CHAPITRE XXII
TRAITÉ DE BASSBIN. GUEBBB AVEC LBS M AHBATTES. LIS PINDABBYS-
Les Anglais , dans le traité de partage , avaient fait la part du Nizam assez grande et presque égaie à la leur. D'après la règle de proportion qu'on avait établie, cette libéralité eût pu paraître surprenante, car Nizam Ali était loin d'avoir contribué autant qu'eux-mêmes à la guerre. Mais, chose plus surprenante encore, pour qui ne connaîtrait pas le mécanisme que nous venons d'expliquer , à peine Nizam Ali eut-il été reconnu souverain de ces terres destinées à l'indemniser, qu'elles passèrent dans les mains des Anglais. Le 12 octobre 1800, un traité fut signé, par lequel le Nizam abandonnait a la Compagnie toutes les acquisitions qu'il avait pu taire aux dépens de Tippou, tant par le dernier traité que par celui de 1792. Les Anglais s'engageaient à augmenter d'un régiment de cavalerie et de deux bataillons de cipayes les troupes qu'ils avaient mises au service du Nizam.
Ils se réservaient toutefois la faculté d'employer dans leurs propres guerres la totalité de ces troupes, moins deux bataillons attachés à la personne du Nizam. Celui-ci s'engageait même à fournir de son propre fonds, lorsqu'il eu serait requis , 9,000 fantassins et 6,000 cavaliers. Il soumettait d'ailleurs à l'arbitrage des Anglais tous les différends qui pouvaient survenir eutre lui et ses voisins. Ainsi, pour quelques centaines d'hommes ( 1,500 au
us}, dont ils fournissaient le secours, es Anglais augmentaient leur territoire de plusieurs provinces, leur revenu de 1,758,000 pagodes, obtenaient le droit de retirer, sans rien restituer, toutes leurs autres troupes quaud ils
en auraient besoin , et même d'exiger gratuitement 15,000 hommes des pr près troupes du subahdar. Il y eut pourtant à Londres des esprits exigeants qui trouvèrent ce traite désavantageux. La raison qu'ils en donnaient était qu'il mettait la Compaq dans la nécessité de défendre un territoire plus étendu (le sien et celui du Nizam) que celui qu'il lui rapportait; argument qui revient exactement 1 dire que, en retour des 1 ,500 hornmts
3u'on accordait au Nizam pour défaire ses États, on aurait dû le dépou > 1er de ses États. Lord Wellesley, qui ne manquait ni d'ambition , ni de résolution, ni de génie politique, troiiu au'unprétde 1,500 hommes était suf fisamment payé par l'acquisition d'jn revenu perpétuel de près de 20,000,000.
et d'un territoire qui reconstituait presque en entier dans les mains de l'Angleterre l'empire de Tippou Sahtb Jamais peut-être, en effet , secours fJ reil n'avait été payé aussi cher.
Pendant que les armes anglais obtenaient de si grands trioni|li* dans le sud de l'Inde, les mouvements des Afghans dans l'ouest venaient attirer de ce côté toute la sollicitude do conseil suprême. Deux fois Shah Zeman s'était avancé contre les Mabrattes, et deux fois la révolte de soo frère Mahmoud l'avait forcé à revenir sur ses pas. Dans une circonstance si menaçante pour l'Indoustan tout entier, et pour les Mahrattes en première ligne , lord Wellesley avait fait tous ses efforts pour s'entendre avecSeindiah; mais rien ne put vaincre, même sous le coup d'un danger imminent, la répugnance de celui-ci pour une alliance anglaise. Ce fut alors que le gouverneur général entama avec la ftf* ces négociations dont il a été question dans l'introduction de cet ouvrage, et sur lesquelles nous ne reviendrons ^ En môme temps le gouverneur général saisit cette occasion d'enlever iu nabab d'Oude le peu de pouvoir p lui avait été laissé. Il lui fit présenter ce qu'il appelait un plan de réforme militaire, qui consistait à IXWOTJJ toutes les troupes du nabab (KM* lfi
remplacer par des troupes anglaises.
« La Compagnie, lui écrivit-il, ne saurait , malgré sa bonne volonté , remplir l'engagement pris par elle de défendre les États de Votre Excellence contre tout ennemi, qu'à une seule condition : c'est de maintenir une force ma considérable pour qu'elle puisse suffire à vous protéger efficacement par elle-même , indépendamment de tout renfort que les circonstances pourraient exiger. »
On eut de la peine a convaincre le nabab que la manière la plus efficace de protéger sa souveraineté était de la lui ôter : et , plutôt que d'y consentir, il offrit son abdication'. Comme on ne voulait pas même lui laisser le droit de désigner son successeur , il la retira. Mais le gouverneur général attachait une importance singulière à la conclusion de cette affaire." Bientôt le nabab ne fut plus le maître d'abdiquer ou dp ne pas abdiquer. Les troupes destinées à occuper ses États furent dirigées sur Oude , et lui-même mis en demeure d'assigner les terres destinées à leur entretien, ou de se démettre du pouvoir. Il voulut du moins stipuler des garanties pour ce Qu'on ne lui enlevait pas. Lord Welleslev s'impatientait et pourtant voulait éviter toute apparence de violence.
