‹ Impressions photographiques aux encres grassesChapitre 22 sur 38 · CHAP · texte numérisé non relu

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dans lequel se rangent les rouleaux, l’encre, les couteaux, les linges, etc.

Chacun des rouleaux de cuir et de gélatine a ordinairement une plaque d’encrage distincte, ce qui permet d’employer deux encres de couleur ou de densité différentes et d’obtenir ainsi certains effets d’encrage.

Encres. — L’encre des lithographes ne peut servir telle qu’elle est livrée par les fabricants; elle est non seulement beaucoup trop dure, mais elle est beaucoup trop maigre, pour employer le terme d’atelier. Pour obtenir une masse convenable, il faut lui adjoindre une certaine quantité d’encre de report et de vernis, et ce n’est que par tâtonnements qu’on arrive à doser convenablement chacune de ces substances. Telle était du moins la manipulation que l’on était obligé de faire dans les commencements de la Photocollographie. On avait aussi des difficultés à trouver des encres colorées convenablement; elles manquaient le plus souvent de transparence, et l’on était obligé de broyer à l’essence des laques et de les incorporer à l’encre à modifier.

C’est pour ne pas avoir tenu compte de ces données, ou pour ne pas avoir compris l’importance de cette question des encres, que les premiers imprimeurs n’obtinrent que des épreuves dures, froides, dans lesquelles les noirs avaient une tendance fâcheuse à passer au vert.

Aujourd’hui, il n’est plus besoin de préparer ses encres, et l’on trouve dans le commerce des masses excellentes et de toutes^couleurs.

En Allemagne, la fabrique Gleistman, à Dresde, une des premières, a combiné des encres excellentes pour la Photocollographie , et dans des conditions de prix modérés.

En France, la maison Lorilleux s’est occupée tout particulièrement de cette fabrication, et ses encres pour la Photocollographie sont absolument parfaites.

Les encres pour la Photocollographie doivent être très finement broyées, car, s’il restait dans la masse des particules de substance colorante d’un diamètre appréciable, celles-ci ne pourraient être retenues par la gélatine; elles roulent alors un peu partout et tachent la planche. D’un autre côté, les parties de la gélatine qui correspondent aux demi-teintes absorbent une certaine quantité d’eau et, par cela même, l’attraction pour les corps gras se trouve très réduite et le rouleau ne dépose qu’une quantité très minime d’encre; il faut donc que celle-ci ait un grand pouvoir colorant pour être visible sur l’épreuve.

Enfin, les vernis à mélanger aux encres doivent être composés uniquement d’huile de lin, car les mélanges d’huiles d’autres sortes ont le défaut de teinter les blancs.

Le noir pur s’emploie pour les reproductions de gravures, les dessins à la plume.

Le mélange de noir et de terre de Sienne est préférable pour les reproductions ou les imitations d’eauxfortes.

La teinte sépia, employée seule, est souvent appliquée aux reproductions de dessins au lavis et pour

quelques paysages : c’est une couleur éminemment transparente et qui permet d’obtenir des effets tout particuliers.

Les teintes bistrées se font soit avec de la terre de Sienne calcinée, soit avec de la terre d’ombre brûlée. Mais il est difficile d’obtenir de bons tirages en usant d’une de ces encres seule, car elles grisent rapidement les épreuves. Pour éviter cet accident, il faut mélanger la teinte bistre avec du noir pur; le tirage se fait alors avec toute la régularité désirable.

Par le mélange du noir avec des encres bleues (bleu de Flore de Lorilleux) ou des encres rouges (laques garance, grenat ou plus économiquement brun rouge), on obtient toutes les nuances des virages photographiques sur papier albuminé,

On trouve du reste ces teintes toutes préparées, entrente numéros gradués ; elles peuvent se diviser en deux séries : bleue et rouge. Le plus souvent, ces teintes préparées sont trop molles, il faudra leur donner du corps en leur ajoutant du noir.

Nous ne parlerons pas des couleurs franches : bleue, verte, jaune, rouge, qui ne s’emploient que dans des cas spéciaux et plus spécialement dans les tirages polychromes.

Sous aucun prétexte, il ne faut chercher à remplacer ces encres d’impression par les couleurs en tube pour la peinture à l’huile; elles se mélangent mal, sèchent inégalement et ne peuvent donner que des résultats défectueux.

Comme nous l’avons déjà dit, l’encre lithographique

ordinaire est trop dure et l’on est obligé de l’étendre avec du vernis; mais alors elle devient longue à sécher et trop souvent qlle empâte les finesses de l’image.

Il faut bien ajouter du vernis aux encres photocollographiques, mais cette adjonction doit être faite avec beaucoup de soins et toujours en très petite quantité.

D’une manière générale, la consistance de l’encre doit être en rapport avec la nature de l’image à obtenir; un dessin à fortes oppositions, une gravure par exemple, demande une encre aussi dure que possible; une image à demi-teintes ne viendra complète qu'avec une encre légère, transparente, à laquelle on ajoutera du vernis.

Enfin, l’état même de la couche de gélatine entraînera des modifications dans la densité de l’encre. Une planche donne-t-elle une épreuve dure, l’encre sera rendue plus fluide par addition de vernis fort ou moyen ; au contraire, la planche donne-t-elle des épreuves grises, l’encre sera tenue la plus dure possible. De telle sorte qu’un encreur habile arrivera à modifier du tout au tout les résultats du tirage.

Pour l’amateur surtout, qui peut consacrer un peu de temps à ce travail des encres, ces données sont de première importance, et il n’aura jamais de rebut s’il sait modifier ses encres.

Dans un grand atelier, pour des tirages rapides à la machine, il n'y a pas lieu de s’occuper autant de cette question, et le plus souvent il est ^préférable de faire une planche nouvelle qui puisse s’adapter à l’encrage

courant : on regagnera amplement le temps perdu par la facilité clu tirage.

Nous ne saurions trop insister sur cette question des encres, car elle est de toute première importance. Avec une encre défectueuse, une bonne planche ne pourra jamais donner de bons résultats ; avec une encre convenable , une planche défectueuse pourra encore fournir des épreuves passables.

Encrage des rouleaux. — Avant de procéder à l’encrage de la planche, on nettoiera avec soin la table à encrer, marbre, pierre ou verre, et les rouleaux.

La table à encrer sera frottée avec un chiffon imbibé d’essence de térébenthine et essuyée complètement; sa surface doit être absolument nette.

Si l’on a laissé sécher de hencre dessus, on aurait plus de facilité en attaquant tout d’abord cette encre sèche avec de l’essence de pétrole et l’on terminerait le nettoyage avec de l’essence de térébenthine. Si la couche sèche à enlever était épaisse et abandonnée depuis longtemps, il faudrait avoir recours à une solution concentrée de potasse additionnée de chaux vive. Un abondant lavage à l’eau devra suivre cette action de la potasse; la table étant sèche sera encore passée à l’essence de térébenthine.

Les rouleaux de gélatine se nettoieront de même façon, à l’essence de térébenthine ou de pétrole. Il est bon de ne pas laisser sécher l’encre sur les rouleaux de cette espèce, et il faut toujours les passer à l’essence lorsque le travail est terminé. Sous aucun pré-

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