces animaux sont très gentils à voir, mais peu à entendre, surtout la nuit. On voit aussi par la ville beaucoup de mulets et d’ânes attelés aux voitures. |
Ce soir, nous avons conversé beaucoup avec notre abbé du Vénézuéla: à force de français, d’italien et de latin, nous nous sommes compris quelquefois, par écrit, de vive voix ou par signes.
Mercredi, 18 avril. —Hier matin, M. Provancher s’est rendu au jardin botanique, et en est revenu enchanté de tout ce qu’il y a vu.
Ce matin, nous avons été visiter l’orphelinat des garçons et celui des filles. Les deux établissements sont dirigés par un Dominicain, le R. P. Forestier, qui fut mis à ce poste pour trois mois, il y a de cela dix-huit ans, et qui y est encore. Ce religieux, qui est un original fort amusant, a là tout ce qu’il faut pour mériter une belle place au ciel. Tous ces orphelins et orphelines sont de race noire ou hindoue: il faut donc y donner aussi l’enseignement en langue hindoue, et j'ai assisté à une leçon de ce genre, sans y rien comprendre, comme de raison, Vous voyez si c’est facile d'exercer le ministère en cette ville: il faudrait savoir le français, l’anglais, l’espagnol, l’hindou et même le chinois, car il y a ici au delà d’un millier d'enfants du Céleste-Empire.
Ce sont des religieuses dominicaines qui sont chargées de l’orphelinat des filles.
Combien j'ai hâte de voir arriver le steamer Ayrshire, parti le 13 de New-York, et qui doit nous ramener en Amérique! Ce climat toujours brûlant ne me convient pas du tout. Il n’y a pas de relâche: le thermomètre est toujours au-dessus de 30° centig., excepté la nuit, où il descend un peu. Cette grande chaleur ôte tout courage: il faut toujours suer, toujours s’écrier: ah! qu'il fait chaud! :
Jeudi, 19 avril.—Presque chaque jour, au moment où l’on s'y attend le moins, il tombe un orage; deux minutes après, le soleil reparaît comme avant, et la chaleur n’en diminue pas pour cela. Durant la matinée d'aujourd'hui, il est tombé une vraie pluie torrentielle durant un certain temps; des ruisseaux se sont formés partout. Après midi, le temps s’est mis au beau, et au beau pour tout de bon.
A midi, il y a eu grand dîner chez les Dominicains. Les bons Pères avaient invité Mgr l’archevêque à venir dîner avec les Canadiens. Mgr Gonin s’est encore montré très bon pour nous. Sa
onversation est celle d’un homme de Dieu, et m’édifie beaucoup. Malheureusement, il est très vieux, et la mémoire lui fait un peu défaut. Après quelque temps de causerie, nous l’avons reconduit à son évêché, en compagnie du R. P. Hilaire.
Ensuite, nous avons été faire visite à M. Devenish, toujours en compagnie du Père Hilaire. Quels joyeux moments nous avons passés là! En nous montrant quantité de gravures, de souvenirs historiques, d'objets d'histoire naturelle, M. Devenish nous amusait extrêmement: gai comme pinson, léger comme papillon, il saute
oujours de sujets en sujets. Ce fut un véritable feu d'artifice de outes sortes de jeux d'esprit.
En revenant, visite à un monastère de Dominicaines cloîtrées, qui furent chassées du Vénézuéla en 1874, et à qui le gouvernement spoliateur paye une rente viagère, en compensation du vol de leur couvent qu’il a opéré. Nous visitons aussi une nouvelle maison
qu’on leur prépare dans la ville; car, à l'endroit actuel, elles sont bien mal logées.
Vendredi, 20 avril.—Nous apprenons que le steamer Ayrshire, qui doit nous ramener en Amérique, n’est parti de New-York que lundi dernier, le 16, de sorte que nous ne Pourrons reprendre la mer que dans les premiers jours de mai peut-être.
Ce soir, nous allons par chemin de fer à San Fernando, une
petite ville, d’où nous nous rendrons, demain, visiter un célèbre lac de bitume qui se trouve plus loin.
«—La BR&4.— En voulez-vous du bitume.—Chez Mme Veuve X., d'origine africaine. —On soupire après les neiges du Canada.—Comment se fait la Cassonade.—Jardin botanique de Port d'Espagne. — Visite aux lépreux.—Arima.— Encore dix jours à rôtir dans la zone tropicale.
San Fernando, Trinidad, 22 avril 1888.
