LA PORTE SAINT-DENIS ET LA PORTE SAINT-IVIARTIN
La construction de ces deux monuments est une galanterie que l’édilité parisienne fit à Louis XIV. Ces deux Arcs de Triomphe sont deux sœurs presque jumelles, inégales par la taille et par la beauté, nées à la même époque et d’une mère commune : la gloire de Louis XIV.
Si l’on mit plus d’art et de soins à bâtir la porte Saint-Denis, si l’on eut à cœur de lui donner une apparence, plus grandiose, c’est que l’entrée solennelle des rois dans leur capitale, se faisait toujours par la rue Saint-Denis ; c’est aussi parce qu’elle était la plus importante de Paris. On P appelait la grande rue, elle méritait l’espèce de supériorité qui lui était reconnue, par l’animation dont elle était le foyer, par l’immense commerce dont elle était le centre.
Les chroniques de Saint-Denis, Froissard, Christine de Pizan, décrivent les entrées des rois, des reines, des princes, avec les plus curieux détails. Après avoir reçu des hommages de ses sujets et les clefs de la ville, que lui offraient les échevins, le roi à cheval,
la reine en litière, se mettaient en marche vers Notre- Dame au son des cloches, au chant des Te Deum entonnés par la voix retentissante du clergé; ils se rendaient ensuite au Parlement, et mangeaient en public sur la fameuse table de marbre.
Les plus fameuses entrées dont les annales parisiennes fassent mention, sont celle de Louis XIV et de Marie Thérèse à la suite de la paix des Pyrénées, ,et celle dTsabeau de Bavière. La jeune reine, qui devait être le mauvais génie de la France, fut splendidement fêtée. Dans une litière richement ornée, suivie des dames et des seigneurs de la Cour, elle traversa la rue Saint-Denis aux cris répétés de Noël, Noël ! C’était le grand cri d’enthousiasme et de joie populaire ; le mot qui désignait la venue au monde de l’enfant Dieu était devenu, en ce temps de foi, où la vie civile ne se séparerait pas de la vie religieuse, synonyme de liesse, de réjouissance ; sur tout le parcours, on avait improvisé des jeux publics.
La porte Saint-Denis fut élevée en 1672, aux frais de la ville, pour célébrer l’occupation de la Hollande, la gloire de cette étonnante campagne, qui en moins de soixante jours^ fit tomber quarante villes fortifiées et trois forteresses devant les armes du monarque victorieux. La porte Saint-Denis est imposante d’aspect avec ses quatre pyramides chargées de trophées.
C’est en 1674 que fut construite la porte Saint- Martin. L’érection de ce monument est expliquée par l’inscription latine suivante : « A Louis le grand pour » avoir pris Besançon et la Franche-Comté, écrasé les » armées allemande, espagnole et hollandaise. »
Le Prévôt des marchands et ses échevins.
La porte Saint-Martin est un peu mesquine d’ornementations ; des figurations triomphales parent l’Arcde-Triomphe ; de loin on croit admirer des géants soutenant le grand roi, approchez, ce sont des esclaves qui ont les mains nouées et la tête aplatie sous le pied de Louis XI Y.