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sans cesse de largeur à mesure qu'ils se rapprochent du sommet; au nord du Gouavéri , ils affectent surtout la forme d'une coupole musulmane, avec un renflement sur les cotés, qui rend le milieu beaucoup plus large que la base. Ils ne se terminent pas exactement en pointe, mais ils sont couronnés à leur sommet par un dôme écrasé, ou quelque autre invention de forme fantastique, sur laquelle s'élèvent toujours des ornements de métal doré; un trident, ou quelque emblème particulier du dieu à qui le temple est consacré.
Moins ouvragées en général que le temple, les tours sont souvent couronnées, comme lui, d'ornements de toute espèce.
Le sanctuaire est toujours petit :
c'est une chambre cubique , à peine éclairée par une petite porte, sur le seuil de laquelle les fidèles viennent
f présenter leurs offrandes et adresser eurs prières à la divinité du lieu.
Quelquefois ce sanctuaire est le temple tout entier; mais quelquefois aussi on n'y parvient qu'en traversant des salles spacieuses, et il est entouré de cours, de colonnades et d'édifices religieux. A Seringam le sanctuaire est enfermé dans sept enceintes, dont la plus grande a près de quatre milles de circonférence. Les colonnades qui régnent autour des cours et tonnent les approches du temple sont, en certains endroits, sur plusieurs rangs de profondeur. Les bas-côtés des églises gothiques ont quelquefois été comparées à des allées de chênes ; les colonnades du temple de Seriugam pourraient se comparer à des forêts de palmiers.
On voit dans les monuments indiens des colonnades peu élevées, mais dont chaque colonne, ronde, carrée, octogone, et quelquefois participant dans l'ensemble de ces trois formes , est couverte de sculptures. Leurs chapiteaux représentent des vases d'où pendent des chaînes et des guirlandes, ou bien ils sont figurés par des animaux, et même par des groupes de figures humaines.
Dans les parties les plus solides de
l'édifice on trouve des groupes de colonnes et de pilastres. Les impostes et les linteaux des portes, leurs panneaux, sont enfermés et presque recouverts par des encadrements de moulures, par une profusion d'arabesques, de plantes, de (leurs, de fruits, d'hommes, d'animaux, d'êtres imaginaires; par toutes les espèces d'ornement que peut seule inventer l'imagination la plus fertile. Ces arabesques sont quelquefois d'une élégance telle, que l'art des musulmans n'a rien produit de plus parfait.
Les murs sont couverts de sculptures en relief, qui représentent des épisodes des guerres des dieux et des héros. Des groupes de ligures mythologiques courent le long des frises, et augmentent la richesse des entablements.
Quelques lieux possèdent, dans un espace très-resserré, une réunion de temples tels que ceux que nous venons de décrire. Aux ruines de Bhouvanésouara , dans la province d'Orissa , le spectateur, monté sur la grande tour , ne peut promener ses regards d'aucun côtesaiisapercevoir au moins cinquante ou soixante tours en pierre, appartenant chacune à un temple , et dont la moindre à cinquante ou soixante pieds de haut, dont quelques-unes s'élèvent à une hauteur de cent cinquante et de cent quatre-vingts pieds au-dessus du sol.
Les tours du temple de Bidjâyanagar, construit sur la rive gauche du Tanibadra, sont encore plus élevées.
Mais, malgré ces proportions gigantesques, les pagodes indiennes ne sauraient rivaliser, pour l'effet produit, avec la simplicité majestueuse et la symétrie d'un temple grec , ni même avec les dômes renflés et les voûtes hardies des mosquées musulmanes.
Les partiesdeveloppées desmonuments indiens manquent de hauteur, et les élévations pèchent par le défaut de largeur ; il n'y a pas d'harmonie entre les proportions des diverses parties, et leur eflet général produit cette conviction dans l'esprit de l'observateur, que les lndous déploient plus de richesse
et de talent dans les détails que de grandeur dans la conception de l'ensemble. Les hypogées seuls font exception.
