‹ Impressions de théatreChapitre 20 sur 27 · PANTOMIME. 34T · texte numérisé non relu

PANTOMIME. 34T

comme je crois, emporté de cette représentation îe désir de lire ses vers. M. Grandmougin en a fait beaucoup; c'est un esprit enthousiaste et candide, un poêler abondant et sonore. Que lui manque-t-il? Je ne sais; presque rien. Il ne lui manque peut-être que de sô méfier de cette facilité extraordinaire avec laquelle les vers s'épanchent de lui... Car cette facilité a desconséquences que je ne veux point dire et que vous prévoyez. iMais qu'importe, s'il jouit, comme je crois,, de cette noble intempérance?

Je veux vous citer du moins une page de soiij Orpficc Eurydice répond à son amant qui lui demanda ce qu'elle est devenue après la mort :

Dans (lc3 lieux inconnus j'ai flotté longuement^ Couiuie un nuage noir qui glisse au firmament.. Si c'est avec regret qu'en mourant la rosée Songe nu gramen tremblant et fin qui l'a bercée,. Et si le parlum souffre en quittant une fleur, Telle était ma subtile et constanle douleur. Consciente à demi, mais toujours palpitante De la fièvre sans nom d'une trompeuse attente^ J'ai volé sans repos dans les déserts du ciel, Cliasséo éperdument par un vi^nt élernol! En moi le souvenir indécis de ta perte Vivait comme une plaie étrange, à peine ouverte;. De ténèbres baignée ou pleine de soleil, Je fuyais sans fatigue, et pourtant sans sommeil. Et dans l'èther léger mon être impondérable Allait toujours rapide et toujours misérable. Puis, un jour, le passé reprit ses vrais contours» Je retrouvai ce cœur où battaient mes amours» Et mon âme, au hasard longtemps abandonnée. Dans mon corps primitii s'était réincarnée.

Il V a sûrement dans ces vers de la langueur, de la.

mollesse, une harmonie floUante. Ne les examinez pas avec trop de rigueur. A'ous vous demanderiez comment une âme « consciente à demi » et dont la souffrance est aussi vague et aussi ténue que celle de la rosée qui s'évapore ou du parfum qui quitte la fleur, peut être, d'autre part, « toujours palpitante d'une fièvre sans nom » et comment elle peut à la fois sentir si faiblement et si violemment. Vous vous étonneriez que cette fièvre « d'attente » ne soit, deux vers plus loin, qu'un « souvenir indécis » ; et « plaie étrange » vous semblerait un mot bien fort, pour exprimer un regret et un sentiment si vagues. Enlin, vous trouveriez que « réincarnée » n'est pas un mot bien joli ni bien harmonieux... Décidément, il y a chez M. Grandmougin trop d'à-peu près. Je ne les passe qu'à Lamartine et à Musset, — en quoi je suis sans doute profondément injuste.

Me voilà encore une fois ballotté de mes scrupules d'honnête critique au remords de les avoir exprimés, et, pour me délivrer de ce remords, je tiens à vous dire que le dernier acte d'Orphée contient une scène vraiment dramatique. Le tyran Barkal est à table. C'est une espèce d'ogre, un roi comme les concevait Victor Hugo, qui ne parle que d'égorger les hommes, de brûler les villes et de se saouler de vin en se roulant sur les femmes é ventrées. On entend un grand bruit à la porte de la salle; c'est un poète inconnu qui ameute la foule en célébrant sur la lyre les vertus et les hauts faits de Barkal. « Faites-le entrer »,

PANTOMIME. 3i9

dit le tyran. Orphée s'avance; il entame l'éloge du roi, énumérant les choses qu'il aime : la guerre, les tueries, les débauches énormes. Et, à chaque couplet, le chanteur se rai3proche de la table; et, quand il est tout près LU roi, visage contre visage, il le poignarde en lançant son dénie" vers...

