CITA P. I
Albumine bichromatèe.
Voici la composition de la couche d’albumine, suivant que celle-ci doit être séchée à l’air libre ou à l’étuve.
Eau 150"
Albumine 100"
Bichromate de potasse 5^'
Ammoniaque 50oc
Les blancs d’oeufs et l’eau sont mélangés et battus on neige; dans le Jiquide qui se dépose au-dessous de la mousse produite par le battage, on ajoute l’ammoniaque, puis le bichromate pulvérisé ; on filtre deux fois au papier blanc.
Cette albumine bichromatèe ne peut se conserver en bon état au delà de quatre ou cinq jours; trop vieille, elle ne donnerait plus une adhérence suffisante, mais, trop fraîche, elle manque d’homogénéité; il faut donc la laisser reposer cinq ou six heures avant de s’en servir.
On prend une dalle nettoyée, on enlève toutes traces de poussière avec un blaireau et l’on verse sur la face dépolie une quantité d’albumine bichromatèe suffisante pour la couvrir largement. On rejette l’excédent du liquide et, après égouttage de quelques instants, on étend une nouvelle couche ; on égoutte et l’on fait sécher à l’air libre en posant la dalle sur un chevalet; le séchage se fera dans l’obscurité ou du moins dans une pièce éclairée par un verre jaune.
Le point important est d’éloigner les poussières ; on aura donc soin d’opérer dans une pièce arrosée, et l’on évitera les mouvements trop brusques qui feraient voler la poussière qui couvre toujours les habits. Pour plus de sûreté, on pourrait se couvrir d’une longue blouse de toile, vigoureusement secouée à l’avance et tenue dans une pièce ou une boîte humide, ainsi que le font les préparateurs de plaques à l’albumine.
Quelques praticiens, pour faciliter l’extension de la couche d’albumine sur le verre dépoli, frottent au préa= labié cette surface avec une éponge imbibée d’eau aim moniacale.
Séchage a Vètuve. — La couche d’albumine doit contenir plus d’eau que dans le cas de séchage à l’air libre.
Eau 200 cc
Albumine 100 cc
Bichromate de potasse 55r
Ammoniaque 50 cc
Les dalles sont mises dans l’étuve et celle-ci chauffée à 30°. Quand la dalle à préparer a atteint cette température, on la porte sur un pied à vis calantes ( fig . 7) préalablement placé dans une grande cuvette en porcelaine. Au moyen d’une éponge imbibée d’eau ammoniacale, on mouille la surface dépolie et, sans attendre, on verse une quantité d’albumine bichromatée assez grande pour recouvrir d’une nappe continue la surface entière. S’il se produit des bulles d’air, on cherche à
CHAP. I
les enlever en les entraînant vers les bords au moyen d'un pinceau effilé; on place alors la dalle dans l’étuve
Fig. 7.
et l’on fait sécher sans élever la température au delà de 30°. Une heure suffit ordinairement.
doutes ces opérations doivent être faites rapidement, sans hésitations, afin d’éviter des inégalités dans cette couche préalable.
Insolation. — Que l’albuminage ait été fait au chevalet ou à l’étuve, l’insolation se fera de même façon lorsque la couche sera complètement sèche.
On étend sur une table placée au grand jour, lu-
mière diffuse, bien entendu, un drap noir sur lequel on dépose les glaces albuminées face, en dessous. Au bout de dix à vingt minutes d’exposition, suivant l’in-
Fig. 8.
tensité de la lumière, l'insolation est suffisante; elle ne doit pas être poussée trop loin et il faut que la surface libre de la couche d'albumine soit légèrement soluble, afin que la couche de gélatine fasse bien corps avec elle. On peut se rendre compte de la marche de
l’insolation en essayant le degré de solubilité de cette surface. On relève la dalle et l’on frotte un coin de la couche avec le doigt mouillé de salive ; il faut que celle-ci ne soit ni entièrement soluble, ni absolument insoluble; elle doit coller très légèrement.
Lorsque l’insolation est au point voulu, on porte de nouveau les plaques dans l’étuve et l’on procède à la préparation de la couche imprimante.
On peut aussi conserver ces dalles insolées pendant quelque temps en les enfermant dans des boîtes à rainures (fig. 8). Il faut seulement, dans ce cas, laisser agir la lumière moins longtemps, car son action se continue même dans l'obscurité, et une insolation complète pourrait amener un manque d’adhérence suffisante entre les deux couches.
Silicate dépotasse.
Silicate et bière. — On mélange, au moment de préparer les dalles :
Silicate de potasse sirupeux 50 cc
Bière légère 150
On filtre deux ou trois fois au papier.
On recouvre les dalles de ce liquide comme nous venons de l’indiquer pour l’albumine bichromatée. Le séchage à l’étuve est préférable, car on évite alors plus facilement les poussières et, comme il n’est pas besoin d’insoler cette couche préalable, on peut procéder, aussitôt le séchage terminé, à la préparation de la couche imprimante.
Silicate et albumine. — Si l’on n’avait pas de bière sous la main, on la remplacerait par la solution suivante :
Eau 45 cc
Albumine 25
Silicate de potasse 8fC
Il serait difficile de dire quelle est la meilleure des deux méthodes que nous venons de décrire. Dans les grands ateliers on a mis complètement de côté l’albumine, sans doute pour éviter des manipulations plus longues que celles que demande le silicate de potasse.
