‹ Impressions de voyage dans ParisChapitre 107 sur 129 · LA RUE DES MARMOUSETS DANS LA GÎTÉ · texte numérisé non relu

LA RUE DES MARMOUSETS DANS LA GÎTÉ

Elle devait son nom à un hôtel décoré de ces petites statues peintes et dorées que fabriquaient les tailleurs d’images ; elle fut supprimée en 1867 pour la construction du nouvel Hôtel-Dieu. Une légende lugubre s’y rattache.

Vers la fin du quatorzième siècle, un barbier et un pâtissier tenaient boutique dans l’ hôtel. Le pâtissier augmentait chaque jour sa clientèle et sa fortune ; on estimait, on recherchait les pâtés qu’il préparait luimême. Le barbier avait mérité la faveur du public par son adresse, cependant un bruit sinistre avait plus d’une fois circulé dans la rue des Marmousets : on parlait d’étrangers massacrés la nuit. Un soir, des cris perçants sortirent du laboratoire du barbier chez lequel on avait vu rentrer un écolier qui arrivait d’Allemagne. Cet écolier se traîna tout sanglant, le cou mutilé par une large blessure ; on l’entoura, on l’interrogea et il raconta comment le barbier l’avait attiré chez lui. Il n’eut pas plutôt livré son menton au barbier qu’il sentit le rasoir entamer sa peau, il cria,

se débattit, détourna le coup, parvint à saisir le barbier à la gorge et le précipita dans une trappe ouverte. On pénétra dans la cave commune au pâtissier et au barbier, on surprit le pâtissier occupé à dépecer le corps de son complice qu’en égorgeant il n’avait pas reconnu. C’est avec de la chair humaine, parce qu’elle est plus délicate, qu’il composait ses pâtés. Le pâtissier fut brûlé vif. Le temps n’effaça pas ce souvenir et pendant des siècles il servit d’épouvantail aux enfants de la rue des Marmopsets.

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