Il fit un dernier effort en envoyant à Lucknow un de ses frères, Henri Wellesley , avec un ultimatum portant , comme condition principale , que le nabab eût à céder aux Anglais une portion de ses États pour l'entretien de leurs troupes, avec la souveraineté et l'administration du reste. On ne 'oit pas trop ce qu'il pouvait sauver après des concessions pareilles. Néanmoins le traité finit par être signé en 1801, et le nabab fut maintenu. On * occupa immédiatement du licenciement de ses troupes, et on lui accorda *n retour le droit de requérir le service "^ troupes anglaises toutes les fois Wil en aurait besoin , sans être tenu g aucun déboursé pour ce service.
L'administration de lord Wellesley Juj vigoureuse, habile et brillante.
EUe acheva ce qui avait été ébauché
laborieusement par les autres, et marqua , dans l'histoire de ia Compagnie , l'apogée de la période conquérante.
L'Angleterre, qui pendant longtemps avait reculé devant le système de conquêtes , et n'y était entrée qu'à son corps défendant, et sous l'empire des circonstances, l'Angleterre avait alors conscience de sa force et marchait d'un pas résolu à une destinée qu'elle avait en quelque sorte remplie avant d'avoir osé la rêver : la conquête de l'Inde. D'un autre cAté , les peuples s'accoutumèrent à l'idée de cette domination. L'Angleterre envisageait fixement le terme de son ambition , l'Inde voyait clairement toute sa servitude. Le maintien des princes indigènes sur des trônes dont on avait usurpé tous les pouvoirs, ce mensonge politique qui avait servi de masque à la faiblesse eonvoitense des spoliateurs et à l'orgueil humilié des princes dépouillés, ce mensonge ne trompait plus personne. Maintenir si près a'un pouvoir qu'on leur enlevait, des princes qui désormais avaient connaissance des effets de ce pacte et de la nullité absolue où on les voulait réduire, c'était bien moins un artifice de la faiblesse qu'un signe éclatant de force et une apparence de justice. Cela montrait qu'on ne les craignait pas et qu'on savait néanmoins respecter en eux d'anciens droits. Lord Wellesley surtout s'appliqua a bien établir que ces sortes de transactions étaient un acte libre et une pure condescendance de l'Angleterre , que la souveraineté comme la force étnit tout entière dans ses mains. Il s'attaqua avec une rigueur inexorable aux illusions, aux prétentions, aux espérances que le mensonge des gouvernements mixtes pouvait entretenir encore, et il réduisit impitoyablement ce système au pied de l'exacte vérité. L'heure lui parut venue de proclamer sans déguisement que l'Inde n'était plus ni mogole ni indoue, mais anglaise; et que devant ie droit né de la conquête , tout autre droit se trouvait aboli. Les guerres qu'il entreprit furent réellement des guerres de conqu6tes, c'est-
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à-dire qu'elles eurent pour but avoué de contraindre les puissances indépendantes à adopter ce credo politique et à se courber sous le joug. Grande nouveauté, on pourrait presque dire grande révolution, que l'inauguration officielle de la politique d'ngrandissement jusque-là constamment réprouvée par toutes les instructions de la cour des directeurs , par tous les actes du parlement qui, la veille encore pour ainsi dire , avait poussé la précaution jusqu'à interdire à lord Cornwalis toute alliance offensive et même défensive, hors le cas de guerre commencée ou de préparatifs flagrants de la part d'un État indigène. Pour lord Wellesley, il ne s'agissait même plus d'alliance avec les princes déjà feudataires de la Compagnie , il s'agissait du gouvernement direct et non contesté de celle-ci, gouvernement qui lui livrait tous les États de l'Inde, moins comme alliés que comme sujets. On ne désarme point un homme dont on veut se faire un allié. Le nabab d'Oude s'y trompa d'abord , peut-être parce que dès le début de cette négociation le gouverneur général avait négligé de changer les vieilles formules de la chancellerie du fort Williams ; il disait encore : les États de Votre Excellence; il mettait encore le mot protection pour le mot prise de possession :
mais le commentaire vint bien vite, et le nabab n'eut qu'à se résigner.
