H. CAZALIS
Ulllasion.
C'est un volume de vers intéressant et compact, auquel nous ferons seulement le reproche d'une trop grande diversité. Ce n'est pas au moins que le poète manque de profondeur ni de recherche, mais il y a un danger à réunir tant d'inspirations disparates. On risque d'amoindrir un talent réel, et qui ne demanderait qu'un peu plus de cohésion pour prendre sa place au premier rang. Et pourtant que de pensées ingénieuses et bien rendues, que de jolis vers, par exemple dans la pièce intitulée Jeux d'atomes.
Je regardais voler ces poussières d'écume
Que fouette et disperse le vent, Et le long de la mer s'élever cette brume,
Et flotter ce brouillard mouvant.
Je foulais en marchant les collines de sable
Que l'ouragan crée ou détruit; Je pensais qu'en ce monde est ainsi périssable
La couleur, la forme ou le bruit.
Et tandis que mes yeux contemplaient ces fantômes
Revêtant mille aspects divers.
Je méditais sans fin sur tous ces jeux d'atomes
Dont est composé l'univers.