Mais, lorsque l’on tient à obtenir la plus grande adhérence possible, les couches à l’albumine sont préférables. Ce sont celles-là qu’il faut employer si l’on use de gélatines molles pour la préparation de la couche imprimante, gélatines qui manquent trop souvent de solidité et qui s’accrochent aisément au rouleau lors de l’encrage.
Préparation dë la couche imprimante.
Nous avons déjà décrit, page 44, les manipulations que nécessitent les couches de gélatine bichromatée appliquées sur plaques de cuivre.
Les formules né seront pas les mêmes dans le cas qui nous occupe, mais la conduite de l’opération est absolument semblable.
En généra], chaque imprimeur de Phototypie fait grand mystère de la formule qu’il emploie, et il faut bien convenir que, le plus souvent, il n’obtient dë
bonnes planches qu’avec sa formule. Mais ce n’est là qu’un effet d’habitude, de pure pratique, et s’il réussit mieux avec l’une qu’avec l’autre, c’est qu’il l’a pratiquée davantage, et que, sans se rendre un compte exact de ce qui se passe, il a appris à combiner tous les petits détails que demande sa formule; les succès qu’il obtient dépendent plutôt de l’ensemble de sa pratique que de la formule dont il fait usage.
Quoi qu’il en soit, nous indiquerons plusieurs formules, qui nous ont toutes donné de bons résultats ; mais nous ajouterons qu’elles peuvent varier quelquefois, suivant qu’elles sont faites avec des espèces différentes de gélatine.
L’eau distillée n’est pas nécessaire, et il semblerait même que l’eau légèrement calcaire est préférable: d’une manière générale, toute eau potable de bonne qualité est excellente pour ce procédé.
La gélatine doit être de qualité spéciale et spécialement préparée pour la Phototypie.Mais c’est là, comme nous l’avons dit, une substance éminemment variable ; les unes peuvent être trop molles, les autres, au contraire, trop dures. Le plus souvent on corrige ces dé* fauts par des mélanges.
Le manque de solidité des gélatines molles peut encore se corriger par l’adjonction de la colle de poisson.
Le bichromate de potasse du commerce, en gros cristaux, tel qu’on l’emploie en teinture, serait préférable, d’après les praticiens, au bichromate pur; et, comme nous l’avons dit, la véritable cause de cette supériorité n’est pas encore connue.
On mélange souvent le bichromate d’ammoniaque au bichromate de potasse et, lorsque l’on n’emploie que ce dernier sel, on ajoute presque toujours de l’ammoniaque à la mixtion de gélatine.
L’ammoniaque rend plus homogène la couche de gélatine, mais il faut être très sobre dans son emploi, car la gélatine serait attaquée, perdrait toute solidité si l’on exagérait les doses. Celle-ci varie avec les diverses gélatines, et les quantités que nous indiquerons dans chaque formule devront être modifiées suivant l’effet produit. On peut empiriquement doser assez exactement la quantité nécessaire d’ammoniaque en se basant sur le changement de couleur du liquide bichromaté. On ajoute donc l’ammoniaque, par très petites quantités à la fois, à la mixtion de gélatine préalablement filtrée, et l’on s’arrête au moment où la couleur de la masse, de rouge qu’elle était, passe à l’orangé.
Première formule.
Eau 1000 cc
Gélatine 8(br
Bichromate de potasse 16 *r
Ammoniaque 8rc
Deuxième formule (Voirin).
Eau 435 cc
Gélatine extra de Coignet 25sr
» de Nelson n° 2 10*r
Cuire au bain-marie pendant une heure et ajouter :
Été. Hiver.
Eau 100cr 100 oc
Bichromate de potasse 3sr 3S*
» d’ammoniaque.. 3"r 5er
Troisième formule.
A. Eau 75"
Gélatine. 10?''
B. Eau 85"
Colle de poisson 3&r
G. Eau 30 cc
Bichromate d’ammoniaque 3sr
La gélatine est lavée comme nous l’avons indiqué page 40, dissoute au bain-marie et filtrée.
Ces opérations se font très aisément au moyen de l’appareil Voirin.
Appareil à cuire. — Le principe de cet appareil est la réunion et la simplification de deux appareils qu’on employait séparément, le premier pour faire cuire la gélatine, le deuxième pour la filtrer à chaud aussitôt qu’elle est cuite. L’avantage de cette réunion est la suppression du refroidissement qu’il était difficile d’éviter au moment de la filtration; avec ce nouvel appareil, la gélatine est récoltée après filtration dans le bain-marie même; elle est donc maintenue continuellement à bonne température.
L’appareil (fig. 9) se compose essentiellement d’une bassine en cuivre servant de bain-marie, sur laquelle est rivée latéralement une tige en fer qui s’élève d’environ 25cra au-dessus du bord supérieur de la bassine.
Cette tige sert de support à l’appareil à filtrer à chaud, qui peut ainsi monter ou descendre.
Lorsque la gélatine a cui dans le bain-marie, on élève l’appareil à filtrer le long de la tige, on met de