LE DÔME DE SAINT-PIERRE
De tous les édifices religieux que nous a légués l'antiquité romaine, le Panthéon est le plus artistique et le plus imposant.
Cette immense coupole de cent quarante pieds de diamèêtre, reposant sur des murs
de vingt pieds d'épaisseur, commande encore, après dix-neuf so le respect et l'admiration.
Le Bramante, et, après lui, Michel- Ange firent le projet hardi d’élever dans les airs un Panthéon chrétien, en tout semblable au monument païen. Ildevait être le couronnement et le centre d’un temple en forme de croix grecque. Un portique surbaissé, dans le genre de celui du Panthéon, concourrait à l’effet général en faisant ressortir davantage la gi-
gantesque rotonde.
Malheureusement ce plan d’une majestueuse simplicité ne fut pas réalisé ; on s’en éloigna au moment de construire le portique, cent ans après la pose de la première pierre de l'édifice. Une rallonge de cent cinquante pieds, faite à la nef principale, rejeta la coupole en arrière, et une façade, haute de cent soixante pieds, en masqua le tambour. Voilà
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pourquoi Saint-Pierre ne fait pas tout d’abord jeter un cri d’admiration à l’étranger qui l’aperçoit pour la première fois.
Telle qu'elle est cependant, la basilique Vaticane n’en reste pas moins le monument parexcellence. C’est la plus grande église du monde. Elle couvre une superficie de quatre arpents et demi carrés, et occupe un espace deux fois plus considérable que la cathédrale de Milan ou Saint-Paul de Londres. La nef a six cents pieds de longueur dans œuvre, et près de sept cents avec le portique. Elle se prête merveilleusement au déploiement des pompes religieuses, etaux gran:
dioses démonstrations de la foi catholique, puisque son enceinte permet à plus de soixante mille personnes d’y trouver place.
On jouit d’une vue unique de la € *pole près de la Confession. En la voyant
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s’arrondir à trois cent pieds au-dessus de nos têtes, pareille à un firmament, on éprouve comme une sensation de limmensité, et l’on comprend la parole d’un philosophe impie du siècle dernier : Je crois sous le dôme de Saint-Pierre.
Mais pour se faire une idée plus exacte des proporticas hors ligne du monument, ii faut en faire l’ascension.
Un escalier en colimaçon de cent quaraïte-deux degrés conduit sur le toit.
Chaque marche forme un plan légèrement incliné, et la rampe est tellement douce et large qu’on pourrait la gravir en carrosse. Sur le haut, on découvre les dômes des chapelles latérales, et quantité de petites constructions habitées par des
gardi-ns et des ouvriers. Sur le toit on
dirait un village suspendu, et dans les combles vi-ent plusieurs centaines de personnes chargées du soin de la basilique.
On conçoit, après cela, que les frais d’en-
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tretien de la basilique s'élèvent à la somme énorme de trente-six mille piastres par année.
La façade est surmontée d’une attique que couronnent les statues colossales du Sauveur.et des douze apôtres. Elles sont taillées dans des blocs de marbre de vingt pieds de hauteur.
La vue est déjà belle à cette hauteur ; le regard plonge sur Rome et ses monuments. Mais ce quiattire l’attention, c’est le dôme que nous apercevons près de nous et qui émerge encore de trois cents pieds au-dessus du toit. À cent cinquante pieds du pavé du temple il s'appuie sur des piliers carrés en maçonnerie pleine de cinquante pieds de côté. Le Bramante commença ces piliers ; Michel-Ange banda les arcs qui devaient supporter le dôme.
Nous commençons l'ascension en parcourant les corridors pratiqués dans le
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