C'est égal, je regrette qu'on m'ait a'nn gâté Tantique légende de l'Orphée grec, si mélancolique, si gracieuse et si pleine de sens. Il y avait tant d'autres moyens de la renouveler! Je repousse Orphée-Orsini, ce n'est plus du tout Orphée. Mais que diriez-vous, par exemple, d'Orphée-Pierrot?

Celte question, je le sens bien, doit vous paraître saugrenue au premier abord. Je vais donc vous l'expliquer. Elle m'est suggérée par ces quelques lignes de l'ingénieux Petit traité de pantomime à Viisage des gens du monde, de M. Raoul de Najac : «... Volontiers, j'introduirais les divinités olympiennes dans une pantomime. Il ne me déplairait pas de lancer Pierrot à la poursuite de la Fortune, de permettre que l'Amour tourmentât rVrlequin, d'envoyer Polichinelle aux Enfers dont il reviendrait en enlevant Proserpine. Je pourrais m'étendre davantage sur ce sujet. Je me contente d'ouvrir des horizons à mon lecteur. »

Ils sont immenses, ces horizons. L'idée de M. de Najac me ravit. Je la crois juste et féconde. Arlequin, Pierrot, Colombine et les autres, étant des types très généraux et très malléables, pourraient se substituer

3f)0 IMPRESSIONS DE THEATRE.

sans peine aux dieux et aux héros des antiques légendes. Mettre en pantomimes ces drames si connus, si simples, si clairs et si largement humains, ce serait les transposer, mais non pas les profaner ni en altérer le sens. Ils pourraient rester mélancoliques et vrais; seulement, un peu d'ironie s'y ajouterait, et, par suite, le spectacle n'en serait que plus philosophique. Joignez qu'il serait tout à fait charmant aux yeux...

Je vois très bien Orphée-Pierrot domptant, au son de sa guitare, les bètes féroces, les tigres et les lynx et, si vous voulez, jusqu'à Polichinelle et à Cassandre, jusqu'aux hommes politiques et jusqu'à ses créanciers; puis, sa guitare en sautoir, se promenant le jouf de ses noces avec Colombine sur la rive flei lie d'un fleuve du pays bleu. Colombine meurt, piquée par un serpent ou de quelque autre façon, — d'une indigestion de frangipane, si cela vous fait plaisir. Pierrot, désespéré, s'en va trouver Pluton, qui pourrait être simplement Croquemitaine (assimilation fort juste, remarquez-le bien). Croquemitaine, charmé par sa musique, lui rend Colombine à la condition que vous savez... Pierrot se retourne et Colombine lui est de nouveau ravie; ce qui exprime deux ou trois vérités, au choix : 1° que rien n'égale l'attrait de ce qui est défendu; 2° que c'est presque toujours nous qui gâchons notre bonheur, par impatience ou faute de modération dans le désir; 3^ qu'il n'y a de vrai que le rêve; que, avant d'être atteint, il est tout,

PANTOMIME. 3ol

mais que, à peine réalisé, il s'évanouit et n'est plus rien. Si Pierrot ne voulait pas voir tout de suite Colombine, s'il remontait éternellement le chemin de l'Enfer sans se retourner, mais avec cette idée que Colombine est là tout près et qu'il la verra, Pierrot serait éternellement heureux. La vraie Colombine, ce n'est pas celle qui marche derrière lui, c'est celle qui marche devant^, c'est le fantôme merveilleux créé par son imagination.

Pierrot-Orphée, revenu sur la terre, ne peut se consoler. En vain, les Arlequines lui font des agaceries. A la fin, son imperturbable fidélité irrite ces bonnes filles qui, un beau soir, innocemment lui coupent la tète et la jettent dans la rivière, avec sa guitare. Mais la blanche tète au serre-tète noir, portée sur les flots, continue de murmurer : « Colombine ! » Et certes. Pierrot est digne de louanges ; il nous donne l'exemple des grandes passions, des amours plus fortes que la mort et qui font la noblesse de l'humanité. Mais les petites Arlequines qui représentent la nature oublieuse, aux floraisons éternellement recommençantes, n'ont pas tort non plus; car, si chaque homme n'aimait qu'une femme et si les vivants ne songeaient qu'aux morts, que deviendrait le monde, je vous prie?