Les propositions que le gouverneur général avait faites à Scindiah n'ayant pas été accueillies, lord Wellesley profita habilement des circonstances pour faire pénétrer d'un autre côté l'alliance anglaise dans l'empire mahratte. Il y avait alors guerre entre Daoulut Rao Scindiah et la maison Holkar. Tuckadji, le fils adoptif d'Ahalva Bêi , étant mort, avait laissé quatre' fils. De ces quatre fils , deux étaient légitimes, Casi Rao et Mulhar Rao. Les deux autres, Djeswant Rao et Etodji étaieut enfants naturels. Casi Rao, l'aîné,, avait les droits les plus incontestables à la succession de son père. Mais, quoique jeune, les infirmités du eorps et de l'esprit le rendaient incapable ,
ou du moins suffisaient pour attireles ambitions rivales. Mulhar Ru ayant pris les armes, entraîna a«e< lui l'urinée; circonstance qui tùl amené irrévocablement la chute de Casi Rao , si Daoulut Rao Scindiah ritù[ épousé sa cause. L'intervention de « chef redoutable intimida assez Multur Rao pour amener tout d'abord une ni conciliation entre les deux frères; e!l< se fit en grand appareil et sous la fri du serment du Bel-Rundar ou gage dti Bel (arbre sacré). Mais dans la nu même qui en suivit la cérémonie, trou pes de Sci ndia h attaquèrent le c; de Mulhar Rao , qui fut tué dans le lu multe. Ses troupes furent tellemesî dispersées qu'il ne resta qu'un petil nombre d'hommes autour de Casi rtao.
Un des frères naturels de celui-ci, Dieswant Rao, échappé de la mêl«, allait devenir un énergique vengeur & la maison de Holkar. Réfugié d'abord chez le rajah de Nagpore, il y fut arrêté , s'évada , fut repris et s'évada core. Deux hommes formèrent d'abord toute son armée. Bientôt il en eut quatorze, moitié à lui, moitié à un serviteur dévoué. Tratjué par Scindiah jus que chez ses amis les plus fidèles, ne voulant pas les rendre victimes leur hospitalité, il battit la cam avec ses quatorze cavaliers, ra en peu de temps 120 fantassins armés , et avec cette bande rempefl sur un détachement ennemi un prc mier avantage, qui lui valut quelque chevaux et une assez forte somme d'argent. La guerre de partisan grossit rapidement ses trésors et son srmée. Des alliés lui vinrent , son ft« rage et son étoile lui recrutèrent «H partisans jusque dans Tannée de Sl-.ti diah , et le mit ainsi promptemeut ' mesure de soutenir la guerre à >fmes égales. D'ailleurs, pour ôtera ] cause l'odieux que lui eût fait enrtw"-' tout projet d'ambition personnels r!
d'usurpation , il se hâta de proclama à la place de Casi Rao qu'il comptait, un dernier fils de Tuckadji. <c fant posthume , âgé de quelques mo* à peine, et qui se nommait Kund Rao. Il fit même graver sur son sceau
rant Rao, sujet de Kundi Rao.
modération acheva de lui rallier lion d'un pays où le nom et les i de la maison Holkar étaient en le vénération. La guerre prit un aspect menaçant pour Sein* Ses villes tombaient au pouvoir eswant Rao, ses troupes étaient es en rase campagne. Quelques s, obtenus de temps en temps, igeaient à peine de tant d'échecs l>n dédommageaient pas. Lord sley, revenant à la charge , n'en s moins ses propositions éludées, iah cherchait à traiter directeavec Djeswant Rao. Mais les préns de celui-ci s'étaient accrues , concessions qui eussent prévenu ^rre, si elles avaient été faites à , furent péremptoirement reées. Une grande bataille gacnée t Pounah , sur les armées comde Scindiah et du peschwah, à Djeswant Rao cette capitale, uivj par le vainqueur, qui eût s'emparer de sa personne pour t le pouvoir sous son nom , le »ah se réfugia de forteresse en esse jusque dans le Concan. Le rneur général , plus obstiné que i à la réalisation de ses projets, rter à Badji Rao, le peschwah
des propositions qui se résut en ces deux points : restaurer sa plénitude l'autorité du pesi, alors usurpée par un certain Rao qui était son fils adoptif ; ire un traité d'alliance défensive garantie réciproque, ce qui sit mettre garnison anglaise dans >ts mahrattes. Dans sa détresse, chwah avait été sur le point de Kier un refuge à Bombay, et avait requis l'assistance d'un vaisseau s. Il parvint cependant à éviter extrémité et à trouver un autre ur son propre territoire. Mais ^positions des Anglais n'en paspas moins avec autant de facile s'ils l'avaient tenu en leur nce, et le 31 décembre 1802 fut
une convention connue sous le le traité de Bassein, dont les pales dispositions étaient que le
peschwah admettait à son service des forces anglaises permanentes; que leur entretien serait assuré par une cession de territoire ; que le peschwah ne ferait plus la guerre , de son chef , à aucune puissance, mais qu'il soumettrait tous ses différends à l'arbitrage des Anglais , et qu'il n'aurait de relations avec le dehors que par leur intermédiaire ; que son autorité dans l'administration intérieure de ses États resterait intacte.
