PRÉFACE V
Syra, le Pirée, les Sporades, les Cydades, les côtes le rAsie-Mineure, de la Syrie , de TÉgypte; TAr- ^hipel, les Dardanelles, Const^ntinopley la mer Noire, a Crimée. — Il connaissait tont cela comme Tocéan Vllanlique, comme Tocéan Pacifique, comme la mer les Indes.
Pois il avait écrit sur tout cela ; il avait des manukîrils sur du papier de toute couleur, gris, jaune, bleu ; le tout grain, fin, rugueux, grossier, selon qu'il Ta- ^.lit trouvé à bord du bâtiment sur lequel il était Knbarqué, quand sa provision de papier était épuisée.
Le docteur Maynard avait offert tout cela aux jourlaux, aux libraires.
Las des refus qu'U avait essuyés, il était prêt à eler tout cela au feu.
Le Siècle seul lui avait publié quelques fragments \\T Hobart-Town et les colonies Anglaises.
— Réunissez-moi' tout cela, coordonnez-moi tout :€la, cher docteur, lui dis-je, et je vous promets, moi, lue tout cela sera imprimé.
Remiarquez que c'était une satisfaction personnelle ]ue je me donnais.
Je me réjouissais de lire couramment sur Timpres-
Ti PRÉFACE
sion des récits que j'aurais eu tant de peine à lire mi récriture.
Dès le même jour je jné mis en marche. i
J'allai trouver Girardin, ce roi de lapresse, qu'o^ ne détrône pas malgré les conspirations qui l'entouJ rent, par la simple raison qu'il domine par rintellij gence. î
— Vous me répondez de cela, me dit Girardin. 1 prends quatre volumes.
Et il prit quatre volumes que vous verrez paraîtn incessamment dans la Presse.
J'allai dans deux autres journaux.
— Voulez-vous le Paquebot de Crimée ? :
— Qu'est-ce que cela, le Paquebot de Crimée ? \
— Dame ! c'est un itinéraire de Paris à Sébastopol|
— Par qui?
— Par le docteur Félix Maynard.
— Qu'a-t-ilfait? I
— Deux choses : le voyage d'abord, le livre ensuite.
— Nous ne vous demandons pas cela, nous vous demandons ce qu'il a publié.
•— Rien encore. I
— Alors il n'est pas connu ? I ^—Non.
PRÉFACE Tii
— Alors...
— Quoi?
— Yoos sayez mieux que personne qae l'on ne pu- 3 que des noms.
\jes messieurs sqppellent des noms ceux dont sont nés les trois quarts de leurs feuUletons !
C'est bien poli pour les signataires, (e revins avoc mon manuscrit.
— Eh bien? me dit le docteur Maynard.
— Êtes- vous chasseur?
— Oui.
— Bredouille!
Le docteur se gratta Foreille.
— On ne veut donc pas publier mon Paquebot de imée?
— Ils sont assez bétes pour cela^ mon cher.
— Pourquoi ne le publiez-vous pas, vous?
-Moi! et où?
— Dans le Mousquetaire,
— Mais parce que le Mousquetaire ne peut rien donr, ni argent ni publicité : il a deux mille cinq cents onnës, et fait ii peine ses frais.
— Cela m'est égal, j'mme mieux être publié pour