LE CORSO
La place du Peuple est située au nord de Rome, non loin de l'endroit où le Tibre entre dans la Ville éternelle. De là partent trois rues qui sont comme les artères du quartier le plus populeux de la capitale: celle de droite, la via di Ripettn, longe le fleuve ; à gauche, la via del Babuino se rend à la place d’Espagne et se prolonge jusqu’au Qui-
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rinal ; le Corso s’'avance au milieu, et aboutit à la place de Venise.
Cette partie de la ville comprend l’ancien Camp de Mars, vaste plaine où la jeunesse s’exerçait jadis au maniement des armes et aux rudes travaux de la guerre. La voie Flaminienne le traver-sait sous le nom de Via lala ; elle a été remplacée par le Corso, ainsi appelé à cause ‘les courses de chevaux qui s’y faisaient.
Le Corso, cette grande rue du moyen âge, paraît bien petit auprès des boulevards modernes, et il est beaucoup trop étroit pour les flots de la multitude qui s’y presse. Sur les deux heures avant l’ Ave Muria, ses trottoirs sont encombrés par une multitude tellement compacte, qu'elle doit se répandre au milieu de la rue pour pouvoir circuler. En même temps les brillants carrosses de l’aristocratie romaine l'envahissent; car, à cette
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ren | Sans doute, il se trouve quelques-uns Vie de ces personnages qui S' imaginent être LOL de noble lignée, parce qu’ils peuvent se qui payer le luxe de cette promenade à la ut | mode, sous les regards du premier peutés ple de U univers ! un te, J “oubliais un détail qui a son imporhs -tance à Rome ; c’est celui du chien de Fat compagnie. Il paraît jouer un rôle d’honss neur dans le monde fashionable. Vous le
tte | voyez partout, même au milieu de la fa-
mille dans les voitures de gala. Sur la rue, souvent l’enfant est dans les bras de la nourrice qui précède la mère, et celleei a soin du gentil animal qu’elle tient en laisse ; on avance, on recule, on arrèête suivant les caprices du gracieux quadrupède. Les hommes, de même, qu’on pourrait croire pressés s'ils n'étaient Romains, s’en font les esclaves.
Si l’on entre dans une église, il faut attacher l’animal à la porte. Ce n’est pas toujours facile ; les Romains, qui se montrent toujours d’une grande familiarité avec le bon Dieu, simplifient l'affaire en l’'amenant avec eux dans le lieu saint.
C’est ainsi que, priant un jour dans une église, je fus fort surpris d'entendre des bruits de grelots derrière moi ; je me retournai et j’aperçus u» individu de la race canine que Monsieur retenait tout en priant, et qui, moins recueilli, tournait au bout de sa chaîne et était la cause de
La prison Mumertine 67
ce son étrange qui m'avait d'abord étonné. Le maître n’en avait cure. Sans doute, on serait bien souvent privé de l'avantage de faire une fervente oraison, s’il fallait s'arrêter à tous les détails.