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Une grande tristesse se répand sur la terre ; car demain est l'anniversaire de la mort de l'Homme-Dieu. Les temples sont remplis d'un deuil qui pèse comme un manteau de plomb. L’autel dépouillé de tout ornement, découvre aux regards inquiets son tabernacle eutrouvert et vide de l'hôte divin qui l'habite. Cependant, d'une chapelle retirée s'échappe une lueur craintive ; c'est le reposoir. Le pieux fidèle dirige ses pas de ce côté ; il y retrouve son Dieu entouré d'honneur, et il est heureux de déposer à ses pieds les sentiments d’amour et de reconnaissance qui l'animent, L'Eglise, semble partagée entre deux sentiments : sentiments de douleur à la vue de son divin maître.
trahi et livré à ses ennemis ; senti.
ment de joie au souvenir de la sainte
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Eucharistie instituée en ce jour. Le dépouillement des autels et le reposoir en sont les deux signes sensibles.
Cet après midi, en compagnie du R.
P. Corcoran, le vénérable doyen de notre collège, j'ai visité plusieurs reposoirs.
Retraçons l'itinéraire que nous avons suivi, afin de dire un mot de quelques églises dont nous n'avons pas encore parlé.
Nous commençons notre tournée par l’église de Sainte-Suzaune, sur la rue du vingt-septembre, à mi-distance entre la place du Quirinal et la porte Pie. Là vivait la noble Suzanne, nièce du pape Caïus. Demandée en mariage par le fils de Dioclétien, elle refusa les honneurs et les richesses de la cour impériale ; un disciple du Christ était seule ‘capable d’un pareil héroïsme. Convaincue d’être chrétienne elle fut arrêtée, et la maison paternelle fut témoin de son martyre.
coté . den.
Jeudi saint mr ee Lee RS Son père eut le même sort, La demeure où s’accomplit ce double sacrifice fut transformée en église ; elle fut détruite plus tard, et le temple que nous visitons aujourd’hui s’élève sur son emplacement. Les murs sont couverts de peintures et de fresques représentant les principaux traits de la vie de sainte Suzanne, et aussi de la chaste Suzanne de la Bible, L’autel de la confession renferme les corps de la vierge romaine et de son père, et des reliques insignes de sainte Perpétue et de ses sept fils.
A côté de Sainte-Suzanne est N.-D.
des Victoires ; l’édifice octogone, qu’on voit en face, sert de couvent aux religieux de Citeaux. C’est dans la solitude de ce cloître qu’on alla chercher un ablégat pour le Canada. Il n’en faut pas être surpris ; car il arrive souvent que l’âme pure et éloignée de toute duplicité d’un
66 Impressions de voyage PS PR TENTE moine, est plus propre à démêler l’écheveau d’une situation compliquée que l’homme vivant dans le monde et enclin à juger d’après des idées préconçues.
Dom Smeulders est une intelligence d'élite, un esprit droit ; il termine dans la prière une vie consacrée tout entière au Seigneur.
Près de N.-D. des Anges, vis-à-vis de l'élégante fontaine qui lance ses nombreux jets d’eau à plus de vingt pieds dans les airs, nous prenons la voie Natiouale que nous suivons jusqu’à sa rencontre avec la rue du Quirinal sur la petite place de Magnapolis. Là sont les églises de Sainte-Catherine de Sienne et des Saints-Sixte-et-Dominique ; un peu plus loin s'élève celle de Sainte-Agathe.
Un large escalier en pierre nous conduit au Forum Trajan, le plus célèbre après le Forum Romain. Au milieu s'élève la colonne qui recouvre les cen-
Jeudi saint ——— " dres du vainqueur des Daces et que surmontait jadis sa statue. Saint Pierre a supplanté l’empereur ; l'endroit a été bien choisi pour un monument au chef des apôtres, auprès de cette ancienne basilique Ulpienne que Constantin choisit Pour annoncer que le maître dun monde embrassait la religion du Christ.
