LA MÉLANCOLIE
Comme une songeuse Ophélic, Près de l'âme, fleuve irisé, Se penche la Mélancolie.
Sous ses doiiZ'ts blancs elle a brisé Tous les rameaux dont l'Espérance Ombrait le rivage apaisé.
Et, dans sa rêveuse démence, Elle a cueilli toutes les fleurs Que le jeune espoir ensemence.
Maintenant, aux flots voyageurs.
Elle livre leur vague arôme, L'éclat de leurs fraîches couleurs.
Et l'âme, en son onde qu'embaume Tout ce doux printemps efl'cuillé, Reflète un gracieux fantôme,
Aux bords défleuris appuyé, Illuminant d'un charme étrange Sa grâce de roseau ployé...
Mais l'écume argenté sa frange
Sur le flot maintenant amer ;
Et fleurs, parfums, tout devient fange.
Agitée au souffle de l'air, Plus affaissée et plus pâlie, Une image tremble au flot vert.
Ce n'est plus la Mélancolie, C'est celle qui vient tôt ou lard.
Qu'on l'attende ou bien qu'on l'oublie,
C'est la Tristesse au froid reirard.
Toujours ainsi, l'une après l'autre, Elles s'en viennent près de nous Comme un maître et son jeune apôtre.
L'une aux pensers tristes et doux Livre l'âme indécise encore, L'autre fait ployer nos genoux.
Et comme un doux reflet colore Parfois l'ombre qu'on voit errer, La Mélancolie est l'aurore
Des jours où nous devons pleurer!
NOTES ET niPRESSIOKS. 85