‹ IndeChapitre 33 sur 42 · IN · texte numérisé non relu

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Anglais, ni même aucun Anglais ou sujet de l'Angleterre , sans l'autorisation du gouvernement. La rivière Wurdah était fixée comme sa limite du côte du suhahdar du Deccan : on lui restituait les forts de Nernallah et de Gawilgur avec leurs territoires respectifs. Scindiah de son côté cédait en toute souveraineté à la Compagnie toutes ses terres et forteresses du Douab ettous les droits qui y pouvaient être attachés ; tout ce cju'il possédait au nord des rajahs de Djeypotir, de Djoudpour et de Gohud ; le fort et le territoire de Baroach dans le Guzerat , ainsi que le fort d'Ahmednagur dans leDeccjn.ll abandonnait en outre tout ce qu'il possédait avant la guerre au midi des monts Adjuntf dans le Deccan et les terres comprises entre cette chaîne et la Godavéry. Il s'engageait à ne prendre à son service aucun Français ni Européen, et renonçait à toute prétention sur le pouvoir "de l'empereur, comme à toute intervention dans tes affaires. Les Anglais lui restituaient un certain nombre de forts dans le Deccan ou dans le Guzerat, et la jouissance d'anciens jaghires compris dans les territoires récemment conquis; ils lui restituaient en outre quelques terres et quatre villages que sa famille possédait depuis longtemps dans les États du peschwah ; enfin ils s'engageaient à faire des pensions , en compensation des jaghires cédés, à tous ceux oui leur seraient désignés P*r Scindiah , jusqu'à concurrence dune somme annuelle de soixanteffil lacs de roupies. Ce traité fut sinné le 50 décembre 1 803. La vigueur et l'ha- J>jlf té de l'administration de lord Wellesley venaient d'obtenir le triomphe <e plus grand et le plus décisif qui edt encore signalé les armes et la politise anglaises dans l'Inde. En cinq mois de campagne il avait abattu d'un seul coup une puissance bien plus formidable que ne l'était celle de Uaïder ou deTippou, dont la réduction avait demandé plusieurs années; il avait complètement et à toujours délivré ' Inde anglaise de l'éternelle appréhenda que lut inspirait le parti français

DE. m

3ui , des bords de la Cavéry aux bords e ia Djamna , l'avait enveloppée comme d'un réseau dont les mailles se renouaient aussitôt que coupées. La population anglaise de Calcutta s'em.

pressa de lui rédiger une adresse de félicitation.

On eut alors tout lieu d'être surpris de voir la guerre renaître des ruines mêmes de ceux qui venaient de la soutenir. Uolkar, malgré son adhésion au traité d'alliance offensive et défensive des rajahs de Bérar et de Malwa, s'était abstenu jusque-là de leur apporter son concours. A peine les vit-il abattus qu'il s'empressa de relever leur drapeau déchiré. Fut-il séduit par l'ambition présomptueuse de faire à lui seul ce que n avaient pu faire deux chefs plus puissants que lui par leur ligue , et même plus puissants chacun isolément par l'étendue de leur territoire? Fut-il effrayé de l'affaiblissement oui résultait pour l'empire mahratte de l'abaissement de ses principaux chefs? Espéra-t-il que les Anglais, épuisés par les efforts qu'ils venaient de faire, lui livreraient une proie plus facile ? Chacune de ces considérations entra sans doute pour quelque chose dans l'acte de démence qu'il accomplit en rompant sa neutralité pour entrer dans la lice, lorsqu'il était déjà trop tard pour qu'il y pût sauver personne, ou y recevoir aide de personne. Tout en écrivant des lettres amicales au général Lake , après la bataille de Laswari , il n'en soumettait pas moins les Anglais à des vexations continuelles en faisant des incursions sur des territoires soumis à la protection britannique, mais restés néanmoins, disaitil , tributaires de Scindiah. Lake dut faire contre lui quelques manifestations pour le contraindre à renfermer chez lui ses troupes. Mais les rapports allaient toujours s'aigrissant. Trois officiers anglais qu'il avait à son service et oui , après la déclaration de guerre, demandèrent à se retirer , furent jetés en prison , puis mis à mort, leurs corps abandonnés aux chiens et leurs têtes placées sur des piques.