Et, comme le scrupule serait excessif de clore tristement une pantomime sous prétexte que. dans la vie réelle, tout finit mal, on ressusciterait Colombine et Pierrot, et on les unirait dans une apothéose

352 IMIPRESSjIONS DE THEATRE.

Cela n'est pas même un canevas. Mais songez à ce qu'un auteur dramatique, un chorégraphe et un musicien pourraient faire de ces belles histoires. D'ailleurs, l'expérience a été faite, voilà longtemps. Les Romains de la décadence, subtils inventeurs de plaisirs, avaient déjà mis en pantomimes la mythologie grecque. Néron goûtait fort ces spectacles. 11 aimait à voir d'habiles artistes lui traduire dans un grand détail, avec précision et sincérité, par les muettes attitudes de leurs corps, les aventures d'Europe, de Léda ou de Pasiphaé. Je ne demande point qu'on aille jusque-là. Je ne propose rien que d'innocent et de pur. Mais je suis certain que les plus belles légendes religieuses, héroïques ou amoureuses de tous les temps et de tous les pays, mimées par les doux et chimériques personnages du théâtre italien, auraient beaucoup de grâce et de piquant. Et l'on pourrait, en outre, imaginer pour eux de petits drames modernes, qui nous reposeraient des pièces parlées. Cela ne vous semblera pas impossible si vous faites attention que le personnel de Tancienne pantomime comprend tous les types essentiels de la comédie humaine. Pierrot, c'est l'homme-enfant; disons simplement: l'homme. Il est gourmand, égoïste, menteur, poltron, concupiscent. Mais il est bon, gai, sincère, sensible, résigné. Il est tout cela, avec innocence. Ses vices sont ingénus et ses vertus sont involontaires. On le sent irresponsable; on ne peut le haïr. En lui pardonnant, c'est à l'humanité, c'est à nous-

PA^^TOMIME. 3o3

même que nous pardonnons. Arlequin, c'est l'Amoureux; Léandre, c'est l'Imbécile; Cassandre, c'est l3 Bourgeois ; Polichinelle, que M. de Najac propose d'ajouter à la troupe, ce sera le Père noble, ou le Vieux Beau, selon les besoins de l'action; Colombine, c'est la Femme et c'est l'Amoureuse. Et nous avons encore les « utilités » : le capitan,* le docteur, le notaire, l'apothicaire, et, si nous voulons, des représentants de toutes les professions, que leurs habits et leurs attributs désigneront suffisamment aux spectateurs.

« Enfin, dit M. de Najac, rien ne vous empêche d'introduire dans une pantomime un animal pouvant, sans trop d'invraisemblance, garder la position verticale et atteindre la taille humaine. L'ours et le singe anthropoïde sont les deux utilités zoologiques par excellence. J'emploierais de préférence le singe, parce qu'il est permis à son interprète de laisser à découvert le haut du visage et, par conséquent, de donner de l'expression à saphysionon-iie.... »

Que de ressources ! et que ne pourrait-on faire avec cela! Vous sentez bien que ce serait tout autre chose que les pantomimes du Cirque, qui sont surtout des. exercices d'acrobatie. Ce serait Tancienne pantomime de Legrand et de Debureau (que je n'ai d'ailleurs jamais vus) reprise, rajeunie, agrandie, étendue à un plus grand nombre de sujets. Jamais le moment n'a été plus favorable. Nous sommes extrêmement fatigués du théâtre écrit et parlé. Sur dix pièces nou-

velles qu'on nous donne, il y en a bien neuf que nous connaissons d'avance. Des grimaces, des signes, des gestes synthétiques et clairs, et qui ne disent rien d'inutile, remplaceraient agréablement toutes ces proses. Et, comme nous sommes pleins de littérature jusqu'aux bords, ces spectacles silencieux nous charmeraient en éveillant en nous une foule de souvenirs, d'impressions et de rêves Par exemple, une scène de jalousie suivie de raccommodement entre Colombine et Arlequin, par cela même qu'elle serait toute en signes et en attitudes, évoquerait et résumerait pour nous toutes les scènes analogues écrites par Molière, Racine ou Shakespeare. Le moindre geste de Pierrot se trouverait subitement commenté, dans notre mémoire, par une demi-douzaine de grands poètes.

