AUJOURD'HUI PLACE DE L HOTEL DE VILLE
Dès les premiers siècles de notre histoire, il y avait un terrain des Parisiens,, un terrain vague sur lequel la Seine, fréquemment débordée, jetait beaucoup de sable et de graviers; le sol de la place suivant la pente naturelle du terrain, descendait jusqu’à la Seine, ce qui lui avait fait donner le nom de Grève.
Cette partie des Grèves de la Seine fut, dans l’origine, remplacement d’un grand marché ; plus tard elle fut consacrée aux réjouissances publiques et aux exécutions,
S’il est un lieu à Paris témoin d’événements tragiques, c’est assurément la place de Grève. Il n’en est aucun qui puisse offrir de scènes plus dramatiques.
Toutes les fois que l’émeute gronde, à travers l’histoire de ces siècles de sang, elle commence ou elle finit toujours en Grève. Sur cette place de l’Hôtél-de- Ville aujourd’hui si gaie, si plaisante aux regards, entourée de magnifiques édifices, animée par un continuel mouvement dépassants et de voitures, des tor-
rents de sang ont coulé, et elle pourrait être pavée de toutes les tètes qu’elle a vues tomber. Je n’y passe jamais sans émotion, ce nom sinistre évoque tout un sanglant et double cortège de bourreaux et de victimes.
Le Moyen Age connaissait l’art de raffiner la douleur et de varier les supplices. Les hérétiques, les sorciers étaient réservés au bûcher ; les vilains, on les pendait ou on les rouait ; les nobles avaient le privilège de la décapitation. Les faux monnayeurs étaient bouillis. Les Juifs étaient enterrés vivants. La justice considérait l’accusé comme une chair à torture ; on condamnait à mort pour des crimes qui aujourd’hui mériteraient au plus quelques années de prison ; elle repoussait toute commisération, elle ne voulait pas amender, elle ne savait que punir. Dans les causes criminelles, ni les innocents ni les coupables n’échappaient à la question ; on infligeait à tout accusé un luxe effroyable de tortures pour obtenir îles aveux ; l'eau, les strapades, 1rs brodequins, les chevalets, les œufs brûlants glissés sous les aisselles. Cette justice sans merci pèse sur la France du Moyen-Age et de la Renaissance.
Richelieu, Mazarin, Louis XIV L acceptent. Le dixhuitième siècle, malgré les encyclopédistes, ne put jamais la briser. Si telle était la justice clu Parlement et du Roi, on peut imaginer ce que valaient ces justices seigneuriales, prévôtales, ecclésiastiques qui, pendant tant d’années, s’exercèrent sans contrôle.
Une hérétique Marguerite Pourette, commença cette série de supplices ; elle fut brûlée vive sur la place de
DANS PARIS ANCIEN ET MODERNE
Grève. Rappelons quelques-unes des exécutions les plus fameuses. Terrible époque que celle des guerres de religion ! Quelle pâture pour le bûcher!
Anne Dubourg, conseiller au Parlement, lut étranglé et brûlé. Sur la place de Grève est née la fièvre de Saint- Vallier, cette maladie de la terreur de l’échafaud.
Saint- Vallier, père de Diane de Poitiers, à genoux pour être décollé, reçut ses lettres de grâce de François Ier ; il conserva toute sa vie un tremblement nerveux, tellement fut vive son émotion.
Deux gentilshommes, le piémontais Coconas et le provençal La Molle, condamnés pour s’ être mis à la tète de la conspiration dont le but était de faire monter sur le trône le duc d’Anjou aif détriment d’Henri 11, furent décapités en place de Grève. Eléonore Galigay, Maréchale d’ Ancre, sœur de lait de Marie de Médicis, condamnée comme sorcière ; le duc de Montmorency- Bouteville condamné pour avoir bravé l’édit contre les duels qu'avait voulu arrêter Richelieu y furent également décapités.
En 1670 tout Paris s’occupa d’un procès criminel qui fit tant d’éclat que le souvenir s’en est conservé jusqu’à nous.