Uolkar les accusait d'avoir entretenu

L'UNIVERS

une correspondance secrète avec le général Lake. Lui-même se mit en correspondance avec des chefs seiks ou rohillas, et chercha même à en compromettre d'autres en se faisant adresser en leur nom des lettres amicales u'il fit intercepter par les Anglais.

:n même temps il prodiguait à ceuxci les assurances de sa propre amitié.

Mais déjà ils s'étaient mis en mouvement. Le canon allait répondre à cette petite guerre de ruses et de finasseries orientales. Sérieusement menacé, Holkar adressa au général Lake une lettre remarquable par un singulier mélange de soumission et de fanfaronnade.

« L'amitié exige, disait-il, que, prenant en considération la longue intimité qui a existé entre moi et les Anglais, vous ayez égard aux représentations de mes wackils (envoyés). En agissant de la sorte, vous ferez quelque chose de profitable et d'avantageux. Sinon , je mets ma fortune et ma patrie sur les selles de mes che* vaux , et plaise à Dieu que , de quelque côté que soient tournées les brides de mes braves guerriers , tout le pays dans cette direction tombe en mon pouvoir. » Les wackils avaient mission de poursuivre la reconnaissance du droit qu'avait Holkar de lever le tchout, suivant l'usage de ses ancêtres. Le tchout était une contribution d'un quart de revenu que les Muhrat» tes avaient la coutume d'imposer aux fitats qui espéraient se racheter par là de leurs incursions et de leurs pillages. Les wackils demandaient en outre la restitution de certains districts du Douab et de la province de Hurrim qui appartenaient à Holkar , et enfin , la garantie des Anglais pour toutes ses possessions. Toutes ces demandes furent écartées.

Les Pindarrys , nom qui va bientôt jouer un rôle dans cette histoire , sont des bandes indisciplinées et mercenaires qui ont paru pour la première fois dans l'Inde à la suite des armées mahrattes. Leur nom vient , dit-on , d'une sorte de boisson nommée pinda dont ils font un grand usage. Ils n'étaient d'abord qu'un ramassis de gens

de toute espèce qui , comme nos routiers du moyen âge , mettaient leur épée aux ga^es de qui les payait. Un certain Ghazi -oud - din , qui les avait rassemblés et mis au service du peschwah Badji Rao , mourut devant Oujein et transmit ses bandes à son fils aîné, qui se distingua tellement au service de Mulhar Rao Holkar , qu'il en reçut un drapeau doré, marque d'honneur considérable. Celui-ci grossit beaucoup sa troupe, lui donna de l'importance et la transmit aussi à son fils. Les Pindarrys devinrent bientôt si nombreux que les bandes et les chef* indépendants se multiplièrent, ùs gens-là portaient, suivant l'expression de Holkar, leur patrie sur la selle de leurs chevaux. Aussi ne se fasaient-ils pas scrupule de servir dans des armées opposées, et de combattrt les uns contre les autres. Au trmp»

de la guerre entre Scindiah et Holkar, chacun des deux chefs avait ses Pindarrys. Tout en les employant, \a Mahrattes les méprisaient. rfolkar « leur, permettait point de paraître 351 cour ni de s'asseoir en sa présence.

