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DEUXIÈME PARTIE

L étuve la plus pratique, la plus facile à conduire est celle de M. Voirin fig. 5 : elle se compose d'une grande caisse oblongue, divisée dans sa hauteur par une sépa-

Fig. 5.

ration iixe: celle-ci étant formée d'une tôle épaisse, sur laquelle on étend une couche de sahle lavé de lcm d'épaisseur environ, recouverte elle-même par une tôle mince. Au-dessous, se placent les appareils de chauffage ; rampe à gaz ou fourneau à pétrole à réservoir séparé, et que l’on désigne dans le commerce sous le nom de l'Econome.

Le chauffage au gaz est de beaucoup le meilleur, celui au pétrole est plus difficile à conduire.

On peut encore employer des lampes à alcool; en brûlant des alcools dénaturés, la dépense est peu élevée et Ton évite tous les ennuis du pétrole. Il faut seule ment disposer les lampes d'une manière particulière, afin d'éviter une évaporation trop rapide de l'alcool sous l'action de la chaleur de l'étuve, ce qui donnerait un chauffage trop fort. Voici comment il convient d’opérer dans ce cas : on place dans la chambre de chauffe de l’étuve quatre, six ou huit lampes à alcool grand format, suivant les dimensions de l’étuve, et on les répartit de façon à laisser entre elles des espaces égaux. Sur chaque lampe on fait tenir un morceau de carton épais d’un diamètre double de celui du corps de la lampe, de façon à protéger le réservoir d’alcool contre la chaleur qui lui serait envoyée par la plaque de tôle qui ferme en haut la chambre de chauffe. Pour faire tenir ces écrans de carton, on percera au centre de chacun d'eux un trou dans lequel passera le porte-mèche.

Avec ce mode de chauffage, on doit ouvrir à moitié la planchette latérale qui ferme la chambre de chauffe ; elle est représentée ainsi dans la fîg. 5.

Au contraire, lorsqu’on emploie ie gaz, cette planchette doit être fermée complètement; il en sera de même avec les fourneaux à pétrole à réservoir extérieur.

Si l’on ne pouvait se procurer de fourneaux de cette espèce, et si l’on usait d'un modèle à réservoir inférieur, il serait indispensable de faire plonger ce réservoir

dans une cuvette pleine d!eau. Sans cela, il serait fort difficile de régler le chauffage : le pétrole s’échauffant dans l’étuve se vaporiserait trop vite, et arriverait à la mèche en quantité trop grande par rapport à l’air que donnent les trous d’appel, la flamme fumerait et gâterait tout.

Au-dessus de la chambre de chauffe, l’étuve est munie de deux règles fixées à demeure contre les deux grands côtés de la boîte, et sur celles-ci glissent librement des traverses munies de vis de calage sur lesquelles porteront les plaques gélatinées ( fîg . 6). Le devant de

Fig. 6.

l’étuve porte une planchette mobile qui peut se rabattre en bas et permet de passer la main pour faire mouvoir les vis de calage lorsqu’il s’agira de niveler les plaques. Au centre de cette même face, une fenêtre garnie d'un verre jaune permet de voir à l’intérieur : derrière ce verre, se place également le thermomètre qui servira à régler la température de l’étuve. Un couvercle à charnière ferme le tout.

Il convient de placer cette étuve sur une table assez basse, ou sur de petits tréteaux, de telle sorte que les

plaques portées par les vis de calage se trouvent à une bonne hauteur pour les couvrir facilement de gélatine; il faut donc éviter de l’élever trop.

Avant toute opération, on essuiera avec un linge humide, ou bien avec un gros pinceau, humide également, tout l’intérieur de la chambre supérieure de l’étuve, de façon à enlever la poussière; puis on allume la lampe à gaz, ou les lampes, afin d’élever la température de l’étuve à 30° environ. Ceci demande un certain temps à cause de la couche de sable interposée.

Pendant ce temps, on met en place les plaques à préparer; à l’aide d’un niveau à bulle d’air et en faisant mouvoir les vis de calage, on met très exactement de niveau chaque plaque. Quand cette opération est faite, on ferme le couvercle et on laisse la température s’élever au degré voulu, 30°.