La marquise de Brinvilliers avait successivement empoisonné son père, son frère, sa sœur; elle avait commis de nombreux avortements. Jamais monstre semblable ne s’était vu. Le jour de son supplice, 10 juillet 1676, une foule énorme encombrait les rues voisines et se pressait sur la place, aux fenêtres, sur les toits pour voir l’empoisonneuse.
Le peintre Lebrun, d’une fenêtre, la dessina dans sa
MPRESSIONS DE VOYAGE
charrette avec le crucifix entre ses mains garrottées; madame de Sévigné, le lendemain, écrivit à sa fille une lettre curieuse dont la première ligne « Enfin c’en est fait, la Brinvilliers est en l’air » fit croire à certains historiens de la Grève que la marquise avait été pendue ; elle fut décapitée comme elle y avait droit par son rang. Madame de Sévigné, lorsqu’elle écrivait « en l’air », voulait dire qu’après la décapitation on avait vu son corps, comme le décidait son arrêt, mis dans le brasier et ses cendres jetées au vent.
Le 28 mars 1757, Damiens, en expiation du coup de poignard dont il avait frappe Louis XY, subit le supplice de régicide, le plus épouvantable de tous : ici la répression devient de la folie. Damiens avait quarantedeux ans ; on le plaça nu sur l’échafaud, lié et retenu par des cercles de fer; on commença par brûler sa main droite; il fut tenaillé aux mamelles, aux bras et aux cuisses, puis on jeta sur ces endroits du plomb fondu et de l’huile bouillante ; on procéda ensuite à l’écartelleinent. Les chevaux ayant été attachés, les tirades furent réitérées avec des hurlements affreux du supplicié ; l’extension des muscles fut incroyable, mais rien n’annonçait le démembrement. Malgré les efforts des chevaux le supplice du patient durait depuis une heure ; les chirurgiens déclarèrent qu’il fallait faciliter les chevaux en coupant les principaux nerfs aux jointures des bras et des cuisses; après plusieurs secousses on vit se détacher une cuisse et un bras ; ce n’est qu’au dernier bras que Damiens expira.
La fièvre d’agiotage qui s’empara de la population durant la Régence grossit la liste des suppliciés de la
DANS PARTS ANCIEN ET MODERNE
Grève. Le comte cleHorne assassina un riche agioteur qui portait sur lui cent cinquante mille francs en billets de banque Law. Le comte de Horne était de famille souveraine, il avait le droit de périr par la hache ou le glaive ; le régent lui refusa cette grâce, il fut roué vif.
Le comte de Lally-Tollendal, général commandant de nos troupes daans l’Inde, fut accusé d’avoir livré Pondichéry. Cette exécution fut une des pires iniquités du règne de Louis X V ; innocent, il reçut le coup mortel en héros. L’opinion publique le Arengoa quatorze ans après. Un arrêt du Parlement prononça sa réhabilitation.
Le 25 juin 1804, il fallut trois charrettes pour mener à l’échafaud Georges Cadoudal et onze de ses complices, condamnés pour avoir voulu assassiner le Premier Consul au moment où il se rendait à l’Opéra.
En 1822, l’exécution des quatre sergents de la Rochelle fut la dernière exécution politique et leur tête en tombant murmurait liberté. Un arrêté préfectoral du 20 janvier 1832 ordonna que l’exécution des condamnés à la peinemapitale se ferait désormais sur la place Saint- Jacques. La place de Grève, disait l’arrêté, ne peut plus servir de lieu d’exécution depuis que de généreux citoyens ont si glorieusement \rersé leur sang pour la cause nationale. L’arrêté rappelait ainsi une date mémorable, la prise de PlIotel-de-Ville le 28 juillet 1830.