Scindiah fut le premier qui les traita avec considération, leur donna d« titres et des terres ; et Djes vunt Holkar lui en fit des reproches. Ef.

campagne, le camp des Pindarns w se confondait jamais avec celui de»

Mahrattes. Ceux-ci les soldaient (environ un quart de roupie par homme et

(>ar jour) , tant qu'ils les avaient sur eur territoire ou, même en cas de guerre, le pillage leur était interdit- Mais au delà des limites du territoire mahratte, la solde était supprimée, et les Pindarrys ne vivaient plusqi* de pillage. Au reste, les Mahrattes'* se faisaient pas faute de piller ces f illards, et il arrivait fréquemment qu t 1 près une campagne, le camp roabrat»

tombât sur le camp pindarry et s'arrangeât de ses dépouilles. HoUwfB vint même plus tard à les vouloir complètement détruire. Quaiitàpr<* sent , il ue songeait qu à se servird'eux. •

Pendant que l'on traitait de la p*J* qui venait de se conclure , un corps de

Pindarrys, au service de Scindiah, s'était avisé de vouloir continuer la guerre pour son propre compte. Au nombre de 10,000 hommes, ils avaient passé la Kistoa et s'étaient dirigés sur la Toumbudra , dans l'intention d'intercepter les convois et de piller le pays. Le major générai Campbell , qui commandait la réserve , se mit à leur r-ourmite et n'eut besoin que de les rencontrer pour en avoir raison. Ce jour-là même on signait dans le camp do général Wellesley, à Surdji-Audjengam, le traité de paix avec Scindiah etBhousIa. Le dernier coup de canon de cette guerre qui finissait avait été tiré contre les Pindarrys, ce fut aussi œnire eux que fut tiré le premier coup de canon gui inaugurait la guerre nouvelle. Un de leurs chefs , Emir Khan, soudoyé par Holkar, parut ta le nord du Bundelcund, sur la n>e eauche de la Betwah , manifestent l'intention d'envahir cette province et insultant des territoires protégés par les Anglais. Le colonel Shepberd, envoyé à sa rencontre , l'atteignit « le chassa devant lui. Le général Lake lui même fit un mouvement et vint se n^ttre en observation au fort de Ballahira. Là, il reçut une dernière lettre de Djeswunt Rao, qui décidément jetait le gant avec le faste de paroles qu'on a pu remarquer dans le fragment cité plus haut «Des provinces de plusieurs centaines de milles carrés seront pillées et ravagées. Le général Lake n'aura plus le temps de respirer. Des calamités innombrables tomberont sur des millions d'êtres humains. Les attaques de mon armée *e succéderont comme les vagues de la mer sur le rivage. » Et, en effet, il *e jeta tout d'abord sur le rajah de Djeypour. Tous les corps d'armée du gouvernement britannique étaient enwe rassemblés : ils reçurent ordre immédiatement de recommencer à açir. Dans le Deccan, dans le Guico- *ar, dans le Malwa , partout les possessions de Holkar furent en un clin occupées. Le 28 avril ( 1804 ), [armée expéditionnaire était rassemb'te sous les murs de Djeypour. Un

simple détachement envoyé à Bampour, seule forteresse que Holkar possédât au nord de la Chumbul, suffit pour la lui enlever et pour le forcer à repasser la rivière. Ce début de la campagne ne fut pourtant pas heureux pour les Anglais. Les chaleurs dévorantesdu climat sévissaient contre cette armée avec une fureur inaccoutumée. Les venu d'ouest qui venaient de traverser un désert de sables brûlants semblaient ne répandre que des torrents d'un feu invisible dans l'atmosphère embrasée.

Sous ce souffle dévastateur tout languissait t tout périssait consumé. Le pays était ravagé, les cours d'eau mis a sec. Les provinces du Radjpoutaiia en sont d'ailleurs presque dénuées.