À notre époque on a creusé les ruines amoncelées du Forum, de sorte que c'est sur une hauteur que nous apercevons deux églises sœurs par leurs dimensions, leurs dômes et leurs vocables.
L’une, consacrée au Saint-Nom de Marie, rappelle la victoire de Sobieski sur les Turcs aux portes de Vienne, alors qu’ils s’apprêtaient à envahir l’ Europe; l’autre, bâtie par l’association des boulangers, s'élève en l’honneur de N.-D. de Lorette.
Nous sommes à un pas de la place de Venise, centre des communications urbaines, où viennent aboutir les princi-
pales lignes d’omnibus et de tramways qui arrivent de la porte Pie par le Quirinal, du pont Saint-Ange par le Corso Victor-Emmanuel, et de la place du Peuple par le Corso. On se propose de prolonger, en enlevant un pâté de maisons, cette dernière rue jusqu’au Capitole qui deviendra alors le point d’attraction de la ville.
Le palais de Venise qui donne sur la place appartenait à la République de Venise ; il est aujourd’hui la résidence de l'ambassadeur d’Autriche, Dans ce bloc immense est enclavée l’église de Saint-Marc qui remonte au IVe siècle.
Le pape saint Marc, qui l’a bâtie, y repose, ainsi que les illustres martyrs persans Abdon et Sennen.
Suivons maintenant le corso Victor- Emmanuel. Presque en partant nous
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longeons le Gésn dont la célèbre façade donne sur la place de ce nom. Cette église remonte aux temps héroïques de la Compagnie de Jésns, au temps des Ignace, des Xavier, des Rodriguez, des Bellarmin, des Borgia, etc. Que de fois les premiers compagnons de l’illustre fondateur espagnol ont prié sur les dalles de ce temple ! Que de pieux personnages y sont venus après eux ! Bien précieux et nombreux sont les souvenirs attachés à ce béni sanctuaire. Dans la chapelle de saint Ignace, l’une des plus riches de la Ville éternelle, on conserve les ossements du saint fondateur ; dans celle de saint François-Xavier, le bras droit de l'apôtre du Japon, et les cinq doigts qui se sont levés si souvent sur les infidèles pour les baptiser et les bénir.
Le Gésu est l’une des églises les plus fréquentées de Rome, l’une de celles où l’on prie plus volontiers. La demi-obs-
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curité qui règne autour de nous aide encore à produire le sentiment mystérieux de la présence de Dieu. Dans les grandes fêtes le luxe des décorations, la splendeur des illuminations, le brillant des draperies qui s’enrouient autour des colonnes se déploient dans le chœur et autour de la nef, attirent les foules. Ce qui se passe à Rome se voit dans tous les pays où il y a des Jésuites.
Partout il s'établit un courant, comme un pèlerinage vers les églises qu'ils desservent ; partout le prestige de la sainteté et de la science, d’une sainteté sévère pour soi-même mais pleine de commisération pour les autres, d’une science aussi sûre dans les principes que condescendante dans la pratiqne, fait de chacune de leurs maisons, l'asile privilégié des pécheurs, des affligés, des hommes a vues droites, et des personnes ferventes.
Qui dira les bonnes œuvres qu’ils ac-
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complissent, le nombre d’âmes que leur pieux ministère fait monter au ciel de toutes les parties du monde !?
Attenant à l’église est le couvent aujourd’hui occupé par les troupes du gouvernement. On y conserve encore la chambre de saint Ignace. Elle est petite et basse ; on a dû élever le plafond pour mettre des cierges sur l’autel.
Les enfants ont hérité de l’esprit de pauvreté de leur père. Entrez dans la cellule de n’importe quel Jésuite ; entre quatre murs blancs vous verrez une table, quelques chaises, un modeste lit ; si vous ajoutez des livres souvent feuilletés, un crucifix souvent baisé, vous aurez fait l'inventaire de la chambre. Aussi, le fils de saint Ignace est-il prêt à partir au premier signal de son supérieur. Il n'apportera au bout du monde que son crucifix et son bréviaire, certain de retrouver à quelque point du globe où
72 Impressions de voyage qd mt nm l’obéissance l’appelle les mêmes objets peu nombreux qu’il laisse à son successeur, et qui suffisent à son ambition.
