LES HALLES CENTRALES
Des marchés secondaires pour P approvisionnement Paris sont répartis dans les différents quartiers, nombre de vingt-sept, mais les grandes Halles en ît le principal centre.
Au moyen âge les marchés et les foires constirient pour le seigneur justicier une branche importe de revenus; il avait le droit de faire élever des lies et d’en percevoir les produits. Sur la place où i marchands apportaient leurs denrées fut dressé instrument patibulaire comme un signe de pos- >sion ; c’était un emblème de puissance, le mot pulaire de potence (potintia), l’indique suffisam- 3nt. On désignait par le nom de pilori le lieu où lit le poteau de justice.
C’est à Philippe-Auguste que revient l’honneur ivoir réorganisé les halles de Paris, il les transporta x Champeaux (Campelli , petits champs), terrain gue, voisin du cimetière des Innocents, foyer perment d’infections, tout aussi réel que l’était leur isin. Au commencement de ce siècle, les halles
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elles n’offraient aux marchands et aLlch^’18' des abris incommodes et mil -, - acheteurs c
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DANS PARIS ANCIEN ET MODERNE
Ichés les plus beaux, les plus fréquentés, les plus opu- I lents du inonde.
J’ai voulu faire une visite aux halles à minuit. À cette heure elles s’animent et se remplissent de mouvement, de tumulte et de vacarme ; le sabbat de notre civilisation commence. C’est un contraste étrange, Stout Paris sommeille, le silence s’est emparé de la ' ville, la halle veille seule. Pénétrez dans ce qu’on nomme le carreau des halles : c’est un pêle-mêle de maraîchers, de porteurs, de paysans, de paysannes, i de revendeurs, de revendeuses de fruits et de légumes, de forts de la halle, d’inspecteurs, de sergents de ville, de cuisinières. Les jurons s’entrechoquent se répondant d’un bout du marché à l’autre ; les hommes, les chevaux, les charrettes se croisent, se heurtent; puis de tous les cabarets d’alentour partent des chansons grossières, des cliquetis de bouteilles cassées, des bruits de choc de verres, de propos nauséabonds. Tous les timbres de 1a, voix humaine, depuis le plus aigu jusqu’au plus grave, se confondent pour former le tapage le plus assourdissant que jamais tympan humain ait pu supporter. Votre nerf olfactif n’est pas moins désagréablement affecté, il y a là des émanations si multiples, des mélanges d’odeurs si hétérogènes, que l’on a hâte de quitter un pareil milieu.
M. Baltard me racontait qu’un jour, il marchandait du poisson aux halles ; le prix lui semblait fort exagéré, il se récria, les dames du lieu peu patientes, on le sait, à l’endroit des marchandeurs l’accablèrent des épithètes les plus épicées. — Vous ne savez pas ce que c’est que les halles, lui dit enfin l’une d’elles.
— Gomment ! je ne sais pas ce que sont les halles, mais c’est moi qui les ai construites. Jugez de la surprise des marchandes ; pour réparer leurs insultes, elles se mirent à lui fourrer du poisson dans toutes les poches.
Les dames de la halle formaient, sous l’ancien régime, une corporation presque aristocratique. Une députation de ces dames était admise auprès du roi pour le complimenter dans certaines circonstances : au jour de l’an, à propos d’une victoire, ou de la naissance d’un Dauphin.