En vertu de ce traité , les troupes anglaises en observation dans le Mysore se hâtèrent d'intervenir- D'autres forces furent également rassemblées à Bombay et à Haîderabad , capitale du Nizam^ pour appuyer les opérations du corps d'armée principal. Sir Arthur Wellesley, depuis si célèbre sous le nom de duc de Wellington , et alors major général, n'eut qu'à passer la Toumbudra pour forcer Holkar à la retraite. Amrit Rao , le peschwah usurpateur, était alors à Pounah. Le bruit courut qu'au lieu de défendre cette capitale contre les Anglais, il avait l'intention de la briller. Soit que ce projet fût réel , soit qu'il n'eût aucun fondement, sir Arthur Wellesley ne lui laissa pas le temps de l'exécuter. Laissant son infanterie en arrière , il partit avec sa seule cavalerie (moins de 4,000 hommes), et, après une marche de trente heures , parut tout à coup devant Pounah. Surpris par cette visite imprévue, Amrit Rao n'eut que le temps de fuir, et le major général entra sans coup férir dons la ville , où le peschwah Badji Rao fut aussitôt rétabli avec la plus grande solennité.
Pour avoir restauré le peschwah soutenu par Scindiah, les Anglais n'étaient pas avec ce dernier en meilleure intelligence : au contraire , le gouverneur général orit aussitôt contre lui des mesures de défiance en lui enjoignant de quitter la position qu'il occupait sur les frontières du Nizam, et de repasser la Nerbudda. Scindiah, de son coté , quoique ami zélé du peschwah, ne voyait pas avec plaisir qu'une restauration pour laquelle il avait
combattu, se fût faite sans lui. Le traité de Bassein , par lequel la protection du peschwali passait de ses mains dans celles dis Anglais, l'avait comme effacé de la scène politique; et lord \YellesleyIe lui faisait nettement sentir en le sommant de repasser la Nerbudda , c est-a-dire de s'éloiguer de Pounah. Le gouverneur général étendait ses vues plus loin : sans vouloir déclarer la guerre à Scindiah, et même en cherchant à traiter avec lui, il laissa au major gênerai Arthur Wellesley.et au général en chef Lake, les pouvoirs les plus étendus et les instructions les plus précises pour obtenir , par toutes sortes de voies , l'expulsion de tous les Français , et l'occupation du Douab, ou terre coinprise entre le Gange et la Djamna , depuis leur confluent jusqu'aux montagnes de Rumaoun. Le gênerai Lake devait eu outre prendre possession d'Agra et de Delhi, et unir cette conqueie au Buudelcuud par une chaîne de postes fortifies, L'expulsion des Français, à laquelle le gouverneur général attachait uue importance capitale, élan la destruction d'une partie considérable de la puissance militaire de Scuuiiau; la chaîne des postes entre la Djauma et le buudelcuud était un einpielemeut sur son territoire ou sur celui de ses allies ; entiu, l'occupation de Dcllii était l'absorption , au prolit des Anglais, de l'autorité qui restait attachée au seul nom de l'empereur. 11 n était guère possible d'obtenir par les voies diplomatiques des concessions de cette importance, Scindiah, au contraire, rêvait eu ce moment, non-seulement la suprématie dans les Ltats mahrattes , mais eucore la souveraineté du Deocan ; et, avec l'aide de ses Français, il espérait bien pouvoir chasser de l'Inde les Anglais eux-mêmes. La leçon que venait de lui donner sa guerre contre Holkar ne l'avait point guéri de ces chimères. Bien loin de se prêter aux vues des Anglais , il se mit à traverser par mille obstacles l'exécution du traité de Bassein. La haine du rajah de Berar secondait en cela les ressentiments de Scindiah, et
bientôt il se forma entre eux une alliance à laquelle Holkar lui-même riot S'adjoindre. Au lieu d'évacuer la position qu'il occupait sur les bords oe la ISerbudda , Scindiah y reçut bientôt les renforts du rajah de berar. Il noua des intrigues avec tous les petits chefs mahrattes pour les engager i entrer dans cette confédération; il chercha même à débaucher dam le Bundelcund les ol liciers du pesdivJlî, alors devenu Anglais, et donna I orure au gênerai Perron de se tenir prit i agir. Ce dernier, par les jaghires qu il avait reçus pour l'entretieu de se* troupes françaises ou autres, eu comme le souverain d'une parue ik»