Les Jésuites ont une autre église sur la place de la Minerve dédiée à saint Ignace. Les chapelles de l’abside, consacrées à saint Louis de Gonzague et à saint Jean Berchmans et possédant leurs dépouilles précieuses, sont surtout célè.
res.
Avant d’arriver à Saint-André della Valle, le chemin se bifurque et forme un îlot. Sur l’embranchement, à gauche, est l’église du Saint-Suaire dite des Piémontais, qui donne son nom à la rue, et celle de Saint-Julien des Flamands. La première ne suffit pas à la foule qui s’y Presse en ce jour. La reine Marguerite, dont c'est l’église nationale, pourvoit à Son Ornementation, et cette circonstance
Jeudi saint SR PT EE explique l'attraction dont elle est l’objet.
A Rome, la principale parure des reposoirs consiste dans les lumières et les tleurs naturelles dont on convre l’antel et le parquet ; les parfums embaument le tabernacle, image du tombeau du Sauveur, et la douce clarté de l'huile d'olive et de la cire d’abeille représente bien les prières des âmes fidèles au pied du tabernacle. On ne voit pas exposés, comme au Canada, les vases sacrés; sans doute parce qu’il n’est pas dans l'esprit de l’église de mettre sous les regards et à la portée de la main des objets qu’on doit réserver pour les cérémonies du culte. Cependant, il semble que des calices et des ciboires renversés sur l’autel peignent bien les tristesses de l'heure présente et rappellent les paroles du prophète Daniel : Z’hostie fera défaut, le sacrifice sera aboli, l'abomina-
Impressions de voyage rom lion de la désolation régnera dans le temple. |
Le Saint-Suaire est l’église nationale des Piémontais ; aussi Victor-Emmanuel l'a-t-il orné de fresques célèbres. Le fait peut surprendre ; mais en Italie on n’est pas impie comme en France. Là c’est l'incrédulité pure, l’absence complète de pratique religieuse, tandis qu’ici on tient à rester de l’Eglise ; on voudrait pratiquer sa religion. Mais le libéralisme a faussé les consciences et imprimé une mauvaise direction aux esprits. On prétend être catholique, mais à sa manière, et sous prétexte de servir ses inté- . rêts, on veut imposer à l’ Eglise ses idées et ses prétentions. Sous prétexte de mieux faire ressortir sa beauté intime, on veut la dépouiller de son manteau royal, et jeter sur ses épaules sans défense les - haillons troués d’une protection platoni-
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ne sn
que ; pour la protéger on veut lui imposer l'égide d’un gouvernement nécessairement variable sinon toujours hostile.
L'erreur moderne a des formes multi.
ples, et s’accommode aux mœurs des peuples ; en [talie que n’a-t-elle fait sous le couvert d’une patrie une / Les catholiques étrangers ne verraient pas d’un mauvais œil une Italie obéissant à un seul maître, unissant ses forces pour repousser l’ennemi commun, mais avec Florence, Milan ou Naples pour capitale, Car Rome est intangible dans le vrai sens du mot; elle appartient à Dieu et à l’ Eglise catholique ; elle est trop grande pour être la capitale d’un peuple resserré sur un coin de terre. Le pape, chef de l’ Eglise catholique, la remplit et ne laisse pas de place à un roi temporel.
Compte-t-on pour peu l’honneur fait à l'Italie d’avoir été choisie pour devenir
le centre de l'Eglise universelle ? Mais pour remplir sa sublime mission, il faut à l’Eglise une indépendance complète des puissances qui se disputent le monde.
