‹ Impressions sur la peintureChapitre 2 sur 37 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

II faut être de son temps, subir l’influence du soleil et du pays où l’on vit et de son éducation première.

On ne comprend bien son art qu’à un certain âge.

En peinture, il n’y a pas de phénomènes; les enfants prodiges, comme Pascal, Mozart, Pic de La Miran-

dole, etc., n’existent pas dans notre art.

Il faut le plus possible apprendre à dessiner avec son pinceau.

Il n’y a pas de beau tableau sans belle coloration.

La grandeur d’une œuvre ne se mesure pas à sa dimension.

Il ne faut pas confondre les grands travailleurs avec ceux qui ne sont que des piocheurs.

Tout coloriste a le sens musical.

Le peintre qui, en fait d’art, se croit un dieu accuse une faiblesse.

Le succès trop généralement acclamé est le plus souvent réservé aux médiocrités.

Il vaut mieux donner mince comme un ongle de soi-même que gros comme le bras de ce qui appartient aux autres.

Tout est contraste dans la peinture, la couleur comme le dessin.

On n’est un grand peintre qu’à la condition d’être un maître ouvrier.

L’exécution est le style du peintre.

En peinture , on peut se passer de sujet. Un tableau ne doit pas avoir besoin d’une notice.

Tous les sujets d’imagination, tous les caprices du cerveau, sont permis au génie. Chez le peintre de la nature, il n’y a que le vrai.

Il y a des talents qui offensent, parce qu’ils ont l’air de nous dire : « Voilà!

ça y est ! »

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