L'impression produite sur le spectateur, par l.i vue de leurs temples les plus parfaits, est celle d'une grande antiquité et d'une sévérité rigoureuse, jointes à une apparence de mystère romanesque, que cependant les cérémonies de leur religion ne sont pas faites pour inspirer.
Bien que dans les temples de construction moderne on trouve quelquefois un mélange de style musulman, ce pendant le caractère général de ces monuments est remarquablement original, et différent de l'architecture des autres peuples. Peut-être en doit-on induire que les principes de l'art ont été systématisés de très-bonne heure. Ceptrtdaut rien n'autorise à croirequ'aucun de ces grands travaux qu'on admire aujourd'hui remonte à une époque très-ancienne. Les hypogées euxn^mes ne datent sans doute pas d'une Lnade antiquité. Des inscriptions gravées dans des caractères qui étaient en litige trois siècles au moins avant J.- C. peuvent faire supposer que les hypogées des Bouddhistes sont plus anciens que l'ère chrétienne; mais en tout cas ceux des Brahmanes, à en juger par les sujets des bas-reliefs qui couvrent leurs murs, ne sauraient pas remonter plus haut que le VIIIe ou le IX* siècle depuis J. C. Les sculptures qu'on voit à Machâ Balepouram, au nid de Madras, ont été attribuées par quelques savants à une époque beaucoup plus ancienne; mais, aaprès les traditions locales, elles auraient été eiéeutées au XII' et même au XIII9 siècle de notre ère, et les sujets de ces sculptures confirment complètement la tradition.
La plupart des temples les plus célèbres sont d'une époque très-moderne.
La fameuse pagode de Jaggernât et la Pagode Noire, qu'on voit dans le voisinage, ont été finies Tune en 1198 , et l'autre en 1241. Quelques-uns des grands temples sont certainement plus anciens; mais on ne saurait donner de prouves d'une grande antiquité
pour aucun d'eux : loin de là, il y a des présomptions très-fortes du contraire.
Les palais devraient, selon toute probabilité, subir les innovations plus facilement que les temples : cependant ils conservent presque tous le caractère général de l'architecture indienne, ceux même qui ont été construits dans des temps très-modernes.
Les plus anciens palais ne semblent avoir été construits sur aucun plan d'ensemble; ou bien, ils ont été si souvent remaniés , que le pian original a fini par disparaître. Leur solide construction, leurs toits plats en terrasse, permettent toujours d'ajouter un ou plusieurs étages par-dessus les autres ; de telle sorte que non-seulement ils s'étendent par les côtés , mais encore qu'ils s'élèvent à de grandes hauteurs , et toujours avec la plus parfaite régularité.
Ils se composent ordinairement de petites cours entourées de bâtiments élevés, quelquefois découvertes, mais le plus souvent plantées d'arbres pour avoir de l'ombre. On voit toujours une colonnade en forme de cloître, qui règne tout autour de chaque cour.
Les grands appartements sont aux étages supérieurs, et ouverts d'un côté, comme les divans des musulmans. On y parvient par des escaliers étroits et roides, pris dans l'épaisseur des murs.
Les mêmes remarques s'appliquent aux maisons particulières.
Cellesdesgens riches ont une ou deux petites cours , entourées de bA tisses à toit presque toujours eu terrasse. Quelques-unes ont des murs en stuc blanc , qui éblouissent les yeux ; d'autres sont peintes en rouge foncé. A l'intérieur, elles sont couvertes de peintures représentant des arbres ou des sujets mythologiques. Toutes, elles sont aussi encombrées etaussi mal disposées qu'il est possible de l'imaginer.