On célébrait sur la place de Grève la plupart des grands événements qui touchaient les rois, la nation et le peuple. Un jour on pendait, le lendemain ondan-
sait ' la place était un centre de divertissements. Chansons, saltimbanques, débitants de recettes, cabaretiers en plein vent, nouvellistes de bas étage. C’était presque aussi grouillant qu’au Pont-Neuf ou sur le boulevard du Temple ; la place de Grève n’était pas moins courue et suivie. On y vivait fébrilement. Chaque année avait lien, sur l’ordre delà municipalité et à ses ■ frais, la fête du fende la Saint-Jean ; on élevait sur la place un mât de vingt-cinq mètres de hauteur orné gracieusement de bouquets, de couronnes, de guirlandes de roses, on entourait le mât d’une montagne de fagots. On attachait à l’arbre un panier de fer qui contenait deux ou trois douzaines de chats ; ces chats qui devaient être brûlés rappelaient les sacrifices humains du dieu gaulois Teutatès. Les rois, les reines assistaient à cette fête ; dès que les trompettes annonçaient leur arrivée, le Prévôt des marchands et ses écbevins présentaient au roi une torche allumée et le roi mettait le feu au bûcher. A peine les premiers flocons de fumée s’élevaient-ils dans les airs que des cris de joie retentissaient ; mais lorsque les flammes atteignaient le panier qui contenait les chats, on les voyait bondir et pousser des miaulements effroyables. Le peuple se ruait à ce spectacle et battait des mains, il croyait brûler autant de sorciers qu’on livrait de chats aux flammes. Le bûcher éteint, la foule s’emparait d’un tison que l’on emportait comme un talisman.
Gette coutume est encore en vigueur dans les villages du centre de la France ; la fête du feu delà Saint- Jean était un souvenir des coutumes païennes. L’origine remontait aux époques primitives où l’on célébrait
le solstice d’été en l'honneur du soleil divinisé.
Par une soirée d’hiver un peu Bruineuse je repeuple par la pensée ce coin historique, origine marchande, révolution communale, exécutions horribles précédant ou suivant d’admirables fêtes, des leux de joie, des liais populaires, tout cela me revient à la mémoire. Il me semble qu'il s’élève de là, comme une immense voix dolente, et que laplaintedes morts forme un triste murmure où se mêlent les cris des martyrs brûlés vifs ou de l’assassin mis sur la roue.
Si tous ceux qui ont perdu la vie sur cette place se trouvaient réunis, ils formeraient une assemblée plus nombreuse qu’aucune de celles qui ont assisté à leur exécution. Comme le dit Charles .Nodier « si tous » les cris que le désespoir y a poussés sous la barre et » sous la hache, dans les étreintes de la .corde et dans » les flammes du bûcher, pouvaient se confondre en un » seul, ils seraient entendus de la France entière. »
LE PRÉVÔT DES MARCHANDS AU QUATORZIÈME SIÈCLE, L’HOTEL DE-VILLE ÉTABLI PAR LUS EN PLACE DE GRÈVE
Au moment où surgit Marcel, le grand Prévôt des marchands, la France était près de s’abîmer, elle allait être la proie de l’étranger. Le roi Jean était prisonnier à Londres, la noblesse avait été détruite à Crécy et o Poitiers ; il n’y avait plus de force monarchique, ni de force nobiliaire pour défendre le pays, plus d’armée plus d’argent, plus rien.
Les paysans, les Jacques, écrasés sous la servitude ne sont qu’un troupeau famélique ensauvagé de mi sère, prêt à recommencer au quatorzième siècle 1; guerre des esclaves qui, à une autre époque, avait toi trembler le patriciat romain. Les brigands anglais navarrais, pillent, incendient bourgs et villages, rasen les récoltes ; on ne laboure plus, on ne sème plus, 1 pays est un désert. Qui tiendra pour la France? Ui homme d’hier ; un marchand investi d’un double man dat électif prend sur sa tête, du haut de son comptoir
| de sauver la France. Il sent que Paris à lui seul re- ; présente un royaume, Marcel a pour lui les gens de ii métiers, de travail, c’est-à-dire la plus grande partie ■j de la population, il lèvera une armée dans le peuple ; il pourra lutter contre le roi et contre les nobles.
