LA SORBONNE ET LE COLLÈGE DE FRANCE
En 1200, l’abbé Robert, né au village de Sorbon lans le diocèse d’Amiens, prit le nom de son village, ‘t le donna à l’école de théologie qu’il fonda à Paris. |e temps la changea en une école libre de savoir et l’éloquence. La Sorbonne ne fut, dans l’origine, qu’un collège où d’habiles professeurs donnaient gratuitement i des écoliers l’enseignement de la théologie et des irts. Dans ce lieu s’est en quelque sorte synthétisé tout e passé intellectuel de notre pays ; avec le dix-sep tième ;iècle, commença pour la Sorbonne une ère nouvelle. :,e cardinal de Richelieu voulut donner un témoignage le reconnaissance au collège qui l’avait choisi comme protecteur et, frappé de sa vétusté, il le reconstruisit ît l’agrandit. 11 posa la première pierre de l’église en L 653 . Suivant ses volontés dernières, ce fut cà la Sorbonne que ses restes mortels furent transportés. A :’époque de la révolution, dans les jours néfastes où es sépultures furent violées, un des complices delà profanation s’empara clandestinement de la tète du jardinai. Elle changea plusieurs fois de propriétaire,
sans que le gouvernement sût ce qu’elle était devenue Cette précieuse relique fut signalée en 1860 à M. Duruy, ministre de l’ Instruction publique, il 1; reconquit non sans peine. — J’ai pu voir de près à cette époque, toucher avec une indicible émotion, cc qui restait de la tète de Richelieu, ce masque énergique qui avait eu autrefois la vie, sous lequel avaient germé de si puissants desseins. Legrand cardinal pacifia et agrandit la France, honora les lettres et eu détruisant les grandes existences rivales du Trône, lit le premier de l’espace pour les. petits, il reconstruisit la Sorbonne devenue le sanctuaire des Hautes Etudes.
L’inhumation des restes de Richelieu eut lieu en 1860 sous la présidence de M. Duruy et de F archevêque de Paris, monseigneur Darboy.
Guillaume Rude obtint de François Ier en 1529 l’autorisation de fonder le Collège de France, école libre dan* laquelle les étudiants de tous les collèges pouvaient compléter leurs études en écoutant les discours de savants illustres en tous genres. Cette glorieuse tradi tion s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
L’agrandissement du Collège est en voie d’exécu tion, il est entrepris par l’Etat avec la participation d< la ville de Paris. Sa façade se trouve reportée en ali gnement de la nouvelle Sorbonne.