rives de la Djainna. 11 cherchait, de son côte , à engager dans la cause commune les chels rouillas. Le gouverneur général avait déjà plusieurs fois somme Scindiah de s'eiplwjutf sur toutes ces menées. Des oepèdtf de Perron et de Scindiah (inireat pjr être interceptées, et alors le gouverneur gênerai jugea qu'il était tout* d'en Unir avec les ménagement* qu 1 avait gardes ju&que-la. Une dernier* fois , et tout en protestant encore « ses intentions pacifiques, il IHwmmer Scindiah et lihousla , le rajaii Berar, de rappeler leurs troupe» d^oi leurs États ropcctils. Ceux-ci répondirent qu'ils consentaient à auaodoo' ner leur camp le jour où les troupes anglaises seraient rentrées eUes-roé»* dans les postes de liombay, de Madras et de Seringapatam. Cette coodilion rejetee , ils' offrirent de mmeucer leur retraite le jour taèœtou sir Arthur YYeilesiey ooiumeocerJt aussi la sienne. Comme leur bjmw« volonté devenait aussi évidente çue leur bonne loi était suspecte , le Rident anglais auprès de Scindiao tut rappelé ( 3 août 1803 ).
<*Les Anglais entraient en campa?** avec une force de 56,000 hommes. Repartie eu différents corps, cette ano* devait fondre sur les Etats ennemi* de tous les côtés à la fois. Le général Lake entrait par le nord, le msjor g*' néral Wellesley par le midi, lesUW pes de Bombay se jetaient a louât
mt les possessions dé Scindiah dans le Guzerat ; enfin, le colonel Hnrcourt attaquait à Test le rajah de Bérar en lui enlevant la prov ince de Cottak en Onm. D'autres petits corps occupaient des points intermédiaires avec charge de les garder ou d'exécuter des opérations de détail. Ainsi, cette armée, embrassant un théâtre plus vaste qu'aucun de celles qui avaient précédé, couvrait la péninsule dans sa plus grande largeur, depuis le golfe d'Oman jusqu'au golfe du Bengale, ce Qui faisait de Test à l'ouest une ligne droite de plus de quatre cents lieues.
Le général Lake occupait Caoupor dîns le Douab : le 9 aodt il se mit en n arche. Son armée se montait à environ 10,000 hommes. Le 29 il rencontra Perron qui se préparait à lui disputer les approches dp la forteresse ''Allighur. Assez médiocre général , Pfrron, bien qu'il eût sous ses ordres «•ne force double, fut battu et se re- Jl vers Agra. Les Anglais prirent '■nniédiatement Coël et vinrent mettre ,e «ége devant Allighur. Défendue P3f <ks marais et par des rizières Jlors inondées qui la rendaient presse inabordable, cette place, résidence binaire de Perron , était en outre ^rtifiée avec le plus grand soin ; elle n avait qu'une seule porte protégée Hrie canon de deux bastions. Perron, en se retirant , v avait laissé le com- J ^ndement à un autre officier francs (le colonel Pedron),avec l'ordre de
défendre jusqu'à la dernière extré- JJ1'!^ « I/arméede l'empereur ou celle du général Lake, lui écrivait-il , trouve?.un tombeau devant Allighur......
" faites votre devoir, défendez le fort r'?nt qu'il restera pierre sur pierre, encore une fois , songez à l'honneur Wiooal, des millions d'yeux sont fixés *ur vous. - Le colonel Pedron agit en
âîr!*?Uence ' et Peut^tre eût-il sauvé *!l|gnur; mais un officier anglais, au sçTTice de Scindiah , ayant quitté la 1 3re lorsqu'elle fut investie par ses ^mpntriotes, tourna contre ses frères armes de la veille la connaissance Mieux qu'il avait acquise , et la Hm* qu'ils lui avaient laissée. Sous sa
conduite , les assiégeants , moitié par surprise, moitié par force , entrèrent dans Allighur après un assaut où les assiégés perdirent 3,000 hommes. La prise d' Allighur détermina Perron à traiter. Il fit parvenir au général Lake des propositions où il s engageait à quitter le service de Scindiah , et de* mandait en retour l'autorisation de se rendre à Lucknow avec sa famille , ses trésors et les gens qui composaient sa maison, sous escorte de troupes anglaises ou de sa propre garde.