A ce moment, on peut procéder à l’étendage de la gélatine bichromatée, qui a été soigneusement filtrée à l’avance et qui est toujours maintenue à la température voulue dans l’appareil à bain-marie. La plaque chauffée est époussetée avec un blaireau afin d’éliminer toute trace de poussière, condition indispensable pour éviter des grains au tirage. Avec une cuillère en verre ou en porcelaine, ou bien avec une capsule à bec en porcelaine ou mieux en verre trempé, on prend la quantité voulue de gélatine pour recouvrir une plaque, soit de 6CC à 7cc par centimètre carré, et l’on verse cette gélatine sur la plaque toujours placée dans l’étuve. On commence par verser dans le haut de la plaque la moitié environ de la gélatine, en évitant de produire des

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bulles d’air; avec le doigt on étend la gélatine, on la conduit jusqu’au bord de la plaque en évitant de laisser des espaces vides ; en même temps que l'on procède à cet étendage, on verse doucement dans le bas de la plaque ce qui reste de gélatine dans la capsule, et l’on égalise la couche avec le doigt. Avec un peu d’habitude, on arrive par ce moyen à produire une couche très régulière et en très peu de temps; le point important est que toute cette opération se fasse sans temps d’arrêt.

On passe sans attendre aux plaques suivantes et, quand l’étuve est remplie, on examine de nouveau chaque couche, et, si l’on aperçoit quelques bulles d’air, on cherche à les faire partir en les piquant avec une aiguille. L’étuve est fermée en abaissant doucement le couvercle, afin d’éviter de faire voler les poussières, et l’on élève la température à 40°.

Le séchage ne doit pas s’effectuer trop vite, les couches manqueraient de solidité; quatre heures sont en général nécessaires pour obtenir de bonnes surfaces.

Pendant toute la durée du séchage, il faut s’attacher à maintenir la température de l’étuve au même degré, sous peine de voir les plaques se couvrir de zones inégales. Sous aucun prétexte il ne faut ouvrir le couvercle de l’étuve; enfin l’on évitera de produire des courants d’air dans la pièce où s’opère le séchage, en ouvrant brusquement une porte, par exemple.

Au bout de quatre heures, on examine par la fenêtre jaune de l’étuve l’état des plaques; si elles paraissent brillantes, unies dans toute leur étendue, le séchage

est- terminé; on éteint le foyer de chaleur et on laisse refroidir l’étuve sans l'ouvrir.

Le plus ordinairement on prépare les plaques le soir; elles refroidissent dans l'étuve pendant la nuit et le lendemain matin elles sont prêtes à être insolées,

Procédé sur verre.

Les premiers essais de Phototypie sur verre ne donnèrent pas de bons résultats; la couche de gélatine n’adhérait pas suffisamment, malgré le dépolissage du support, et elle s'enlevait sous l’action du rouleau.

Albert de Munich tourna la difficulté en interposant une couche préalable très mince d'albumine bichromatée insolée au dos : sous l'action de la lumière, l'albumine devenait insoluble et, en même temps, elle contractait une adhérence très grande avec la surface dépolie du verre.

Obernetter, à son tour, simplifia ce procédé en formant cette couche préalable de silicate de potasse mêlé à une solution très étendue de gélatine : on remplace celle-ci dans la plupart des ateliers par de la bière.

Le procédé devenu ainsi pratique donne d'excellents résultats : les dalles de verre sont plus faciles à caler sur la presse que les planches de cuivre, aussi sontelles employées exclusivement dans les tirages industriels. Pour l’amateur, elles ont aussi leurs avantages : elles coûtent moins cher que les plaques de cuivre, mais, à notre avis, elles ne doivent pas être employées exclusivement : la plaque de cuivre donnera toujours des

images extrêmement fines, et les couches sont d’une solidité à toute épreuve ; nous reviendrons, du reste, sur cette question.

On trouve dans le commerce, et particulièrement chez Demaria, 2, rue du Canal- Saint - Martin, des dalles de verre spécialement destinées à ce procédé; elles mesurent de lcm à 2cm d’épaisseur, suivant leurs dimensions. Les faces sont dressées, et l’une d’elles est dépolie ; les angles sont abattus afin d’éviter de déchirer le papier lors du passage à la presse. Toutes ces opérations, dressage, dépolissage, biseautage, sont faites mécaniquement et l’amateur n’a pas à s’en préoccuper; mais il faut de temps en temps restaurer le dépolissage. Cette opération se fait comme le grainage des plaques de cuivre f1), mais, au lieu de sable, on emploiera de l’émeri dit 20 minutes et l’on se servira d’une large molette de verre; on lave en s’aidant d’une éponge et l’on fait sécher. Le nettoyage au caoutchouc est inutile.

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