Les plus grands de tous les travaux des Indous, ce sont peut-être leurs réservoirs. Il y en a de deux espèces : les uns creusés dans le sol , les autres formés comme la prise d'eau du canal du Midi en France, par des vallées donl
on a comblé toutes les issues avec des digues immenses. Les réservoirs du pre mier genre sont toujours dans le voisinage des villes ; les habitants y viennent
Î, rendre leurs bains, et on s'en sert pour 'irrigation. Ceux du second genre ont toujours été construits en vue de l'arrosement des terres. Ce sont de trèsgrands ouvrages; et les dignes qui les protègent, sous le rapport de la solidité comme de l'élévation, sont des travaux magnifiques. Quelques-uns sont de véritables lacs de plusieurs milles de circonférence, et qui servent à l'irrigation de vastes étendues de pays.
Il y a encore dans l'Inde une espèce de pùits très-remarquable, d'une profondeur considérable et d'une grande largeur. Les plus modernes deces puits sont ordinairement ronds, et les jilus anciens carrés Ils sont eutourés , jusqu'au niveau de l'eau, degaieries dans le style riche et massif des Indous; on y voit souvent de larges degrés qui descendent jusqu'au fond du puits.
Les plus caractéristiques des ponts indiens secomposentdimmenses blocs de pierre places sur champ, et dont plusieurs réunis font une pile. On joint une pile à l'autre par d'immenses pierres de taille d'un seul morceau. On voit beaucoup de ces ponts dans le sud de I Inde. D'autres sont construits sur des piles d'épaisse maçonnerie, avec d'étroites arches gothiques. L'ancienneté de ces ponts est douteuse, cir il ne parait pasqueles premiers Indous aient connu l'arche, ei sussent construiredes \odtes ou des dômes autrement qu'à l'aidede couches successivesde maçonnerie, l'une débordant l'autre, comme on le voit pratiqué dans la construction qu'on appelle le Trésor d'Atrée, à lYlycènes.
Parmi les monuments de l'architecture indienne , il faut compter les colonoes et les arcs de triomphe élevés en l'honneur des héros victorieux. On voit à Chitôr une colonne de ce genre haute de cent vingt pieds, et admirablement travaillée. Le colonel Todd a donné le dessin, dans son livre sur le Radjasthân, deplusieursarcsde triomphe; il ne faut pas oublier qu'ils ne
sont pas en voûte comme les nôtres, mais carrés. Celui qu'on voit à Baznaar, dans le nord du Gouzerat,est l'un es plus beaux. C'est un des plus riches spécimens de l'architecture indienne.
Autre* arts. Des produits de l'industrie indienne les plus remarquables, ce sont les tissus de coton si longtemps admirés, et dont la finesse n'a encore été égalée dans aucun autre pays.
Les tissus de soie ont aussi pendant longtemps joui d'une haute réputation, et il est probable que c'est un art connu des longtemps chez eux.
Les brocarts d'or et de soie ont été également célèbres, et peut-être est-ce une industrie inventée par les Indous.
L'éclat et la durée de certaines de leurs couleurs n'ont pas encore été égalés en Kurope.
Leur goût pour les travaux minutieux aurait dû en fairede bouue heure d'habiles orfèvres.
Toutefois, la réputation qu'ils ont eue à cet égard, ils la devaient à la libéralitede la nature plus qu'a leur talent; car leurgoûtestsi mauvais, qu'ils préfèrent, parexemple, les perles jaunes aux autres; leur m.ouèredesertir les pierres précieuses est fort imparfaite, quoique souvent, il faut le reconnaître, ils sachent faire des combinaisons qui produisent un grand effet.
Les autres métiers sont presque encore dans l'enfance. Les outils sont peu nombreux, et tous portatifs. Ainsi, le forgeron porte son enclume et son soufflet partout avec lui, etc.
S xiii. Agriculture.
La nature du sol et le climat font d»> l'agriculture indienne un art trèssimple. Une charrue légère qu'il porte sur son épaule, c'est, avec le secours de deux petits bœufs, tout ce qu'il faut au cultivateur pour tracer à la surface du sol un sillon peu profond, où il dépose son grain. L'ensemencement se fait souvent avec une machine qui fait écouler le grain par cinq ou six petits tuyaux de bambou; une planche , sur laquelle l'ouvrier se tient en conduisant ses bétes, fait l'office de