FRANCIS PITTIÉ
Le Roman de la vingtième année.
Pour finir, nous annoncerons l'édition nouvelle du Roman de la vingtième année, par M. Francis Pittié. 1851-1855, porte la couverture comme un sous-titre, un avertissement. Et l'auteur a bien fait de prévenir ainsi ses lecteurs. Évidemment son œuvre marque une date et cela la rajeunirait presque au lieu de la vieillir, car, parmi les publications récentes, ce mignon petit livre apporte un air de romance qui charme par sa seule grâce, ses tours naïfs un peu négUgés.
Cependant qu'elle allait, fière Comme une reine, En bouquet arrangeant les fleurs de son jardin» Et de l'altière rose ou de l'humble verveine Aspirant les parfums moins doux que son haleine» — Ohl lui dis-je soudain,
Entre toutes les fleurs, réponds-moi, quelle est celle, Odorante jacinthe, iris, bluets charmants. Qui, hautaine et modeste, à tes rêves se mêle? Je veux que cette fleur désormais on l'appelle La fleur chère aux amants.
Cette émotion vraie, rendue par de petits moyens, se retrouve à toutes les pages; mais que M. Pittié nous pardonne si nous ne reconnaissons pas les pièces nouvelles d'entre les autres, La mesure est la même , le ton n'a pas changé, et qu'importe, puisque cela plaît ainsi. C'est qu'à moins de grandes exceptions, le poète garde toujours le premier accord de sa voix. Il y a là un ensemble de causes : les premières lectures de l'écrivain, ses admirations, les influences environnantes, le groupe auquel il se range tout d'abord, et plus que tout, sa jeunesse même, cette jeunesse facile aux empreintes, mais tenace à les conserver, et qui, pour toute la vie, alimente au cœur du poète ses facultés d'inspiration.