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LES SOUTERRAINS DE L’HOTEL SAINTPOL ET LES SOUTERRAINS DE PARIS

Partout où ont passé rois et seigneurs féodaux, les édifices qui s’élèvent sur le sol sont toujours complétés par des constructions souterraines, dont la destination variait suivant les localités, les personnages, les édifices.

Toutes les abbayes de Paris avaient leurs caves, leurs issues mystérieuses ; les caves de l’abbaye de Saint-Germain s’étendaient jusqu’à la Seine. C’est pourquoi quand les eaux du fleuve sont hautes, toutes les caves de ces quartiers sont inondées. Les cavités profondes, que Paris recèle sous son épiderme, annoncent toujours une phase d’histoire où la sécurité de certaines familles n’existait qu’à cent pieds sous le sol. Par exemple, les troubles religieux ont fait creuser plus de souterrains qu’ils n’ont fait brûler de maisons.

Eu 1826, les Tuileries furent mises en grand émoi. O11 vint dire au roi Charles X qu’on entendait un grand bruit du coté des caves, qu’on distinguait

parfaitement les coups de pioche, que c’était sans doute une conspiration qui menaçait le château. Aussitôt on s’empressa de descendre dans les caves, on perça le mur du côté d’où venait le bruit et l’on se trouva dans un long souterrain qui conduisait à la rue Béthisy, près de l’hôtel Coligny ; là on trouva un marchand de vin, occupé à réparer sa cave. C’était le bruit qu’ou avait entendu aux Tuileries. On coupa le souterrain par plusieurs murs.

Les souterrains de l’hôtel Saint-Pol ont, depuis trois siècles, fourni des caves à toutes les maisons bâties sur son emplacement ; ils aboutissaient d’une part aux égouts du côté de la rivière, de l’autre aux fossés de Paris et à la Bastille. On arrivait ainsi jusqu’aux boulevards ; là une foule de poternes s’ouvraient dans la campagne ; elles indiquaient un des usages principaux auxquels étaient réservées ces routes souterraines aux heures de crise. C’était souvent par là que s’échappaient quelques célèbres traitants, quelques usuriers du peuple, quelques disgraciés des

cours.

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