Il y avait sur la place de Grève une fort belle maison 1 qu’on appelait chez le peuple la maison aux Piliers j qui faisait une rue couverte, elle appartenait au Dau- | phin.
Marcel en fait l’acquisition au nom de la ville, la municipalité aura son Louvre comme le roi le sien, j Marcel s’y installe avec ses ëchevins ; c’est de là qu’il | parle et qu’il gronde ; son activité suffit à tout, Les Etats généraux, dit-il, peuvent seuls donner de l’argent; ils j sont convoqués. Marcel y joue le plus grand rôle, il parle pour tous, car il représente dans la réunion des i villes, Paris qui les domine toutes. Il demande que l’impôt soit prélevé sur les trois ordres ; il a la gloire j d’avoir soupçonné que la France, sinon dans le présent au moins dans l’avenir, n’est ni la nobless-e, ni le clergé, mais la France elle-même, la masse de la nation, celle qui travailla, qui produit, celle qui sent, celle qui pense, celle en un mot que nous avons vue à l’exposition de 89. C’est Marcel qui a deviné le gouvernement représentatif.
Mais Marcel fut abandonné par les villes de France, elles ne surent pas comprendre que sa cause était, la leur, elles résistèrent à ses appels ; leur esprit n’était pas encore ouvert à ce genre de perception ; il échoua dans son entreprise pour avoir voulu faire violence au temps.
Marcel compromit sa gloire par un meurtre exécrable : sur le refus de Charles Y de lui livrer ses deux conseillers odieux au peuple, Jean de Cou 11 an s, maréchal de Champagne, et Robert de Clermont, maréchal de Normandie, il assaillit le Dauphin dans son palais, escorté de trois mille hommes, pénétra dans sa chambre et sous ses yeux fit massacrer les maréchaux, en disant au Dauphin: Ne craignez rien, monseigneur, prenez mon chapeau. Charles Y lui dut son salut, ce chapeau mi partie de bleu et de rouge, aux couleurs de la ville, était le signe de ralliement des partisans de Marcel. Le conseil municipal a fait acte de reconnaissance en donnant son nom à une de ses rues ; la statue équestre en bronze de Marcel se trouve dans le jardin réservé de 1’Hôtel-de-Ville. La’rue Etienne Marcel, avant de porter le nom du célèbre Prévôt des marchands, s’appelait rue aux Ours ; elle tirait son nom des rôtisseurs qui s’yétaientétablis. Elle s’appela longtemps rue aux ous (oies), rue où l’on rôtit les oies ; dans le vieux français l’r final ne se prononçait pas ; ours se prononçait ous.
Marcel, fut massacré à la porte Saint-Antoine au moment où il allait livrer les clefs de la porte au Roi de Navarre. Malgré l’incertitude qui, sur certains points, plane sur le mobile de sa conduite, il n’en reste pas moins une des plus grandes figures qu’on puisse rencontrer dans l’histoire de Paris ; tribun de la France par ordre de date, orateur, il périt à l’œuvre dans son entreprise. Sa courte administration fut marquée par deux faits importants : il donna une nouvelle enceinte à Paris ; il transporta le siège de la municipalité dans
DANS P ADI S ANCIEN ET MODERNE
la maison aux Piliers. L’Hôtel-de-Ville n’a plus quitté Icèt emplacement depuis cette époque. Sous Marcel il
■ y eut une grande chose: une municipalité librement
■ élue, animée d’une forte vie, jalouse de ses droits et de
■ ses franchises, faisant elle-même ses propres affaires. lOn a été bien longtemps, bien des siècles, avant de re- I connaître ce que la tentative de Marcel a vait de juste | et de généreux.
Nous qui jouissons aujourd’hui des bienfaits du gou
Ivernement qu’il avait entrevu, nous saluons ce grand patriote.
