L’ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS
L’Assistance Publique dispose de ressources considérables, mais qui seraient insuffisantes si elle n’était vaillamment secondée par le concours d’un grand nombre d’institutions de bienfaisance, qui fonctionnent sans' cesse. Lorsque les étrangers parlent de Paris, c’est toujours la ville élégante, joyeuse, aux fêtes splendides, au luxe féerique, aux promenades ravissantes, mais ils ne disent pas, parce qu’ils l’ignorent, que Paris est la patrie de la charité et du dévouement. Pour soulager une misère collective: les victimes d’un incendie, d’une inondation, d’une température anormale prolongée, ou même d’une misère individuelle, les journaux font appel à leurs lecteurs. Tous y répondent avec un magnifique élan ; les partis, divisés dans leur nuance, je le dis à leur honneur, se donnent tous la main sur le terrain de la bienfaisance ; si l’on organise une représentation à bénéfice, acteurs et chanteurs offrent à P envi un concours gratuit. Rien n’est plus touchant que de voir de nobles dames, appartenant à toutes les classes de la société,
aristocratie de la naissance, du rang, de la richesse, consacrer leur temps, leur fortune au soulagement de toutes les misères, et si la source de tant de secours venait subitement à tarir, on n’ose dire dans quel désordre, dans quelle crise roulerait la société. L’Assistance Publique s’est surtout préoccupée des enfants et des vieillards qui sont dans la misère, elle a des hospices pour les deux ; l’extrême enfance, l’extrême vieillesse sont les deux débilités par excellence, les deux âges impuissants.
Un journal, le Figaro, est devenu une sorte de petit ministère de la charité publique et le succès inouï des souscriptions ouvertes par lui pour des calamités publiques, est là pour apprendre à P initiative privée les merveilles qu’elle peut réaliser.