AU COLLEGE CANADIEN
6 novembre. — Depuis plusieurs jours déjà je suis les cours de dogme à la Minerve, et ceux de morale chez les RR.
PP. Jésuites.
Je ne puis me défendre de temps en temps d’un sentiment d'étonnement de me voir, à l’âge de trente-six ans et après dix années de ministère paroissial, assis sur les bancs de l’école, Mais l'étude est de tous les âges, et, en avançant dans la
vie, on comprend toujours de mieux en mieux le besoin qu’on a d’apprendre sans cesse. D’aiïlleurs, je ne regrette pas de m'être éloigné pour un temps du théâtre de mes premiers travaux. Au milieu de tous les soucis que nécessite l’administration d’une paroisse nouvelle, l’esprit se dégage difficilement du tracas des affaires, et se laisse prendre malgré lui à des intérêts qui lui enlèvent de sa tranquillité. Sur le seuil d’une retraite lointaine et paisible viennent expirer tous les bruits du monde, et l'âme peut se renouveler plus facilement dans l’esprit de sa vocation.
La vie réglée et studieuse du Collège canadien, c’est une aimable oasis au milieu des sables arides du ministère ou de l’enseignement.
Eludiants