Cette proposition inattendue était Té* vénenient le plus heureux que les Anglais pussent espérer au début de la guerre. Aussi le général Lake s'empressa-t-il d'accéder à tout ce que lut demandait le général Perron. Celui-ci se rendit bientôt à Lucknow avec l'es* corte qu'il se choisit lui-même: de là, il se retira bientôt après à Chandernagor. Ainsi , ce parti français, sur lequel Scindiah fondait de si vastes espérances, et qui causait à lord w VI lesley tant d'ombrage , se trouva tout a coup désorganisé par la défection de son représentant le plus puissant.
Après avoir pourvu à la réparation et à la sûreté d'Allighur , le général Lake se mit en marche sur Delhi.
Presque sous les murs de cette capitale , le général Bourquien , successeur de Perron , l'attendait avec une armée forte de seize bataillons dïnfanterie régulière et de 6,000 hommes de cavalerie , dans l'intention de loi livrer une bataille décisive. Les Malirattes, animés à la lutte, étaient décidés à payer chèrement la victoire. Les Anglais tirent des efforts inouïs pour enlever leurs positions. Mais le courage éprouvé des troupes, l 'habileté du général en chef , la résolution avec laquelle il paya de sa personne, tout vint échouer contre l'inébranlable fermeté de l'ennemi. Déjà celui-ci se croyait vainqueur, et peut-être en effet l'avantage lui fût-il resté, si, en simulant un mouvement de retraite, le général anglnis n'eût réussi à l'attirer dans un piège où il fut mis en dé»
route. Les Mahrattes perdirent dans
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blessés, 68 pièces de canon et 63 caissons, dont deux chargés d'or et d'argent. Bourquien, abandonné par la plu* * part de ses troupes, vint, le 14 septembre , se rendre prisonnier avec quatre autres officiers français. Cette journée acheva la ruine du parti français à Delhi. Le vieil empereur Shah Allam s'empressa d'envoyer complimenter les vainqueurs et solliciter la protection de leurs armes. Le peuple fit comme son empereur et tendit avec de grandes démonstrations de ioie au joug anglais sa tête fatiguée du joug français et mahratte. Le général Lake fit solennellement son entrée dans la capitale de l'empire mogol. Reçu par l'infortuné Shah Allam dans un palais où les vestiges du faste de ses aïeux ne pouvaient que lui rappeler plus durement sa propre misère , il reçut de cette ombre d empereur tout ce que celui-ci pouvait donner , des titres et des épithètes pompeuses , telles que :
« Glaive de l'Etat , héros de la terre , seigneur du temps , victorieux dans la guerre. » Shah Allam avait obtenu de Scindiah neuf lacs de roupies pour son entretien annuel. Mais de ces neuf lacs , il touchait à peine 50,000 roupies, et il vivait lui et sa famille dans une véritable misère. Le général Lake se hâta de lui assurer une condition meilleure. Il consacra quelques jours à ces soins et à l'installation d'une garnison anglaise dans Delhi , puis, le 24 septembre, il partit pour aller mettre le siège devant Agra. Il y était à peine arrivé (7 octobre) qu'il reçut la soumission du rajah de Bhurtpour qui , moyennant la reconnaissance de sa souveraineté et l'exemption de tout tribut, fournit aux Anglais un secours de 5,000 cavaliers pour cette campagne, et s'engagea par un traité d alliance offensive et défensive à leur prêter son concours contre tous leurs ennemis. Déjà la défection de Perron avait entraîné dans le parti des Anglais bon nombre de petits chefs indigènes tyrannisés par les exigences de Scindiah et retenus par la seule terreur de sa puissance. Quelques semaines s'étaient à peine écoulées et les
États de ce chef allaient se démembrant avec une rapidité plus merveilleuse encore que les illusions dont il s'était bercé. Agra n'obligea même pu l'armée assiégeante à lui faire les hosneurs d'un siège en forme. La garnison en révolte venait d'emprisonner ses officiers européens. Les soldats étaient néanmoins résolus à se défendre. Campés en dehors du fort, sur les glacis , dans la ville et dans la mes*
3uée principale, ils en furent déloges ès le premier engagement (10 octobre). Deux jours après , une partie de la garnison vint se joindre aux Anglais et, le même jou r, le reste qui s'était réfugié dans le fort , demanda un armistice pour régler les termes d'une capitulation. Des difficultés qui naquirent au milieu des pourparlers firent recommencer le feu , et alors la résistance devint réellement énergique. H fallut ouvrir la brèche, et dès le t" elle était praticable; mais les assiégés n'attendirent pas l'assaut et m rendirent à discrétion. Cette conquête valut aux Anglais, indépendamment d'une grande quantité de munition** 280,000 livres sterling en espèces et un canon gigantesque connu dans toute l'Inde sous le nom de grand canon d'Agra , pour le rachat duquel les autorités de la ville offrirent 12,000 livres sterling. Le général Lake eut voulu le faire transporter à Calcutta, mais il n'y avait aucun moyen humain de mettre en mouvement une pareil masse, au moins pour un tel voyage Un autre incident singulier sigw11 cette campagne, et nous le rapporterons comme trait de mœurs. On*»0* naît le respect des Indous pour la *>< de toute espèce d'animaux. Le sia# surtout joue un rôle important dans la mythologie brahmanique; c'est, par exemple, avec l'aide de Sagriva etd'autres chefs de singes que Hanounuu construisit le pont de Rama , «ltK nie de Ceylan et le continent Les singes, à cause de la place honorable qu 'l$ occupent dans la légende , sont donc honorés d'un culte tout particulier- Dans sa marche de Dehli l'armée anglaise reucontra deux villes très-sf0'
tes, Muthra où est né Krishna, et Vindrarana où il s'est manifesté pour la première fois sous la forme humaine.