Dans la marche de l'armée anglaise , les hommes tombaient à chaque instant comme foudroyés , d'autres chancelaient comme dans l'ivresse, jetaient de l'écume par la bouche et finissaient également par tomber. On eût pu suivre l'armée au sillon de cadavres qu'elle laissait derrière elle ; on vit jusqu'à trois cents hommes expirer en un seul jour. Pour les survivants, le nombre toujours croissant des malades devenait un embarras de plus ; beaucoup étaient atteints de folie, quelquesuns se faisaient sauter la cervelle. Le général, pour alléger sa marche, se vit obligé de séparer son armée en deux corps, il laissa son infanterie à Purson, et continua de s'avancer à la téte de la cavalerie. Le 3 juin, un vent d'ouest ui s'éleva vers le milieu du jour, soufa avec une telle violence qu'il brisait les arbres, tuait les hommes ou les animaux. Des trombes de sable brûlant, soulevées par la rafale, renversaient tout ce qui se trouvait sur leur passage. Les tentes étaient enlevées , les arbres déracinés, le bétail asphyxié.

Leslndous qui suivaient l'armée, se couchant par terre, poussaient des cris de désespoir , croyant assister à la ruine du monde. C'était la dernière crise de cette tempête de feu contre laquelle ils se débattaient depuis cinq iours, crise qui allait amener leur salut. En effet , les nuages rouges qui s'étaient amassés vers Te soir à l'hort.

L'UNIVERS

zon, finirent par se résoudre en torrents de pluie. Deux jours après, l'armée* un peu rafraîchie, atteignit enfin Agra. A part quelques avantages de peu d'importance remportés sur Holkar, et la prise de deux ou trois forts sous l'un desquels Emir Khan trouva le moyen de surprendre et d'exterminer entièrement deux compagnies de ci payes restées à la garde de la tranchée, cette première campagne n'amena aucun résultat. L'armée anglaise , décimée par le climat* avait besoin de se refaire ; elle fut répartie dans ses cantonnements, qu'elle avait regagnés avant le 15 juin.

Shah Allam profita de ce moment de repos pour conférer au général Lake des dignités réservées aux plus grands personnages de l'empire. Les insignes de ces ordres lui furent portés par un envoyé de l'empereur. Mais, à cause des pluies, la cérémonie d'investiture ne put avoir lieu que le 14 août. Ces ordres étaient le Mabi , le Mouratib et le Naobut. Le Mahi est un poisson d'argent avec une téte de cuivre doré; il est présenté au récipiendaire au bout d'une longue hampe plantée sur le dos d'un éléphant. Le Mouratib est une boule de cuivre doré supportée aussi par une hampe également portée à dos d'clephant. Le Naobut est un double tambour d'argent qu'on suspend au cou du récipiendaire, lequel, après avoir frappé quelque temps sur les deux tambours, eit proclamé sabibin - naobut. Le général Lake se prêta de la meilleure grâce du monde à cette cérémonie qui pouvait n'être que bizarre pour des yeux européens, mais qui, après tout, suivant les idées du pays , l'élevait en dignité au-dessus de tout ce qu'il y avait do plus considérable depuis le cap Comorin jusqu'à l'Himalaya , et depuis l'Indus jusqu'au Brahmapoutre, la seule personne de l'empereur exceptée.

Cependant Holkar, après avoir battu en retraite , était revenu sur ses pas et avait encore passé la Churobul. Le colonel Monson se mit en mouvement avec l'intention d'aller à sa rencontre; mais l'annonce d'un convoi d'argent

qui arrivait le fit tourner d'un autre côté , et ce fut Holkar qui se mit i le suivre. Cette expédition ne fut pas heureuse. Entouré de nuées decavalerie oui grossissaient chaque jour, noyé dans des chemins effondrés j»r les pluies , arrêté par les rivières débordées, le colonel n'avaoçait que fort péniblement. Sa position était devenues! précaire, que Holkar crut poevoir le sommer de mettre bas les armes et de livrer artillerie et bagages, ne lui promettant la vie sauve qui cette condition. Sur le refus du cutané] , le Mabratte engagea un combat où il fut repoussé (10 juillet). Vais k position de l'armée n'en était pasrooiM assez difficile pour obliger son cbet j chercher un refuge dans la place de Kottah. Le rajah n'en voulut pa* permettre l'entrée aux troopes , ce qui obligea les Anglais à reprendre leur marche à travers un pays tellement impraticable qu'ils durent laisser ensevelis dans les boues, leur artillerie rt une partie de leurs bagages. Au passage de la Baunar, ils surent se refaire une artillerie aux dépens de l'ennemi, i qui ils prirent trois canons; nuis tuatôt après , pour hâter leur retraite, «i» durent abandonner le reste de leur bagage. Pour comble de malheur* Holkar parvint à nouer des intelligences awt des sous officiers indigènes, et la desertion se mit dans l'armée anglaise.