Et nous reconnaîtrions le sens profond de la fantaisie de Théodore de Banville : Ancien Pierrot :

Plus blanc que l'avalanche et que l'aile des cygnes. J'étais spirituel, et je parlais par signes.

Mais Pierrot a commis une faute.

Ayant surpris un soir, la fée Azurine endormie, il a baisé trois fois son sein de neige. La fée s'est réveillée en sursaut : « Misérable, deviens homme » I dit-elle. « Et Pierrot eut cette infirmité stupide, la parole. »

Oui, je parle à présent. Je fume des londrès. Tout comme Bossuet et comme Gil-Pérès, J'ai des transitions plus grosses que des câbles Et je dis ma pensée au moyen des vocables.

Rendons au pauvre Pierrot le mutisme qui lui est

PANTOMIME. 3oo

si cher. Il a raison. Levain bruit des paroles ne vaut pas la silencieuse pantomime, du moins quand ce silence se trouve enrichi, pour les regardants, de plusieurs siècles de parole écrite..

En attendant que l'heure soit venue des grandes comédies mimées, M. Raoul de Najac nous présente une pantomime en un acte, à un seul personnage : le Retour d'Arlequin.

Une chambre simplement meublée; une rôtissoire devant le feu; accrochés au mur, de chaque côté de la cheminée, deux portraits : celui de Pierrot et celui de Golombine; une table avec deux couverts et un pâté; un berceau dans un coin : voilà le décor.

La porte s'ouvre, Arlequin paraît, le fusil sur l'épaule. Car le pauvre garçon est soldat; avec quel chagrin il a quitté sa chère Golombine, et quels serments ils se sont faits!... Il aperçoit le portrait de

Golombine et lui envoie des baisers Mais quel est,

de l'autre côté, ce portrait d'homme? G'est Pierrot! Arlequin a compris. Pendant son absence, Golombine a épousé Pierrot...

Et ce berceau.... Il y a, dans ce berceau, un bébé, l'enfant de Pierrot et de Golombine. Arlequin a trouvé sa vengeance : il tuera l'enfant... avec son fusil... Mais la détonation attirera du monde; il lui faut une arme qui ne fasse pas de bruit.

Ce sera la broche de la rôtissoire. Justement, le poulet est à point. Il l'enlève, le débroche et, menaçant, s'avance vers le berceau...

yoG IMPllIilSSIONS DE THEATRE.

Mais le poulet embaume... Arlequin balance entre la vengeance et la gourmandise; c'est à la fin la gourmandise qui l'emporte; il mangera le poulet d'abord, et tuera le bébé ensuite.

Il se met à table, découpe le poulet, ouvre le pâté, débouche une bouteille... Mais comme c'est triste de festoyer seul! Il lui faudrait un compagnon. Un marmot est là, pourquoi ne pas l'inviter ?

Il l'enlève donc de son berceau, l'installe sur une chaise, en face de lui, remplit et vide les deux verres et les deux assiettes, rit, danse, fait danser le bébé, tombe enfin sur une chaise où il s'endort avec l'enfant dans ses bras...

Étonnement au réveil, puis attendrissement : Arlequin recouche le mioche, le regarde, regarde le portrait de Colombme... Il pardonne à l'infidèle et se consolera de sa trahison en reprenant du service.

Justement son régiment repasse dans la rue, musique en tète... Mais, au moment où il va sortir, on frappe à la porte... Il ne veut pas qu'on le surprenne, et c'est en sautant par la fenêtre qu'il rejoint ses compagnons d'armes...