L ÉCOLE IY1ILITAIRE, LE CHAMP DE MARS, FÊTE DE LA FÉDÉRATION DU 14 JUILLET 1790
C’est à madame de Pompadour que l’on doit la fondation de l’Ecole militaire où l’on élevait cinq cents gentilshommes ; cette école devint en peu d’années une caserne. Que d’événements divers, que de contrastes sous les fenêtres de cette école ! Le Champ de Mars lui sert d’antichambre ; il était autrefois une garenne appartenant à l’abbaye de Saint- Germain- des-Prés qui, par corruption, donna son nom à toute la plaine environnante ; de garenne on fit Grenelle.
Lorsque les Gaules furent soumises aux Romains, ils élevèrent des temples à leurs divinités, il y en avait sur toutes les collines qui environnaient Lntèce. Le dieu Mars eut le sien sur la hutte Montmartre, de là vint le nom de Montmartre.
Le 14 juillet 1790 Paris fut le théâtre d’une des solennités les plus grandioses dont l’histoire ait gardé le souvenir. Paris convia tous les délégués des communes de France à assister à la solennité commémorative de la prise de la Bastille et à célébrer une non-
I velle ère de liberté. Le Champ de Mars fut choisi pour remplacement. L’Assemblée Nationale décréta cette I fédération. Jamais peut-être rien n’avait plus profon- | dément pénétré dans les entrailles de la nation que cet I appel de Paris à la province.
La dépense fut mise à la charge des localités, on se I cotisa, les riches payèrent pour les pauvres, on don- I nait ce qu’on avait : du pain, de l’argent, des ha- I bits. Toutes les portes étaient ouvertes, on trouvait | dans chaque maison une hospitalité gratuite, toute la : France ne faisait qu’une seule famille, il n’y avait plus t de classe, plus de différence sociale. Un sentiment vrai et sublime de concorde et de fraternité pénétrait toutes I les âmes, on n’avait jamais vu, on ne verra peut-être ! plus un spectacle semblable. Le Champ de Mars était une plaine immense, il s’agissait d’en faire une sorte de bassin, de rapporter des terres tout autour pour en former des talus. Pendant plusieurs mois des milliers d’ouvriers furent employés à ce travail, mais on s’aperçut qu’il rie serait pas terminé à temps, l’inquiétude se répandit dans Paris, la population donna alors un étonnant spectacle. Les citoyens de toutes les classes, de tous les âges, de tous les sexes, dans un prodigieux çlan de patriotisme, vinrent offrir leurs bras. Gardes nationaux, ouvriers de tous les métiers, étudiants, collégiens, séminaristes, académiciens, enj fants, jeunes filles, vieillards, nobles dames, les dames de la Cour mêmes vinrent piocher et brouetter la terre le jour, la nuit, sous la pluie comme sous le soleil. Ce j vaste atelier de deux cent mille personnes présentait ! les plus curieux épisodes ; on voyait attelés au même
MO
chariot un invalide, un religieux, une demoiselle de l’Opéra; de belles et délicates jeunes fdles aidaient à charger et à rouler la brouette; l’immense travail fut terminé en moins de douze jours. Le Champ de Mars eut son terrain nivelé et les talus qui l’encadraient complètement formés. Au centre s’élevait un monumental autel de la Patrie. La cérémonie commença par, une messe solennelle, que célébra Lève (pie d’ Autrui, Talleyrand- Périgord entouré de trois cents prêtres, vêtus d’aubes blanches et de rubans tricolores ; devant l’école militaire de vastes tribunes avaient reçu le roi, la famille- royale, l’Assemblée Nationale, les corps constitués. Lafayette, le héros de cette journée radieuse, aArait été désigné comme chef suprême des gardes nationales de la France. Il monta le premier les degrés de l’autel et prononça le serment solennel : Nous jurons d’être à jamais fidèles à la nation, au roi, de maintenir la constitution décrétée par l’ Assemblée Nationale et acceptée par le Souverain. Le roi jura à son tour. Lafayette lui présenta la cocarde tricolore : le bleu, le rouge représentaient les couleurs de Paris et le blanc la couleur de la Royauté ; ainsi naquit cette cocarde tricolore qui devint nationale et qui devait faire le tour du monde.
Pendant cette cérémonie il régna dans la foule un enthousiasme indescriptible.