I. Les Mi-iitrcs i1\ïiitref()is
l/lPHTGÉNME EN TAURIDE
devoir reconnaître que c'est à lui que j'en suis redevable, puisque c'est lui qui m'a mis à la porte'e de développer les ressources de mon art • ^>. Guillard n'aurait pas eu droit à de moindres e'ioges. Pour la composition, pour Tide'e et le sentiment ge'ne'ral. pour le fond en un mot, sinon pour la forme, la poésie et le style, son Iphigénie en Tauride n'est pas inférieure à celle même de Goethe. Gœthe a permis que Thoas, le tyran de Tauride, aimât Iphigénie. Le dramaturge français ne l'avait pas voulu. Son héroïne est la plus pure: elle ne sait que ressentir la pitié sans inspirer l'amour.
Orphée, et surtout Iphigénie en Tauride^ c'est notre tragédie raciniennc accrue, exhaussée encore de tout ce que la musique coniporte de beauté. Mieux vaut décidément entendre parler de la « divine Iphigénie » que de » la demoiselle de l'usine, « comme dans les livrets de M. Zola. « Noble Gluck, héros exceptionnel, h disait Hoffmann. Si Carlyle avait écrit un chapitre sur le héros musicien, à côté de Beethoven il y aurait nommé Gluck. Un mort d'hier, que regreiie-
I. Cite par M. Julien Ticrsot dans la préface de la grande partition d'Orphée (édition Pclletan).