Bientôt, pour tenir tête a cette multitude de cavaliers qui l'assaillaient w toutes parts, Monson n'eut plusd'aotre ressource que de se former eo «ni et de marcher ainsi la nuit et le jw- Les Mahrattes, à diverses repn*>< fondirent avec fureur sur cette petu troupe qu'ils avaient cru tenir eo leur pouvoir, mais ils ne réussirent jft < l'entamer. Le 28 juillet , elle reotra i Biana, et le 81 à Agra.

Ces échecs , essuyés coup sur coup, étaient assez graves pour obliger if général en chef à faire usage de toutes ses forces. Les Anglais avaient b*eu des injures à venger. Holkar leur lisait non-seulement une guerre be> reuse , mais encore une guerre de barbare, il contraignait #es çnsoaùu*

à prendra du service dans son armée, et, s'ils refusaient, il leur faisait couper le nez et le bras droit, et les renvoyait en cet état; il en arrivait ainsi tous les jours. Cette vue animait à la l'ardeur des soldats , d'ail-

pouvoir former un corps de nation.

Un moment, en 1756, ils furent maîtres d'Agra, dont ils firent leur capitale; ils en furent chassés par le vizir Nudjif Khan. Dans les dernières convulsions de l'empire, ils tirent ce qu'ils leurs enflammés par le courage et la venaient de faire avec les Anglais et fermeté de leur cnef. Celui-ci ayant, Holkar, servant tantôt un parti, tantôt

malgré les pluies , employé le mois de .^ptembre à concentrer ses troupes , «ira eu campagne le l#r octobre. Holkar s'était alora avancé jusque sur la Djamna , et même avait lancé sa cavalerie dans le Douab.

Holkar, battu dans une première rencontre , s'avança sur Delhi avec le dessein de s'en emparer. Les fortifications étaient en assez mauvais état; mais la vigueur du colonel Ochterlony, qui y commandait, suppléa à l'insuffisance des moyens de défense , et repoussa tous les assauts des Mahrattes.

Holkar alors se jeta dans le Douab pour y porter le ravage. Lake l'y suig, et laissa l'infanterie et de l'artillerie au major général Fraser, pour contenir l'infanterie de l'ennemi. Deux grandes victoires signalèrent bientôt l< retour de la fortune au camp des Anglais. La première fut remportée a D»g, par le major général Frasrr, qui y périt après avoir tué 2,000 hom- •nes a l'ennemi ; l'autre par le général en chef contre Holkar en personne, qui se laissa surprendre au milieu de la nuit par un ennemi qu'il croyait à 36 railles de lui. Partie en effet d'un P°»nt éloigné de cette distance, Tardée anglaise arriva , combattit , pourrit les Mahrattes , et ne s'arrêta qu après avoir fait sans repos 70 milles [23 lieues et demie). Cette bataille de rurukbabad anéantit la cavalerie de Hoikar, comme celle de Dîg avait rompu son j„faoterje. Les débris de J*ile-ci avaient cherché un refuge à l*nri des murailles de Dîg, place qui >ait au rajah de Bhurtpour. Ce

