‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 21 sur 38 · Eau 300 cc · texte numérisé non relu

Eau 300 cc

Glycérine 600 ST

Hyposulfite de soude 18 sr

Mais, dans le cas où l’on aurait à mouiller une plaque préparée depuis longtemps, il faudrait ajouter de l’ammoniaque à ce bain et employer la formule suivante :

Eau 300 cc

Glycérine 600 5r

Ammoniaque 30 cc

Chlorure de sodium 30 sr

Toutefois il est essentiel de laver à l’eau pure après l’action de ce bain, afin d’enlever complètement l’ammoniaque; sans cela, les encres seraient décomposées, elles changeraient de tons. Après lavage, on soumet de nouveau au bain à la glycérine.

On se servira également de l’un de ces bains, sauf celui à l’ammoniaque, pour mouiller la plaque pendant le tirage, et chacun d’eux ayant quelques qualités différentes, sera choisi de préférence suivant la marche du tirage.

Essuyage. — La plaque étant égouttée pendant quelques instants, est essuyée au dos avec un linge très absorbant : les vieux torchons de fil passés à la lessive sont excellents pour cela; on dépose la planche sur une table et l’on procède à l’essuyage de la gélatine.

Ici il faut faire usage de chiffons qui ne peluchent pas, et les étoffes de coton sont préférables. Le calicot, la toile de coton légère, passés à la- lessive pour en enlever tout l’apprêt et leur donner de la souplesse, sont excellents, surtout s’ils sont vieux. Les vieux bas de coton tricotés sont également bons. Il faut surtout éviter les étoffes de fil, chanvre ou lin, qui produisent facilement des rayures sur la gélatine.

On fait, avec un morceau d’étoffe convenablement choisie, un tampon gros comme le poing, et l’on sèche la couche imbibée du bain mouilleur en tamponnant, en frappant à petits coups et non en essuyant par frottage, ce qui produirait infailliblement des raies. Lorsque le chiffon est complètement imprégné de liquide, on fait un nouveau tampon et l’on continue l’essuyage jusqu’au moment où tout liquide a disparu.

Au bout d’un certain temps, les chiffons sont imprégnés de liquide glycériné et ils ne sèchent plus ; il faut alors les laver à grande eau et les faire sécher ; ils deviennent meilleurs par l’usage.

Encrage.

La planche, ainsi mouillée et essuyée, est prête à l’encrage. Celui-ci se fait au moyen de rouleaux en

cuir ou en gélatine, ou pour mieux dire avec ces deux espèces de rouleaux employés successivement : le rouleau de cuir servant à préparer la couche, à faire monter l’épreuve, celui de gélatine étant chargé d’épurer l’image.

Un bon rouleau est un outil de première importance; il faut donc savoir le mettre en état, le préparer et le conserver.

Rouleau de cuir. — Le rouleau ordinaire du lithographe ne pourrait servir en Photocollographie, il est en général beaucoup trop dur. Il ne faut employer que des rouleaux à plusieurs flanelles, sans grain, fabriqués spécialement pour la Photocollographie. Leur diamètre doit être assez fort, 10cm au moins pour les petits modèles, et la longueur doit être d’un quart supérieure au plus grand côté de la planche à imprimer.

Un rouleau neuf doit subir une préparation préalable qui sature le cuir de corps gras, ce que l’on obtient en le roulant sur la table à encrer dans du vernis moyen. Cette préparation, longue, ennuyeuse, mais facile à bien conduire, est absolument nécessaire; sous aucun prétexte on ne peut s’en dispenser.

Avant de procéder à cette opération, on marquera le haut du rouleau, en faisant une petite encoche dans une des deux manettes en bois qui le terminent. On cherche dans quel sens est placé le cuir, c’est-à-dire quelle est la direction d’implantation des poils, ce qu’il est facile de reconnaître en posant la main sur le cuir. Plus tard, lorsqu’on grattera le rouleau, on dirigera le

couteau dans ce sens; l’encoche faite à l’avance indiquera la position à lui donner pour éviter de gratter à rebrousse-poil ; l’encoche se place ordinairement en

bas.