Grâce à la dévotion des habitants et des pèlerins, les singes ont pullulé dans le voisinage de ces deux villes , de manière a devenir incommodes et même dangereux. Un Indou supporterait toutes leurs attaques et périrait, s il le fallait, plutôt que de commettre le sacrilège de se défendre. Mais deux ofliciers anglais aux prises avec une de ces troupes malfaisantes ne se crurent pas obligés de pousser la patience jusqu'au martyre, et lorsqu'il ne leur resta plus d'autre ressource, l'un d'eux 6t feu de son pistolet. Ce fut alors une autre féte. Au lieu d'une nuée de singes , la foule dévote se rua sur tut pour les mettre en pièces , et les serra de si près , qu'il ne leur resta de chance de salut que de se jeter dans la Djamna, où même ils ne se sauvèrent pas; car ni l'un ni l'autre ne put arriver jusqu'à l'autre bord. La populace, qui n'avait pu les massacrer, eut du moins la satisfaction de voir les eaux de la ville sainte faire justice elles-mêmes des coupables.
Un dernier corps d'armée restait encore qui n'avait point combattu et qui venait de se grossir de quelques bataillons échappes à la bataille de Mili. Le 27 octobre, le général Lake quitta Agra pour aller à sa rencontre.
Après quelques jours de marche, il essaya de le surprendre avec sa seule Galerie , et engagea un peu témérairement une action de nuit qui n'eut point le prompt succès qu'il en avait attendu, et qui fut soutenue avec assez de vigueur pour donner le temps à son infanterie d'arriver. La bataille devint alors générale, et fut disputée par les ■'I nir.it tes avec un acharnement et une intelligence où se manifestait avec eetat l'influence des nombreux officiers français qu'ils comptaient encore dans 'J"urs rangs. Mais la vieille expérience troupes anglaises , l'habileté du fhef et sa rare intrépidité devaient 'emporter cette fois encore. Après a>oirtenu bon jusqu'au soir, les Manettes furent enfin enfoncés et mis en
W Livraison. (Inde.)
déroute complète. Cette sanglante et brillante bataille de Laswan amena aussitôt la soumission des rajahs de Macherry, de Djeypour, de Joudpour, de la Béguin Sumrau, femme d'un Européen qui s'était fait une souveraineté dans ces parages. Les rajahs de Sondipour, de Kotta , etc., imitèrent cet exemple , et bientôt , ayant abattu quelques petites résistances partielles, les Anglais 6e trouvèrent en possession paisible du Douab et du Bundelcuod; ils avaient dissipé ou interné les Français, conquis la personne de l'empereur , établi leur chaîne de postes ; les instructions du gouvernement général se trouvaient ainsi complètement remplies dans cette partie de l'Inde.
Sur les autres points, les armes britanniques n'étaient pas moins heureuses. Dès le milieu du mois d'octobre le colonel llarcourt avait complètement réduit la province de Cottak, où est la fameuse pagode de Jaggernaut, et qui liait les possessions anglaises du Bengale à celles du Deccan. Le major général Arthur Wellesley agissait de son côté dans l'ouest avec cette vigueur et cette fermeté dont il avait déjà donné des exemples. Parti de Pounah le 4 juin, il commença, par réduire Ahmednaguret son territoire, passa le Godavery, battit à Assaye avec 4,500 hommes Scindiah qui en commandait 50,000, dont 10,500 disciplinés et conduits par des officiers européens, et obligea Scindiah à lui faire sincèrement ou uon des ouvertures de paix. Probablement ces ouvertures n'étaient pas sérieuses même dans la pensée de Scindiah, toutes compromises que fussent ses affaires et celles de son allié le rajah de Bérar, tint par l'issue de la bataille d'Assye , que par les succès du générai Lake et par ceux du colonel Harcourt. En ce moment, Scindiah, qui poursuivait encore sur la rive gauche de la Nerbudda et en dehors de ses frontières , la chimère d'une guerre offensive contre le territoire du Nizam , laissait entrer chez lui les Anglais par tous les points, et avait déjà perdu la presque totalité de
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ses propres États. Au nord on lui avait enlevé le Douab, le Bundelcund et les districts limitrophes; à l'ouest, les possessions du Guzerat et du Guicowar que le corps d'armée de Bombay venait de conquérir sous les ordres du Jieutenant colonel Murray. Le rajah de Bérar n'était pas moins entamé à l est par le colonel Harcourt.