l'autre, et tâchant de profiter sur tous. Le rajah de Bhurtpour, alors allié de Holkar, portait un nom qui a été illustré depuis par un de ses voisins, le roi de Lahore : il se nommait Randjit Singh. La ruine de Holkar, qui n'était plus désormais que son protégé, avait fait de lui le prince le plus puissant de cette partie de l'Inde et le chef de cette guerre. II avait beaucoup à se louer des Anglais qui, avant sa défection, avaient accru son territoire et reconnu son indépendance, en l'affranchissant même de tout tribut. Tous les avantages qu'il devait au général Lake, il allait bientôt les tourner contre son bienfaiteur. Il combattait à Dîg dans les rangs des Mahrattes , et , après la bataille , son artillerie tira sur les Anglais qui poursuivaient les vaincus.

Malgré ces actes d'hostilité ouverte , le général Lake voulut prendre, pour l'attaquer, les ordres du général en chef, et néanmoins se mit immédiatement en marche pour Dîg. Là , il prit position , en attendant sa réserve et son artillerie, qu'il avait laissées à Agra. Le 13 décembre, il fut en mesure de commencer le siège et ouvrit la tranchée dans la nuit. Dès le lendemain matin , deux batteries étaient déjà construites, d'autres furent élevées les jours suivants, et le 23 décembre, la brèche étant jugée praticable, on résolut de livrer rassaut, et là place fut emportée. Le général se porta aussitôt sur Bhurtpour. Cette place était forte et défendue par une nombreuse garnison. La tranchée fut ouverte le 4 Ianvier1805 , la brèche rajah avait passé de l'alliance des An- jugée praticable le 9 au soir; pour ne jr :'js a celle de Holkar. C'était un chef pas laisser à l'ennemi le temps de ■jjfci tribu pillarde qui avait fini par construire des traverses, le général j eublir entre 1 Indus et la Djamna, Lake voulut monter à l'assaut dès la a *0u«st de Pelhi, où, avec le temps, nuit même. Malgré Pénergie de Patelle s était enxjcbie et affermie jusqu'à taque, ce premier assaut fut repoussé

avec perte pour les assaillants de 456 hommes, perte qui fut plus que compensée par un renfort de 600 hommes qui arriva peu de jours après, et par la défection d'un vassal du rajah, qui vint joindre ses forces à colles des Anglais. Une autre brèche fut ouverte dans un lieu plus favorable. Cette brèche , reconnue en détail par trois indigènes qui se firent passer pour transfuges, le général fit les préparatifs d'un second assaut. Le fosse inondé n'étant pas guéable , et les ponts préparés ne pouvant pas servir, les soldats se jetant à l'eau gagnèrent à la nage le pied du rempart. La fermeté de l'ennemi rendit cette ardeur plus funeste qu'utile ; 573 hommes et 20 officiers périrent dans cette nouvelle action , qui n'eut pas un meilleur résultat que la première. Émir Khan , que le rajah avait appelé à son secours, rôdait avec Holkar autour du camp anglais , qu'il n'osa pas attaquer ce jour-là. Mais ayant appris l'arrivée d'un convoi qu'on attendait, il se prépara à l'enlever. Les Anglais, de leur côté, envoyèrent à la rencontre du convoi un détachement de 1,400 hommes. Enveloppée dès le point du jour, cette petite troupe ne pouvait guère suffire à couvrir un convoi de plusieurs milliers de boeufs.

Elle se retrancha dans un village fortifié , et là tint contre l'ennemi avec avantage. Déjà elle le forçait à la retraite, lorsqu'on vit à l'horizon un nuage de poussière. A la vue de ce secours qui leur arrive, les soldats brillent de se distinguer sous les yeux de leur général en chef, franchissent leurs retranchements et se précipitent sur l'artillerie ennemie, qu'ils enlèvent à la baïonnette. Elle était prise lorsque arriva, non pas le général Lake , mais un corps de cavalerie (ju'il envoyait, et qui fondant à l'improvistesur l'ennemi, en fit un grand carnage. Émir Khan y perdit ses bagages, son palanquin, une collection d'armes magnifiques , et ne se sauva qu'à la faveur d'un déguisement. Peu de jours après , il essaya , avec le rajah de Bhurtpour et Mahdadji Scindiah, une autre tentative sur un autre convoi; mais le général Lake

survint en personne , h la tête de sa cavalerie et de deux régiments d'infanterie , avec lesquels les assaillants n'osèrent pas s'engager sérieusement.

