‹ Impressions de guerre de prêtres soldatsChapitre 21 sur 35 · Î48 IMPRESSIONS DE GUERRE · texte numérisé non relu

Î48 IMPRESSIONS DE GUERRE

raient un rapport détaillé, tant ils sont beaux d'héroïsme et d'abnégation.

Pour s'assurer un retour facile, les Allemands devaient s'emparer d'un poste d'écoute. Un groupe se dirige donc vers ce poste par la sape, le prenant à revers, pendant que d'autres, restés en avant, s'approchaient de leur côté. Le caporal Ch... occupait le poste avec deux hommes. Tout à coup, il se voit assailli, entouré. Admirable de sang-froid, il charge ses hommes de contenir les Boches de l'avant, pendant qu'il refoulera ceux de l'arrière. Il s'arme donc de grenades, s'avance de quelques pas et les lance aux assaillants qui, ahuris de cette résistance inattendue, reculent en désordre. Le caporal, mettant à profit ce moment d'hésitation, improvise à la hâte un barrage au moyen de sacs de terre qu'il arrache au parapet, puis, derrière ce mur, il attend. Les assaillants, remis de leur déconvenue et encouragés par le revolver menaçant de leur gradé, reviennent à la charge. De nouveau, ils sont accueillis vigoureusement : les grenades éclatent au milieu de leur file. Plusieurs, blessés, s'éloignent en hurlant; bientôt, de sept ou huit, ils ne sont plus que trois. Alors le caporal renouvelle sa provision de grenades, enjambe son barrage et poursuit ses ennemis qui s'enfuient éperdus.. La sape est libre; en avant, les coups de fusil et les grenades ont écarté les assaillants. Le poste d'écoute est dégagé. Le caporal reprend

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sa place et, l'œil au guet, le doigt sur la dt-tcnte, attend (jue les Boches délilent.

En même temps, la lutte se poursuivait dans les boyaux, aveugle et hoirihle. Au signal d'alerte, la troupe s'était précipitée de ses abris et courait à ses postes de combat. Le sergent Patou marchait en tète de la section de droite, entraînant ses hommes. A un tournant du bovau, il se heurte à un énorme Teuton. Celui-ci tire un coup de revolver; le serjjent s'affaisse, mortellement atteint. Son énergie cependant reste intacte : il se dresse sur les genoux, prend une grenade, l'amorce et d'un geste défaillant la huice en pleine [toitrinc de son agresseur. La grenade éclate, couchant l'agresseur, mais le sergent ne l'entend plus. Il est retombé, la face contre terre, et il râle. Galvanisés par cet exemple d'énergie surhumaine, les soldats jettent à leur tour des grenades et s'avancent. L'ennemi est refoulé.

Sur la gauche, un drame semblable se jouait. La vaillante troupe se précipitait de même et se heurtait aux Allemands. Le soldat Borel, sans attendre ses camarades, a couru au danger. II aper«;oit l'ennemi et aussitôt, sans abri, fait le coup de feu jus(ju';i ce qu'une balle «le revolver le couche. A ce moment, la section arrivait. Le sergent F..., le premier, voit le chef de hle interdit, et l'abat. Les autres, terriliés, s'enfuient. La section s'avance et occupe la tranchée.

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