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(1735) et de s’occuper à la fois de physique et d’économie forestière. Enfin, appelé à l’intendance du Jardin du roi (1*739), il considéra comme un devoir impérieux de cette position de consacrer désormais tous ses efforts aux progrès de l’histoire naturelle. Ainsi, Messieurs, Buffon, riche de la fortune de son père, d’intelligence et de science acquise, devint naturaliste par devoir à l’âge de trente-deux ans, et le pauvre Linné l’était devenu par vocation dès l’âge de dix ans.
Lorsque Buffon voulut être naturaliste, la science lui apparut sous un aspect bien différent qu’à Linné. Il était dans la puissance de l’âge et d’un esprit fortifié par des études aussi profondes que variées ; maître de ses loisirs, il les consacrait à l’étude; s’il sentait sa force, s’il savait que la vue de l’esprit est rapide, il connaissait et l’insuffisance de l’improvisation pour une production littéraire vraiment sérieuse, et la nécessité du temps dans la coordination de toute idée nouvelle avec d’autres. La mauvaise organisation de ses yeux lui interdisant d’ailleurs l’observation microscopique prolongée et toute dissection soignée, il pouvait consacrer à la méditation un temps dont , avec des organes meilleurs, il eût disposé autrement. Mais on s'abuserait étrangement de croire que ce temps ne servit à Buffon qu’à l’arrangement de paroles harmonieuses pour le plaisir de l’oreille; sans doute son style, brillant , coloré et quelquefois pompeux , a contribué à la gloire du naturaliste à l’égard des gens du monde et des simples lettrés; mais ce style a bien d’autres mérites pour les juges capables d’en apprécier toute la valeur, parce que, en réalité, il est un produit du concours des qualités les plus rares et les plus variées de l’érudit, du phi-