‹ Impressions de voyage dans ParisChapitre 94 sur 129 · L EGLISE NOTRE DAM E-DE-LORETTE, LE QUARTIER BRÉDA, LA LORETTE · texte numérisé non relu

L EGLISE NOTRE DAM E-DE-LORETTE, LE QUARTIER BRÉDA, LA LORETTE

Au point de vue monumental l’église de Notre- Dame-de-Lorette est une œuvre insignifiante, mais elle est si bien parée, si bien dorée, qu’à force de grâce, de charmante coquetterie, elle s’est fait une place et des plus belles parmi les immeubles de la capitale ; on lui a souvent reproché l’exagération de sa coquetterie ; elle est accusée de ressembler beaucoup plus à un boudoir qu’à un temple chrétien.

Vers 1840, deux ou trois ans après qu’on eut élevé l’église, on vit se promener dans les environs, dans le quartier Bréda surtout, de charmantes petites femmes proprettes, coquettes, élégantes, toutes nées d’hier, ayant l’âge des hirondelles, des papillons ; on ne pouvait les classer dans aucun genre connu, ce n’était ni le genre fdle, ni le genre grisette, ni le genre courtisane, ni le genre bourgeois. Un homme d’esprit, M. Nestor Roqueplan, dans un numéro des nouvelles à la main du 20 juin 1841, reconnut que c’était un genre absolument nouveau, une variété de

l’espèce féminine, le produit, de la civilisation contemporaine, il les appela lorettes. Le nom était joli, il fut adopté, mais ce qui le répandit, ce furent les ravages que ces femmes firent bientôt dans la société ; on raffola de la lorette ; pendant de longues années elle a eu ses jours de grandeur. Aujourd’hui son empire est détrôné, elle a émigré un peu partout et l’on peut prononcer le nom de Bréda sans faire sourire les "ens mariés et froncer le sourcil aux belles-mères.

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