Ces échecs répétés mirent la division entre les confédérés, qui se séparèrent. Émir Khan crut pouvoir tenter pour son propre compte une expédition dans le Rohilcund, espérant que le siège de Bhurtpour tiendrait le général Lake trop occupé pour qu'il put diviser son attention et ses troupes. Mais le major général Smith n'en fut pas moins détaché à sa poursuite avec six régiments, moitié infanterie, moitié cavalerie, et de l'artillerie à cheval. Cette petite armée franchit successivement la Djamoa et le Gange, rencontra le Pindarry à Afzulghur et le culbuta. Cette dernière défaite rebuta la plupart des petits chefs qu'il avait entraînés avec loi. Il se trouva bientôt presque seul , en butte à la haine des populations qu'il avait soulevées contre lui par ses cruautés , traqué par les Anglais , et repoussé par toutes les villes qui loi fermaient leurs portes. Ne voulant

{)lus perdre son temps à poursuivre on lomme réduit, quant à présent, à l'impuissance de nuire, le major gênent se hâta de regagner Bhurtpour , où ses troupes étaient plus nécessaires.

Pendant son absence , deux autres assauts avaient été repousses. L'armée assiégeante avait pourtant reçu de Bombay de nouveaux renforts asseï considérables. Le dernier de ces assauts avait coûté aux Anglais 997 hommes. Les assiégés mettaient dans leur défense une constance et un acharnement aussi grands que ceux que l'ennemi apportait à l'attaque. Aucun autre siège contre les nations indigènes n'en avait fourni un pareil exemple L'armée anglaise était fatiguée plutôt que rebutée; mais sou artillerie était hors de service, ses approvisionnements épuisés. Tout son matériel était à renouveler. Le général Lake, tout en pourvoyant par de promptes mesures à cette nécessité , convertit le siège en blocus. Le rajah cependant comprenait que le jour viendrait où ses moyens de résistance se trou?*

raient aussi épuisés. Son territoire était ruiné, inculte , et les sources de ses revenus taries. Ce qu'il savait du caractère anglais, de celui de leur chef, des ressources qu'il avait à sa disposition , tout lui annonçait assez que cette lutte ne pouvait finir que par son anéantissement. Il profita de la circonstance de l'élévation de lord Lake à la pairie pour lui envoyer ses félicitations et entamer des négociations pacifiques. Pendant que ces négociations se suivaient, Holkar ayant reparu, le général en chef s'avança contre lui, Te battit en deux rencontres, et, la seconde fois, d'une manière si décisive, que le Mahratte désormais sans forteresses , sans artillerie, sans armée, n'eut plus un lieu ou reposer sa téte. Sa pntrie , ses États étaient alors littéralement sur la selle de son cheval. Le rajah n'en fut que plus hâté d'amener fa conclusion de la paix. Le 8 mars * il envoya un de ses fils en otage, et s'empressa de signer un traité dont Indispositions principales étaient que la forteresse de Dîg resterait aux Anglais; que le rajah payerait pour les frais de la guerre vingt lacs de roupies; qu'il n'entretiendrait aucurte correspondance avec les ennemis de la Compagnie, et ne prendrait à son service aucun Européen ; qu'il laisserait en otage un de ses Gis qui résiderait à côté du commandant anglais à Dehli on à Agra. Toutes choses ainsi réglées, le siège fut levé après une durée de trois mois et vingt jours. Les Anglais y araient perdu 3,100 hommes, et 103 officiers tant tués que blessés.

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