Vendredi, 20 avril —A ma grande surprise, on m’a remis, au diner, une lettre du Canada, bien que je n’en attendisse pas avant huit jours encore. Cela m’a valu un moment de joie intense.
Notre abbé italien est reparti aujourd’hui pour le Vénézuéla. Nos adieux ont été touchants, sinon par les paroles polyglottes que nous avons échangées, au moins par des démonstrations extérieures, Il y a ‘’e grandes chances Pour que nous ne nous rencontrions plus sur cevte terre.
A 4 heures du soir, nous sommes partis par le Trinidad Government Railway, pour San Fernando. Les wagons sont aménagés d’après le système européen, c’est-à-dire qu’ils sont partagés en compartiments distincts. Il y à des premières, des secondes et des troisièmes. Nous prenons des billets de premières; mais ces pre-
3 sont
shire, que mer
une
e lac
mières sont loin d’avoir le luxe et le confortable de nos wagons canadiens de première classe.
Nous passons à travers des plaines magnifiques, couvertes de cannes à sucre ou encore en forêts; mais des forêts d'aspect tout nouveau pour nous, et d’une végétation sans égale.
Après une course d’une douzaine de lieues, nous arrivons à San Fernando, belle petite ville de 6,000 habitants, située sur le bord de la mer.
Le curé, M. Maingot, un très aimable homme, nous reçoit fort bien. Il a beaucoup connu, à Rome, nos abbés Bruchési, A.-A. Blais, F. Dupuis, etc.
Samedi, 21 avril.—Ce matin, nous nous sommes rendus par steamer, jusqu’à La Bréa, village situé sur le bord de la mer. Très beau steamer; et navigation des plus agréables, qui dure au plus deux heures.
Il faut ici descendre à terre en chaloupe, et comme celle-ci ne peut grimper sur le bord du rivage qui est en pente longue et très douce, il faudrait passer dans l’eau et prendre un bain de pieds.
| Mais cette extrémité nous est épargnée, parce que le vigoureux
nautonier nous transporte dans ses bras, l’un après l’autre, et nous dépose sur les rochers: voilà longtemps que nous ne connaissions plus ce mode de transport, et ce n’est pas l’épisode le moins extraordinaire de notre voyage.
Il faut savoir qu’à La Bréa se trouve un lac de bitume (ou asphalte), qui est fort renommé. Il y a au moins un mille à faire, pour s’y rendre, et c’est assez pour m’effrayer, par un soleil aussi ardent, et lorsqu'on est déjà tout en sueurs rien qu’à rester immobile. Les fiacres et les cochers sont inconnus ici. Enfin, on nous amène une petite charrette, on y installe deux chaises, et nous nous y hissons; nos guides au teint foncé montent aussi. Nous avançons par une très belle route, presque toute couverte de bitume; du sol environnant le bitume s'échappe partout et se fige à la surface. La forêt est très intéressante; des cocotiers, des palmiers, des
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mangliers, ete., etc. ; je fais ici connaissance avec les roseaux, et aussi avec les ananas qui, sur les bords du chemin, portent fièrement leurs fruits surmontés d’une aigrette vcrdoyante, = Enfin nous arrivons au lac, surface d'environ un demi-mille composé de bitume pur, N ombre d’hommes travaillent, les uns à piocher ce bitume qui s’enlève facilement par blocs, les autres à charger les voitures qui le transporteront à l'usine; là on le fond, on en remplit des barils que l’on ne ferme même Pas, parce que le bitume se solidifie bientôt ; et il n’y a plus qu'à les embarquer sur les navires. Plusieurs vaisseaux, dont l’un pour Montréal, sont justement à se charger de ce produit dans la rade, Le plus extraordinaire, c’est que cette surface pieds que l’on enlève aujc::1d’hui, demain par une quantité éq térieur et se fige aussitôt. C’e d’une immense richesse. A ce
controns le cadavre d’un petit caïiman longueur. Pour nous
est meublé ; C’est propre comme un N'importe, nous nous installons près d’une
qui nous ont munis, solides et liquides su
Le lunch fini, à 14 heure, M. Provancher part tout de suite et s'en va courir la grève et les feuillages, pour trouver toutes sortes de choses. Pour moi, je reste à la maison: car, il fait trop chaud pour que je fasse beaucoup de science par ici; j'en ferai l'hiver prochain, près de mon poèle... Je cause un peu avec la maîtresse du logis, qui comprend le français sans pouvoir le parler, sa langue étant la langue créole; mais elle peut aussi parler anglais. Son fils aîné parle, lui, l’anglais et le français. Enfin, à 2} heures, je descends à la grève et rejoins M. Provancher, qui a ramassé quelques mollusques. Il donne 3 pence à un négrillon pour qu’il nous achète des oranges: celui-ci nous apporte toute une brassée de ces fruits délicieux.