Ceci fait, on prend avec le couteau une petite quantité de vernis moyen et on l'étend sur le rouleau, en cherchant à le répartir bien également dans le sens de la longueur; on fait ainsi quatre ou cinq bandes également distancées entre elles. On place alors les poignées de cuir à chaque manette, et l’on roule fortement sur la table à encrer. Au bout d’un certain temps de cette manœuvre, le vernis couvre uniformément le cuir. On a soin de changer de temps en temps le sens du rouleau, c’est-à-dire que l'on met à droite la manette de gauche et inversement, tout cela pour rendre le plus uniforme possible la répartition du vernis. On laisse alors le rouleau se reposer pendant un quart d’heure, puis on ajoute du nouveau vernis et l’on roule comme la première fois. On laisse encore en repos pendant une demi-heure, on encre et Ton roule. Après la troisième application de vernis, on laisse reposer pendant une demi-journée, puis l'on recommence à rouler, mais on n’ajoute du vernis que lorsque le cuir paraît avoir absorbé complètement celui qu’on lui a déjà donné. Au bout de deux ou trois jours, le rouleau est prêt : on le racle alors soigneusement avec le couteau et on le roule vigoureusement à sec sur la table à encrer préalablement nettoyée. Il est prêt à recevoir l’encre.

Un bon rouleau est chose précieuse, aussi faut-il

veiller soigneusement à sa conservation. Lorsqu’on a terminé un tirage, on le racle au couteau, on le roule à sec et on le place sur un support (fig. 17), de façon à empêcher le cuir de porter sur la table à encrer : on le recouvre même d’une boîte légère pour le préserver

Fig. 17.

de la poussière. Sous aucun prétexte on ne devra laver le rouleau à l’essence, il serait perdu. Si l’on supposait devoir laisser longtemps inoccupé un rouleau de cuir, il faudrait, après grattage, l’enduire de suif. Traité ainsi, un rouleau pourra durer fort longtemps, il ne deviendra que meilleur par l’usage.

Rouleaux de gélatine. — Les rouleaux de gélatine (rouleaux des typographes)’ ne demandent aucune préparation préliminaire comme ceux de cuir, mais il faut savoir les fondre à nouveau lorsque, par l’usage, leur surface n’est plus unie, condition essentielle pour obtenir un encrage convenable.

La monture de ces rouleaux n’est plus la même que celle des rouleaux en cuir; ils sont montés à fourchette (fig. 18) et se manœuvrent avec une seule main.

Le cylindre de gélatine doit se terminer à ses deux extrémités par des parties arrondies et non aiguës.

Sans cette précaution, on pourrait produire des raies lorsque l’extrémité du rouleau passerait sur la couche; d’un autre côté, cette partie arrondie servira à décharger les points trop couverts de la planche, comme nous l’indiquerons plus loin.

On emploie, pour ces rouleaux, de la pâte dure, qui se compose de gélatine et de glycérine impure. Cette masse élastique se prépare en grand dans le commerce, il n’y a donc pas lieu de chercher à la composer soi-même.

Lorsqu’on veut fondre un rouleau, on prend un moule

Fig. 18,

en cuivre poli ( fig . 19), on graisse très légèrement l’intérieur au moyen d’un tampon de coton, imbibé d’huile d’olive, afin de pouvoir enlever facilement la masse de gélatine lorsqu’elle sera refroidie. On met en place

Fig. 10.

l’axe en bois recouvert de ficelle. Dans un bain-marie de grandeur suffisante (fig. 50), on fait fondre la masse à rouleau sans addition d’eau; on enlève avec soin toutes les impuretés qui viennent nager à la surface, on filtre dans un appareil Brewer et l’on verse dans le moule, en agissant avec lenteur, de façon à éviter les bulles d’air. Pour cela faire, on doit incliner légèrement le moule et verser la gélatine en la faisant tomber le plus près possible de l’extrémité supérieure

du moule, on relève graduellement celui-ci et l’on achève de le remplir.

Lorsque toute la masse de gélatine est refroidie, on cherche à enlever le rouleau du moule; et, pour avoir plus de prise, on entoure celui-ci d’un linge grossier;

Fig. 20.

en poussant sur l’axe en bois, on arrive sans peine à dégager le rouleau.

Dans la plupart des cas, il est plus simple de faire exécuter cette opération par un homme de métier, mais il est bon de pouvoir faire soi-même cette opération de refonte des rouleaux.

Les rouleaux de gélatine se nettoient à l’essence de térébenthine, au moyen d’un chiffon; il ne faut pas essayer de les racler au couteau.

Table à encrer. — La table à encrer est ordinairement formée par une plaque de marbre ou bien par une pierre lithographique. Nous préférons, pour notre compte, faire usage d’une grande dalle de verre dépolie; la surface absolument inerte du verre nous paraît

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