C’est ce que devraient comprendre les rois du Piémont qui aspirent à la domination dun royaume d'Italie. Ils pourraient alors se créer une position normale, et porter la couronne sans cesser d’être les fils soumis de l'Eglise. Mais leur . nbition les aveugle, et leur faiblesse en face de sectaires qui en veuleut à l'Eglise elle-même, les jette dans le camp ennnemi. Voilà ce qui doit empoisonner lenr vie et leur rendre le séjour de Rome insupportable.
Un jour que j'allais au séminaire de V’Apollinaire, je fus arrêté par un cordon de soldats qui gardaient les avenues du Panthéon pendant qu’on chantait le service anniversire du roi excommunié Victor-Emmanuel. Humbert son
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fils et son successeur sur le trône usurpé, excomm 16 lui-même, tient à procurer à son ser: lea ;;:10 28 de l'Eglise, et force
les 1Gte3 di sun ‘uaire en obligeant le ne à tirer €: qu'il ne peut em pêcher ]! dit être riste le spectacle de ce Le ms chantée sur le tombeau d'un roi mort 1 dehors de l'Eglise, qui n’a pu avoi, :: prêtre à ses derniers mo-
ments pour le reconcilier avec son Dieu:
lorsque parmi les assistants se trouvent un roi excommunié, des serviteurs de la royauté usurpée pour la plupart excommuniés. Les chants doivent résonner douleureusement au cœur et apporter des sons accusateurs. Des fantômes lugubres doivent hanter l'esprit des assistants.
La reine Marguerite «-pendant n’est pas sous le coup de l’excommunication.
Elle a au Quirinal sa chapelle et son chapelain. Sur la rue, lorsque les pré-
Re 1 tres la rencontrent, à l'exemple de tout le peuple, ils s’inclinent devant la majesté de la royauté, tandis qu'ils refusent toute marque d’honneur et passent la tête haute devant le roi son époux, afin de protester ainsi contre l’usurpation sacrilège de Rome.
De lautre côté de Saint-André, à droite, se trouve la place Navone, célèbre surtout par ses trois fontaines dont l’une est le chef-d'œuvre du Bernin. Elle représente les quatre grands fleuves du monde connu à cette époque, et tombe en cascades d’un amas de rochers dars un vaste bassin de quatre-vingts pieds de diamètre. Sous le règne des papes, il arrivait, au temps de la canicule, qu’on
fermait l’écluse de la place, le soir, en
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a même temps que les issues des vasques étaient bouchées ; le lendemain le cirque agonal était devenu un lac autour duquel les Romains venaient s'amuser et respirer un air moins brûlant.
Le marché des Rois, sur la place Navone, est remarquable par la quantité de hochets de toutes sortes et de pseudoinstruments de musique qu’on y offre en vente. Les intéressés, pour attirer les clients, font un tintamarre capable de torturer les oreilles les plus insensibles à l’harmonie, >
Deux églises donnent sur cette place:
Sainte-Agnès et une autre consacrée au Sacré-Cœur de Jésus.
Laïssons le corso Victor-Emmanuel pour faire le tour de la place : la rue Sediola et la Sapience nous conduisent au palais du sénat, en face de Saint- Louis-des-Français. Cette église renferme un monument, sous forme de
pyramide, en souvenir des Français morts au siège de Rome en 1849 ; auss:, le céuotaphe du brave de Pimodan euseveli dans la glorieuse défaite de Castelfidardo, en 1860.
A l'extrémité ::::4 de la place Navone est l’église Saïut-Apollinaire ; elle a peu d'importance par elle-même ; elle est restée célèbre toutefois parce qu'elle a donné son nom au séminaire diocésain bâti tout auprès.
À quelques arpents de là, l’église Saint- Augustin attire l’attention par son large perron et son portail élevé. On y vénère le corps de sainte Monique ; on l'y transporta d’Ostie, ville qui reçut le der:
nier soupir de l’illustre sainte et posséda pendant mille ans ses restes vénérés. La femme chrétienne, modèle de toutes les mères, est devenue inséparable du fils de ses larmes et de ses prières.
