LES SQUARES OU LES JARDINS DE PARIS
On ne saurait trop louer clans le nouveau Paris, la création de nouveaux scpiares ou jardins. Grâce à cette innovation le bourgeois de Paris, alléché d’ombre et de verdure, n’est plus condamné à les aller chercher au loin, jusqu’au bois du Luxembourg et au jardin des Plantes ; il a maintenant l’un et l’autre à quelques pas de sa porte, les jeux des enfants n’ont plus exclusivej ment le ruisseau pour arène.
Les squares ont des dimensions fort diverses ; ils sont jetés à peu près dans le même moule, ont des formes allongées, clés allées sablées, une fontaine jaillisssante, une pelouse couverte çà et là de petits masj sifs de fleurs agréablement disposés ; des chaises, des bancs, attendent les promeneurs. Un des plus complets parmi ces jardins est celui du Temple, rien ne lui manque en effet ni les eaux, ni les fleurs, ni les rochers, ni les beaux arbres, les gazons sont superbes ; des massifs d’arbustes à feuilles persistantes rappellent le printemps éternel (ver assicluum) de Virgile.
Les bonnes d’enfants et les nourrices forment la
population des squares la plus assidue ; des légions d’enfants roses y tourbillonnent semant partout, comme des rayons de soleil, leurs frais éclats de rire et leur joyeux babil.
Les Champs-Elysées ont été dotés de magnifiques jardins, autour des cafés-concerts, des Panoramas; les végétaux les plus beaux et les plus rares forment de charmants cadres à ces lieux de plaisir.
Le parc Monceau (le petit mont) occupe remplacement des anciennes Folies de Chartres, magnifique résidence Oréée par Philippe Egalité, en 1778 ; le nom de Folies de Chartres lui vint des sommes folles prodiguées par le Duc d’Orléans pour cette splendide maison de plaisance ; elle devint propriété nationale. Sous le second empire, le parc fut entièrement restauré : ponts, cascades, ruisseaux, pelouse verdoyante et gracieusement vallonnée, massifs de fleurs, frais ombrages, allées sinueuses, tout était à refaire ; on a respecté la grotte formée de rochers amoncelés dans un capricieux désordre. Parmi les grands arbres qui ombragent ce parc, on remarque un superbe géant de la Californie.
Quand parut en Angleterre et en France l’annonce de la découverte de ce Titan des arbres, personne n’y voulait croire, mais on vit bientôt dans le palais de Sydenham un de ces arbres (mammouth), représenté par un tronc de plusieurs mètres de diamètre; il fallut bien se rendre à l’évidence. Restait à dénommer l’arbre, un Anglais l’avait découvert, il était juste de le dédier à l’un des grands noms de l’Angleterre et la nouvelle conquête s’appela Wellingtonia. Cet arbre est
DANS PARIS ANCIEN ET MODERNE
assurément une des plus belles importations végétales de notre siècle.
On ne se lasse pas d’admirer le parc de Monsouris, situé dans le quartier de la Glacière.
La ville de Paris dispose pour la création et l’entretien de ces jardins d’immenses pépinières, elles sont situées sur plusieurs points* notamment à A ut eu il et au bois de Boulogne.
Les parcs et les jardins de Parais sont la joie et l’orgueil de ses habitants.