SUBIACO
L’Anio, qui traverse Tivoli et va se jeter dans le Tibre non loin de Rome, prend.sa source dans les montagnes de la Sabine. Il descend avec impétuosité des hauteurs et se précipite dans des gorges profondes. C’est là qu’autrefois vint chercher un refuge contre les séductions du monde un noble patricien nommé Benoit, li était jeune ; sa naissance, ses talents lui ouvraient un brillant avenir, mais la corruption de la jeunesse des universités l'avait dégoûté de la vie du siècle, et il avait décidé
d’ailer s'ensevelir dans une retraite lointaine et profonde,
Genazzano
vrai que c'est au pays des Sabins que l'Ordre bénédictin a son berceau.
Subiaco possè le trois maisons de l’ordre ; la première, fon lée en 53, est la .
grotte même où le jeune patricien voulut 4 s'ensevelir avec toutes ses espérances humaines, le sagro-speco, témoin des sacrifi es les plus purs du futur patriarche des moines d'Occident.
GENAZZANCO.
Au sud de Subiaco et à l’est de Frascati se trouve Genazzano. Ce village attire les pèlerins qui veulent. vénérer l’image miraculeuse de Notre-Dame-du- Bon-Conseil.
C'était le 25 avril 1467, sur le soir ; le peuple de Subiaco était rassemblé à l'heure des vêpres sur la place de l’église. Tout à coup les cloches se mettent à sonner sans que personne soit là
.+ pour les ébranler. On s’étonne, on court
vers l’église. © miracle ! tous peuvent apercevoir contre la muraille une pein.
ture qu’on n’a jamais vue, et qui se ‘tient dans l’espace sans point d’appui d'aucune sorte. ::'je représente la sainte Vierge avec l'Enfant-Jésus, tous d’eux d’une ressemblance parfaite. La mère porte sur son bras son fils qu’elle contemple avec amour ; l'enfant s'attache affectueusement de ses de: bras à son Cou ; son regard un peu inquiet est fixé sur le visage très doux mais un peu triste de sa mère, Toutes les grâ ces et toutes les vertus se retlètent sur ces deux figures : c’est une vision céleste,
La nouvelle de l'apparition miraculeuse se répand dans les environs ; on vient la voir de Partout. Parmi les pè.
lerins se trouvent deux étrangers établis à Rome depuis peu. La vue de l’image les transporte de joie. Ils la contem-
Genazzano 175
plent en versant des larmes, et font aux habitants du pays le récit suivant :
‘6 Lu peinture que vous voyez était honorée de temps immémorial dans une petite chapelle de Scutari, en Albanie, notre patrie. Nous étions nous-mêmes attachés à la garde de son sanctuaire.
Or, un jour que nous étions en prière devant elle. nous la voyons se détacher de la muraille, s'élever dans les airs et s'éloigner dans une nuée transparente du côté de l'Occident. Nous nous mettons à la suivre, et nous marchions sans éprouver de fatigue. Nous arrivons à la mer Adriatique ; nous continuons à avancer, les yeux fixés sur l’ Apparition aérienne, et les eaux s'affermissent sous nos pas. Nous allons ainsi jusqu'aux portes de Rome où l’image disparaît.
Nous restons tristes, et nous ne pouvions nous consoler. Lorsque nous avons entendu parler du miracle de Genazzano,
panne aminmn a EE nous sommes venus, et voilà que nous retrouvons Notre-Dame de Scutari ; c'est bien elle. Nous ne voulons plus nous en séparer ; nous Sommes maintenant des vôtres ; c’est ici qu'avec nos families ROUS voulons vivre et mourir. ”’
La translation de l'Image miraculeuse était providentielle ; Dieu avait voulu la soustraire, comme la maison de Lorette, aux profanations des disciples de Mahomet, qui s'emparèrent bientôt de cette contrée. .
La muraille, où l’on voit encore l’I- Inage se sontenir par miracle, appartenait à une très ancienne église paroissiale des Augustins, dédiée à N otre- Dame du Bon Conseil. Ce titre resta à l’image miraculeuse, qui l’a rendu célèbre par tout l'univers,
Le rer ere Éd
Courses à travers La ville