Peu après, nous remontons en steamer, et sommes bientôt de retour à San Fernando.
Dimanche, 22 avril.—Ah! qu'il fait chaud ! qu'il fait chaud! Qui me rendra nos chères neiges, notre chè-2 glace, nos chers froids du Canada! Heureux le Canadien qui n’a pas, entraîné par un vain esprit d'aventures, quitté son pays fortuné !
Ce matin, j'ai célébré le Saint Sacrifice dans un couvent de San Fernando. Ce couvent, qui n’a qu’une quinzaine de pensionnaires, est dirigé par des religieuses de Saint-Joseph de Cluny, qui sont au nombre de cinq. La maison est peu considérable, et on voudrait bien l’agrandir. Après le café, j'ai visité au long les plantes du jardin: il y a là surtout des lianes qui ont grimpé sur des arbres et y ont poussé de nombreuses grappes de fleurs roses de toute beauté; il y a deux arbres importés des Indes Orientales, qui sont fort beaux et doivent être uniques par ici. Et puis des fougères en pots, dont le feuillage est abondant et d’une délicatesse à faire s’extasier l’homme le plus prosaïque qui se puisse rencontrer.
L'église de San Fernando est bien jolie, et le sera encore plus quand on aura fini les travaux de peinture que l’on y fait actuellement.
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aussi |: piano. Ainsi nous stique.
Lundi, 23 avril. —Dans l’avant-midi, après une visite quasi officielle au couvent, nous avons fait une Promenade en voiture | dans la campagne avec l'abbé Osenda, et nous nous sommes rendus jusqu’à la paroisse de la Pointe-à-Pierre, à trois ou quatre milles de San Fernando. Malheureusement, le curé, M. Rabanit, était absent. A midi, nous étions de retour au presbytère, .
Vers le soir, le curé nous conduit visiter l’usine à sucre de M. ‘ Harkins. Cette usine, qui n’est pas des plus grandes, est renommée pour la perfection de son outillage. Nous avons donc suivi la canne à sucre depuis son arrivée à l’usine, jusqu’à sa mise en sacs, après sa transformation en beau sucre cristallisé; nous avons goûté le suc précieux à ses divers états de Concentration, et l’avons vu subir maintes cuissons; en certaine marmite, ce pauvre-suc était soumis à une température de 200° Farenheit: ayez à présent le courage de vous plaindre de la chaleur! Je veux bien ne plus me plaindre, peut-être; mais je constate qu’il faisait si chaud à l'intérieur de l'usine, qu’on avait froid en en sortant, c’est-à-dire en trouvant dehors une température d'environ 80° Farenheit.
En contemplant ces monceaux de sucre, ces lacs et ces fleuves de mélasse, ces planchers et ces murailles que le sucre recouvre partout, je pensais encore une fois à nos mouches domestiques du Canada : quelles jouissances ce serait pour elles de vivre en des lieux si doux!
mais ce digne homme parle
que nous déclinons l'invitation, sous prétexte que nous partirons demain matin, ce qui est certain d’ailleurs.
Vers 7} heures du soir, nous revenons au logis par un beau clair de lune. Dans ces climats, la lune répand une lumière incomparable, et qui est bien plus brillante que par chez nous. £ile n’est pas encore dans son plein, et cependant il fait déjà presijue aussi clair que dans le jour. Je voudrais que vous vissiez cela, et que vous jugeassiez par vous-mêmes combien il est difficile en ces pays de ne pas être poète. Je sens bien que je serais toujours sur le dos de Pégase, si je n’avais conscience d’être si pitoyable cavalier.
Ces courses à travers la campagne nous ont charmé: quel beau pays nous avons parcouru! Mais nous ne voyons partout que la culture de la canne à sucre. Pourtant on nous dit qu’en d’autres endroits on cultive beaucoup le cacao, qui donne le chocolat.
Mardi, 24 avri.—Nous sommes revenus aujourd’hui à Port d’Espagne, où nous allons maintenant soupirer jour et nuit après
l’arrivée de notre steamer.
Ce soir, est arrivé, à l’hôtellerie des Dominicains, un prêtre du Vénézuéla qui ne parle qu’espagnol. Nous voici donc encore bien plantés! Cet abbé est de figure presque noire, et il faut être bienveillant pour le classer parmi les descendants de Japhet.
