‹ Impressions de voyage [microforme]Chapitre 22 sur 30 · TIVOLI, MONTAGNES DE LA SABINE · texte numérisé non relu

TIVOLI, MONTAGNES DE LA SABINE

22 avril. —Les monts Apennins se détachert des Alpes près de Gênes pour commencer leur course à travers la pé ninsule italienne, En passant devant Rome ils élévent jusqu’à cinq mille pieds

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leur front chargé de nuages, comme pour rendre hommage à la reine des cités ; puis ils s’abaissent sensiblement du côté de la Campagne romaine, un peu au nord des monts Albains qui semblent monter la garde aux portes de Rome, et forment les montagnes de la Sabine,

ainsi appelées du nom de leurs premiers habitants, |

C’est au pays des Sabins que nous sommes allés aujourd’hai. Nous étions de notre groupe messieurs les abbés Cinq-Mars, Nadeau, Plaisance, Lapointe, Lachance, Lortie, Kirouac et moi-même, de Québec, M. l'abbé Elie Auclair et le Dr Rivet, de Montréal.

Le soleil brillait dans un ciel pur lorsque nous prîmes le tramway à vapeur ; la joie était dans la nature comme dans les cœurs ; tout annonçait une belle journée.

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Nous eûmes vite atteint la villa d’Adrien.

C’est ici que cet empereur romain voulut se reposer des fatigues de la vie et des soucis du pouvoir.

Il entassa sur ce coin de terre tous les chefs-d’œuvre recueillis dans ses voyages à travers le monde, en Grèce et en Egypte Surtout. On muiltiplia tellement les richesses artistiques dans cet espace de quelques lieues, qu'après avoir été pillées plusieurs fois par les barbares, après avoir, pendant des siècles, fourni des matériaux de construction aux églises et aux palais de Tivoli, elles remplissent encore les galeries et les musées de Rome d'une foule de merveilles, De nos jours les fouilles se cortinuent Sous la surveillance du gouvernement qui a acheté la . Villa Adrien de la famille Branchi en

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La villa impériale représentait en miniature le monde alors connu ; chacune de ses parties portait le nom d’une portion du globe, qu’elle reproduisait aussi exactement que possible. Pour arriver à cette conformité surprenante, on creusa des vallées, on éleva des collines, on reñferma des mers dans de vastes bassins, on créa des forêts où les animaux sauvages bondirent en liberté.

Mais qu'est-ce que l’homme? Ses projéts s’évanouissent comme la fumée et ses œuvres passent rapidement. Au moment où le maître tout puissant se disposait à jouir en paix de ce petit univers aux portes de Rome, un germe fatal se déposait dans son sang qui l’enleva bientôt à tous ses rêves de bonheur.

Adrien dut jeter un regard de désenchantement bien amer autour de lui, lorsqu'il lui fallut quitter le lieu de ses

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rêves, ce paradis terrestre qu’il laissait à d’autres. Heureux si, au milieu de ses tristesses et de ses regrets, il a songé au compte qu’il devait rendre de son admi.

nistration au Dieu qui scrute les cœurs et sonde les reins !

La villa Adrien nous apparaît comme un champ abandonné ; à peine quelques ruines s’y laissent apercevoir.

Nous sommes à six lieues de Rome et trois milles nous séparent de Tivoli. Le trajet se fait joyeusement, et notre gaîté est si communicative que des personnes d’origine anglaise que nous ne connais- SORS Pas se mettent de la partie et chan.

tent avec nous l’ Alouette et le Brigadier.

La ville de Tivoli (le Tibur des anciens), plus ancienne que Rome, est l'attrait des montagnes de la Sabine.

C’est la ville aux chutes pittoresques, aux cascades et cascatelles. L’Anio, qui la traverse, semble se plaire à s’élancer

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de toutes parts, à bondir pour s’élancer encore comme en se jouant ; il se cache sous terre et sort de sa retraite inopinément pour faire des sauts périlleux et dérouter les curieux qui veulent sur-

prendre ses courses.

Il y a là tout un fouillis de cavernes, de grottes, de sentiers, de terrasses champêtres, de charmilles touffues, et de bosquets charmants ; c’est un véritable labyrinthe où l’on ne s’avance qu'avec crainte parce qu'on risque de s’égarer ou de recevoir des douches d’eau froide inattendues.

Nous avions pour guide un enfant intelligent comme les Romains savent l'être à cet âge, aux yeux noirs perçants, à la figure expressive. Il joua son rôle de cicéroné à merveille et nous fit prendre le nôtre au sérieux lorsqu'il exigea le prix de ses services, Nous lui don-

Impressions de voyage mu ee nâmes la moitié de ce qu’il nous demandait, et il fut g'assement payé, Il me semble encore le voir au milieu de nous tous, élevant la tête et la voix Dour parvenir jusqu’à nous, et répondant avec aplomb à nos qnestions. Il était à nous montrer des morceaux d’arbres pétrifiés dont il y a des montagnes ici, à nous faire remarquer les veines du bois, les racines et les feuilles ; il nous faisait remarquer de ces arbres en voie de pétrification Pendant ce tem ps M, l’abbé Cinq-Mars, assis sur un banc un peu à l'écart, examinait cette scène :

** Savez-vous, dit-il, en se tournant tranquillement de notre côté, à quoi je songe en ce moment. Il me semble voir l’Enfant Jésus au milieu des docteurs de la Loi et des Pharisiens, ” Tibur est la ville des souvenirs classiques ; elle fut le séjour favori d’Horace, de Properce et de Catulle, Les gens

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d'esprit s’y donnaient d’aimables rendezvous. Mécène y avait son palais où il s’entourait des intelligences d'élite d3 la capitale, des gens de lettres qu’il encourageait de sa protection et de ses deniers.

C'était aussi le séjour favori d’ Auguste.

Nous primes le diner dans la villa Grégorienne ; il y avait du macaroni, le plat national sur la terre d’Italie, et quelques truites des chutes de Tivoli ; le tout assaisonné de la plus franche gaîté. Nous nous amusons à la canadienne, mieux encore, à la québecquoise.

L:s traits d'esprit sont nombreux, et aucun ne manque son ut, grâce à la bonne volonté des convives. A la table voisine un "“onsieur et une dame paraissent nous regarder avec étonnement ; notre langage et nos manières dénotent, il est vrai, une origine française, mais laissent soupçonner en même temps que nous ne venons pas de France.

Ne quittons pas Tivoli sans donner un Souvenir d’admiration à son illustre citoyenne sainte Symphorose, et à ses Sept fils Veuve d’un martyr, cette pieuse femme vivait dans la solitude,

tout entière au soin de servir Dieu et d'élever sa famille.

Un jour elle est mandée auprès de l’empereur. On voulait faire la dédicace d'un . :mple, et les aruspices, refusant de parler devant les entrailles fumantes des victimes, jetaient toute la responsabilité de leur silence sur la chrétienne Symphorose. En face du puissant Adrien qui voulait lui faire renier sa foi elle resta inébranlable : les promesses, les Menaces ne purent rien sur elle ; et, Spectacle digne du ciel ! on vit cette mère sacrifier la vie de tons ses enfants et Ja

sienne propre plutôt que d'offrir nn encens idolâtre,

Subiaco

C naganisme ! pendant les quarante siccles qu'a dr,” ton dur et avilissant esclovage as tn 6 + témoin d’un pareil héme / Où na, le faux ne produit pas a ur du our sacritice, tandis qu’elle sort na'n-vilerment de la tige de la vérité que le Christ à apportée à la terre,

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