Plusieurs armées étaient détruites ou dissoutes. Toutes les forteresses de premier ordre, telles que Allyghur, Goualior, Baroach, etc., étaient prises. Un matériel immense, des approvisionnements de toute nature et de grandes
auantités de numéraire avaient passé ans les mains de l'ennemi. Deux capitales comme Dehli et Agra étaient perdues, ainsi que la personne de l'empereur qui était désormais à la dévotion des Anglais. Le moment semblait donc venu de songer à terminer une guerre que l'on n'avait pu soutenir avec l'aide de toutes ces ressources, et que l'on ne pouvait se flatter de rendre plus heureuse avec toutes ces ressources de moins. Scindiah ne donna cependant aucune suite aux intentions qu'il avait montrées. Sa conduite, au reste, dénonçant sa faiblesse et l'absence de tout dessein réfléchi, parnt dénoter en lui un esprit troublé, moins appliqué à suivre les clartés d'une raison ferme qui voit ses ressources, que l'entêtement d'un orgueil qui se roidit. Après avoir rallié conjointement avec le rajah de Bérar les débris de l'armée battue à Assaye, au lieu de rentrer dans ses provinces pour y concentrer sa défense , il s'en éloigna au contraire, et tourna vers le sud , comme s'il eflt voulu marcher sur Pounah. Sir Arthur "Wellesley l'y suivit d'abord ; mais bientôt voyant qu'il avait affaire à un ennemi suffisamment embarrassé dans sa propre impuissance de rien tenter et de rien vouloir, il laissa là Scindiah et tourna vers le nord. Il ne restait plus rien à Scindiah dans le Decean, sur le territoire qu'il s'obstinait à ne vouloir pas quitter. Assirphur, sa dernière forteresse, venait d'être prise par le colonel Stevenson. Libre de tout soin de ce
côté , le major général repassa la
Ghauts et la Godavénr,et se disposa a esvahir les possessions du rajah de Bérar Celui-ci, mieux avisé <jue Scindiah, s'était séparé de son allie et regagnait en ce moment ses frontières; il avait aussi repassé la Godavéry et se trouvait à Paterv à deux journées de marcher sud d' Aureneabad où était sir Arthur Wellesley. Le major général vint au devant du rajah. Scindiah venait alors de se décider à solliciter un armistice et l'avait obtenu. Mais ses troupe n'étaient pas encore rentrées dans le?
limites que les termes de la contention leur avaient fixées, et une part* de sa cavalerie se trouvait réunir celle de Bhonsla , lorsque parut le nujor général. Sir Arthur n'avait pouit l'intention d'attaquer avant le tende* main L'heure avancée et la fatigoede ses troupes lui imposaient ce délai Cependant les escarmouches ayant engagé l'affaire et l'ennemi montrant l'intention d'en venir aux mains, il prit rapidement son parti . forma son armée en une seule colonne protège en tête et en flanc par sa cavalerie,
Suis arrivé devant la ligne de bataille e l'ennemi rangé en avant du wlUtf d'Argaum , il démasque son infanterie et engage le combat. Les Mahraites parurent d'abord s'y porter avec vivacité ; mais une charge de la cavalerie de Scindiah ayant été repousse*, toute l'année, abattue par le souvenir d'Assave, lâche pied en un clin d <r»l et, graVe à un beau clair de lune. le* Anglais en purent faire uu grand rrnage. Cette défaite fut le coupdecrjVe donne à la confédération. Si n>" l'autre des deux chefs n'avait plus de troupes à mettre en campagne. Cependant, comme les forteresses tenait encore, le major général se mit en devoir de les réduire. Il venait de dre d'assaut celle de Gawilgur, qu'il reçut un envoyé de Buoufla resigné à se soumettre. Un traite nt signé, par lequel le rajah de Bérar cédait aux Anglais la province de W** et s'engageait à n'employer jamais aucun officier ou fonctionnaire apF^ nant à une nation en guerre avec »