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À l’entrée, vous êtes sûr de trouver à toute heure du jour une foule recueillie agenouillée au pied de la madone si célèbre del Purto de Sanseverino. Cent lumières l’entourent, et elle disparaît sous les pierrerieset les ex-voto de toutes sortes qui la couvrent et descendent sur le piédestal ; mais son plus bel ornement est la piété des fidèles et les marques extérieures qu’ils en donnent. La statue plus grande que nature représente la Vierge Mère portant son divin fils dans ses bras ; elle a été couronnée en 1340, en actions de grâces de la délivrance de la ville, C’est ici qu'est le centre de l’archiconfrérie des Mères chrétiennes.
Les étudiants y viennent aussi en grand nombre, dans le laborieux travail de la préparation à leurs examens, pour demander le succès,
Saint-Augustin possède une fresque célèbre de Raphaël représentant la figure inspirée du prophète Isaïe. Elle a été reproduite en mosaïque ; l’œuvre a deux pieds de longueur sur deux et demi de largeur ; trois ouvriers y travaillèrent pendant six ans et son coût fut de deux cent mille francs.
La coupole est la première qu’on a élevée dans Rome.
Attenant à l’église est le couvent des Augus:ins qui renferme la troisième bibliothèque de Rome. Avec ses cent mille imprimés et ses trois mille manuscrits elle vient après celle du Vatican et celle des Dominicains à la Minerve, dont l'une possède cent mille volumeset vingt mille manuscrits, et l’autre, deux cent mille volumes et mille manuscrits.
En gagnant le Tibre, on rencontre Saint-Antoine des Portugais, et Saint- Yvon, construit en forme d’abeille, en
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l'honneur du pape Urbain VIII qui avait cet iusecte dans ses armoiries.
On pourrait ainsi, allant d’une église à l’autre, parcourir Rome en tous sens.
C’est un jardin émaillé des églises les plus variées par leurs formes et leurs destinations.
Revenons par le côté est de la place Navone, en suivant la rue de l’Anima où nous rencontrons d’abord l'église de ce nom. Un caractère qui la distingue, c’est qu’elle nous apparaît à l’intérieur beaucoup plus grande qu'elle ne l’est véritablement ; cette particularité est due à son architecture capricieuse et unique en son genre, C'est l’église des Allemands. On a remarqué sans doute comme toutes les nations ont à Rome, leurs églises desservies par des prêtres du pays, où les instructions se donnent dans la langue maternelle. Autrefois il y avait toujours un couvent pour
les pèlerins, et les infirmes et les malades y trouvaient un refuge assuré.
C'était une petite patrie dans la patrie commune des fidèles, avec les usages, les mœurs et les traditions du pays ; on était chez soi sur ce petit coin de terre perdu dans la Ville éternelle. Rome apparaît comme une mosaïque composée des pierres les plus diverses, mais dont le merveilleux assemblage offre un coup d’œil admirable aux yeux de la foi.
Le mouvement des nations vers la ville des papes s’accentue toujours davantage ; aujourd’hui, plus que jamais, elles sentent ‘le besoin de se grouper autour du chef commun des fidèles, et de chercher un asile à l'ombre de la basilique de Saint-Pierre.
La musique religieuse de l’immortel Palestrina qu’on exécute à l’ Anima, attire les foules avides d’entendre cette composition si simple et si sublime à la fois.
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Tout à côté est l’église de la Paix. Le génie l’a marquée du sceau de l'immortalité. Toujours on y viendra admirer le tableau des sibyles de Cumes, de Perse, de Phyrgie et de Tibur, dû au pinceau de Raphaël.
Les nouveaux mariés de Rome ont l'habitude, le lendemain de leurs noces, d'entendre la messe dans l’église de la Paix.
Sur la place de Pasquin est l’ église des Agonisants, et, avant de déboucher sur le cours Victor-Emmanuel, on trouve une église consacrée à saint Pantaléon qui remonte au XIlle siècle et fut d’abord desservie par des prêtres anglais.