Mercredi, 25 avril.—Nous avons passé l’avant-midi au jardin botanique, en compagnie du surintendant, M. Hart, qui nous a reçus avec une bienveillance très grande. Après nous avoir fait voir sa bibliothèque scientifique, son herbier, etc., il a parcouru avec nous tout le jardin, nous donnant une foule de renseignements sur les plantes et les fruits que nous voyions. Entre autres choses, nous avons vu: des fougères de 20 à 25 pieds de hauteur, le thé, le caféier, le cacao, le muscadier, le poivrier, le cannellier, le camphrier, le giroflier, l’arbre à pain, le dattier, des palmiers de diverses espèces, ete., etc. La plupart de ces plantes portaient des fleurs ou des fruits; plusieurs portaient ensemble fleurs et fruits, comme le
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caféier, dont les fleurs blanches répandent une odeur suave. Un arbre surtout nous a étonnés: il est fixé au sol par une quantité de rameaux qui sont descendus à terre en partant du tronc principal,
nous ne pouvons à la fin distinguer le tronc principal de ces tiges supplémentaires; l’arbre a donc un aspect des plus curieux.
Avant de nous quitter, M. Hart nous fait voir le jardin du Bouverneur de l'ile, qui semble la continuation du jardin botanique, En face de la résidence gubernatoriale, au milieu des plantes les plus magnifiques, trois beaux canons de cuivre luisant vous maintiennent dans le respect.
J'ai omis de mentionner l'arbre à caoutchouc, dont M. Hart nous a montré deux espèces différentes. On n’a qu’à faire des incisions à l'écorce de ces arbres, et le suc laiteux, qui brunira au contact de l’air, ne se fait pas prier pour couler abondamment.
Jeudi, 26 avril. —Aujourd’hui le temps a été couvert et il a plu à diverses reprises. Cela semble l'ouverture de l’hivernage ou de la saison des pluies, qui est aussi l’époque des grandes chaleurs; ce n’est pas qu’à cette époque la température soit considéraLlement plus élevée; mais on souffre plus, parce qu"“‘il n'y a pas d'air”, comme on dit.
Ce matin, nous avons visité l'hôpital des lépreux, qui se trouve à deux ou trois milles de la cathédrale. Pour y arriver, on traverse un village habité par les coolies. Nous ne pouvons nous habituer aux allures de cette population hindoue, et nous sommes toujours surpris comme si nous les voyions pour la premièr fois. Nous passons auprès de deux temples boudhistes, qui n’ont rien d’extraordinaire, et nous rencontrons l’un des prêtres boudhistes, dont le costume diffère peu de celui des autres Hindous. Un bon nombre de ces gens sont protestants, et quelques-uns sont catholiques.
Mais revenons aux lépreux, qui sont au nombre de plusieurs centaines: il y a là même de jeunes enfants affectés de la terrible maladie. Rien de plus pénible que la vue de ces pauvres gens,
dont les uns sont tout défigurés par la lèpre, dont les autres ont déjà perdu les phalanges des doigts, ou même les mains entières; plusieurs ont subi l’amputation d’une jambe, Mais cette maladie, tout horrible qu’elle soit, n’est pas ordinairement douloureuse, et les enfants surtout sont gais et s'amusent comme des écoliers en récréation. Il y a là des coolies, des noirs, des Chinois, des Portugais, etc. Ce sont des religieuses dominicaines qui soignent les malades, Leur chapelain, le P, Etienne, dominicain, occupe ses loisirs à l'étude de la lèpre, de l’histoire, et des langues orientales.
On nous a fait voir une usine à sucre, construite dans la cour
grinations multiples, nous rentrons sans être plus avancés qu'avant. Jamais je n’ai tant eu chaud que dans cette promenade qui m’a coûté bien des sueurs.
Les journaux d’aujourd’hui nous annoncent que le steamer Ayrshire est attendu dimanche soir. Puisse-t-il ne pas tarder davantage, et repartir bientôt pour l'Amérique! Car j'en ai assez, et de reste, de la vie des tropiques.
Vendredi, 27 avril. —Journée qui se passe dans un calme très grand. Elle n’a été marquée que par une visite que nous avons faite au marché de la ville. La variété des articles offerts en vente, l’allure des vendeurs et vendeuses, qui sont des noirs ou des coolies, nous ont vivement intéressés.
Samedi, 28 avril, —De Peur que l’ennui ne naisse de l’uniformité, nous sommes partis, ce matin, pour Arima, village assez considé
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