Cela n'est qu'un résumé fort sec. Je vous renvoie, pour les détails et les nuances de la mimique d'Arlequin, au petit livret de M. de Najac. Mais cela n'estil pas piquant dans sa simplicité? Cet enfantillage de rhomme aux losanges, n'est-ce pas l'universel enfantillage humain? Cette mobilité d'impressions, celte continuelle et inconsciente sujétion aux accir

PANTOMIME. 3o7

dents extérieurs, ce passage des sentiments les plus farouches aux plus innocents et aux plus attendris, l'odeur d'un poulet arrêtant net une tragédie, puis la tournant en comédie et en élégie discrète. . . ne pensezvous pas qu'il y ait là autant de vérité humaine que dans beaucoup de drames en cinq actes? — La pantomime la plus humble est, par la force des choses, très philosophique. Comme elle ne peut exprimer que des sentiments fort simples et ne nous montrer que des mouvements, tous ses personnages sont des types, et tous ressemblent à des marionnettes mues par d'invisibles ficelles. Conception qui, bien qu'elle soit à la portée de tout le monde, est, comme on sait, le dernier mot de la sagesse.

Mais l'Arlequin de M. Raoul de Najac n'est encore que l'Arlequin classique. Le Pierrot de M. Paul Margueritte est un Pierrot impressionniste et halluciné, assez semblable au Pierrot du grand dessinateur Willette. «... J'imaginai donc, dit M. Margueritte dans sa préface, un Pierrot personnel, conforme à mon moi intime et esthétique. Tel que je le sentais et tel que je le traduisis, parait-il, ce fut un être moderne, névrosé, tragique, fantômal. » Et plus loin : « S'il reste quelque chose de mon essai mimique, c'est la conception littéraire d'un Pierrot moderne et suggestif, revêtant, à son gré, l'ample costume classique ou l'étriqué habit noir, et se mouvant dans le malaise et la peur. »

Voici brièvement le sujet de Pierrot assassin de sa femme. Pierrot revient de l'enterrement deColombine.

Après avoir bu, pour se remettre, quelques verres d'eau-de-vie, il serappelleet ro/ï...La nuit précédente, l'idée lui est venue de se débarrasser de sa femme parce qu'elle le trompait. Comment? En la cbatouillant jusqu'à ce que mort s'ensuive... Pour cela, il a ligoté Colombine avec une corde, Ta bâillonnée avec un mouchoir, a soulevé le drap et introduit ses mains sous la couverture... Et à mesure qu'il revoit tout cela, il devient, il est lui-même Colombine. Il se jette d'une pièce sur le lit, il donne à son corps la raideur d'un corps ficelé. Il agite frénétiquement ses pieds chatouillés, il se tord en une gaieté affreuse, éclate d'un rire strident, mortel, se soulève une ou deux fois et rabat, en arrière, hors du lit, sa tète et ses bras pendants. Puis il redevient Pierrot, et mime tout ce qu'il a fait après le meurtre...,, mais ses pieds continuent d'être secoués d'une danse involontaire, d'une trépidation d'alcoolisé; le chatouillement de Colombine, comme un mal contagieux et vengeur, l'a pris. 11 demande grâce au portrait de Colombine qui sourit, implacable, reprend de l'eau-de-vie, vide la bouteille... La trépidation continue, et le portrait de Colombine se met à vivre et à rire... comme elle riait quand il l'a tuée. A la fin, « aux pieds de sa victime peinte qui rit toujours, d'un grand coup, en arrière et bras ei; croix. Pierrot s'abat » ,

Vous reconnaîtrez dans cette œuvre une des marques de la littérature la plus récente : la délectation esthéthique dans l'horrible, dans le mystérieux et dans le

PANTOMIME. 3o9

fatal. Au fait, la tuiiutaine de beaucoup de jeunes écrivains étant la recherche exclusive de la sensation violente ou subtile, tout l'essentiel de leurs livres pourrait être excellemment exprimé par la seule pantomime. La pantomime rendrait ainsi superflus beaucoup de vers et beaucoup de romans. Le cirque et la pantomime sont peut-être l'aboutissement inévitable des vieilles littératures.

Page 1