‹ IndeChapitre 5 sur 42 · SUCRE · texte numérisé non relu

SUCRE

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Le comité s'abstient d'offrir à la chambre aucune opinion sur la question qui a été soulevée, de savoir si le Mysore et autres pays dépendants du gouvernement anglais dans l'Inde doivent être considérés comme possessions anglaises aux termes de l'acte du parlement, parce que cette question sera probablement bientôt soumise à Sa Majesté en conseil , à l'occasion de la demande qui sera alors faite pour l'admission du sucre de Madras et de ses dépendances, en ne payant que le droit le moins élevé, en conséquence d'une loi promulguée par le gouvernement de rlnde et dont les dispositions seront exécutoires au mois de juin prochain, loi qui prohibe l'importation des sucres étrangers dans ces territoires.

(*) Cwt: désignation abrégée du quintal anglais ou hundred wàght lia ft> augl. OU 5o kil. ;8 poids français.

f II paraît par les tarifs des droits de douane prélevables dans les ports de l'Inde, que le gouvernement de l'Inde a donné l'exemple de la libéralité , en admettant tous les produits manufacturés et autres du Royaume-Uni à un droit très-bas, et, ainsi que le disent les pétitionnaires, les cotonnades d'Angleterre et d'Ecosse ont presque entièrement remplacé celles de l'Inde dans l'Inde même. En tant que cela peut être le résultat du cours naturel du commerce, les pétitionnaires n'en font pas un sujet de plaintes ; mais il est naturel qu'eux et le peuple qu'ils représentent voient avec peine maintenir un droit élevé sur un article d'importation, que le manufacturier anglais peut livrer a plus bas prix dans le pays même où il est produit ; et il serait certainement convenable de faire disparaître des tarifs anglais une inégalité qui n'a d'autre résultat que celui de marquer la dépendance politique du peuple contre lequel elle est dirigée.

Il paraîtrait, d'après les dépositions prises, qu'une réduction du droit perçu a l'importation sur les soieries indiennes aurait un effet plus pratique , et permettrait à l'Inde de donner plus d'extension à la vente de cet article de ses manufactures dans les marches d'Angleterre.

A cet égard, le gouvernement anglais a eu depuis si longtemps pour principe de protéger les fabriques anglaises, et les intérêts engagés dans la question ont une telle importance, qu'il peut y avoir des raisons de se refuser a toute modification du droit d'importation qui pourrait amener un déplacement considérable de l'industrie anglaise dans cette branche; mais on a suggéré un amendement à la loi en ce qui concerne l'importation d'un article spécial, les corahs (*), amendement qui aurait des résultats avantageux , non-seulement pour le manufacturier de Plnde, mais encore pour le manufacturier et le consommateur anglais ; et , généralement, le comité observe que ce ne serait nullement se mettre en coo-

(*) Foulards blancs en pièces.

tradition avec le principe qui protège les fabriques du Royaume-Uni, que d'accorder aux fabriques d'étoffes de soie des colonies anglaises quelque avantage plus considérable sur les fabricants étrangers, que celui qui résulte d'une réduction du droit pré- Jeté actuellement sur les soieries de l'Inde. Le comité regrette que l'état actuel des revenus paraisse s'opposer à ce que Ton modifie le tarif des droits sur les soieries et les tabacs ; cependant, en principe général, le comité jugerait convenable de recommander la réduction de ces droits.

Les droits sur les drogues et les épices ont été , dans ces dernières années, considérablement réduits; le retenu qu'on en retire n'est pas très-important, tout hors de proportion qu'il puisse être encore avec la valeur de quelques-uns des articles imposés (*).

Le comité recommande desoumettrede nouveau ces droits à un examen attentif, dans le but d'y introduire des réductions telles qu'elles induisent les producteurs à donner plus d'attention et de soins à la production.

La culture du thé dans la province d'Assam ne fait que de naître , pour ainsi dire, et le comité pense qu'il serait prématuré d'offrir à la chambre aucune opinion sur l'opportunité d'accorder un tarif plus avantageux au thé qui pourra être importé de ce pays ; mais le gouvernement de l'Inde parait au comité s'être décidé sagement en encourageant un essai qui, s'il réussit, créera une addition importante aux ressources commerciales de l'Inde, et sera <Tun très-grand avantage aux consommateurs de thé dans le Royaume-Uni.

Arrivant au dernier grief indiqué dans la pétition et qui résulte d'une disposition des lois en vigueur, disposition qui s'oppose formellement à ce que les natifs de l'Inde anglaise, employés comme matelots , soient considérés et traités comme matelots anglais et jouissent des mêmes avances; le comité déclare ne pouvoir recommander d'introduire aucun

(*) Les droits sur quelques articles de cette classe s'élèvent encore à 100, aoo et uième 3oo pour, cent de la valeur réelle.

10* Livraison. (Inde.)

changement dans la législation à cet égard. Il pense que la loi , telle qu'elle existe en ce moment, accorde au négociant exporteur de l'Inde toutes les facilités compatibles avec les intérêts généraux de l'empire, et le comité ne doute pas que les pétitionnaires euxmêmes , après mûre réflexion , ne reconnaissent l'utilité de restrictions ui , quelque gênantes qu'elles puissent tre pour les individus, ont pour but et pour résultat de perpétuer et d'accroître cette race vigoureuse de marins anglais , qui peuvent seuls protéger les possessions anglaises d'outre-mer et assurer l'indépendance du Royaume- Uni lui-même.

Les vœux exprimés dans ce rapport ne sauraient manquer d'être accueillis par le parlement dans la session qui va commencer. La Compagnie, en même temps qu'elle place les grands intérêts commerciaux de l'empire indien sous la protection du pouvoir législatif, ne néglige aucun des moyens d'action directe dont elle peut disposer pour l'encouragement de l'agriculture et du commerce dans ses vastes possessions.

Elle s'est occupée surtout dans ces derniers temps des perfectionnements à apporter à la culture du coton , et dans les détails de la récolte, et du nettoyage. Le coton , en effet, comme article d'exportation , est un des plus importants des produits de l'Inde. Aujourd'hui , les importations de cotons des Indes s'élèvent, année commune , à quarante-huit millions de livres pesant ( représentant un capital d'au moins 20,000,000 de fr.) : c'est environ le huitième de la quantité nécessaire à la consommation des manufactures anglaises.

L'indigo, la soie, le sucre, le sal-

f)ètre, le riz. la lacque forment, avec e coton et l'opium, les branches d'exportation les plus importantes. Le commerce de la Chine est lié depuis quelques années d'une manière si intime avec celui de l'Inde, qu'on ne peut guère les séparer dans l'évaluation des ressources de l'empire hindo-britannique. C'est même cette combinaison intime des intérêts mercantiles des Indes et de la Chine qui a donné, à la rupture momentanée entre l'Angleterre

LUNIVERS.

et le Céleste empire, line importance beaucoup plus grande qu'on n'aurait dO s'y attendre si l'on n'etH envisagé que l'état plus ou moins prospère du trafic de l'opium. La Chine était, par le fait , le milieu principal par lequel s'opéraient les grands échanges commerciaux entre l'Inde, l'Amérique et l'Europe : ce qui faisait dire à l'un des membres de la commission, nommé par la chambre des lords pour s'enquérir de l'état commercial de l'Inde, qu' interrompre le commerce de Canton c'était interrompre le commerce du monde entier. En 1837-38, on pouvait estimer la masse des exportations de l'Inde et de la Chine nourja Grande- Bretagne à 9,600,000 livres sterlings (environ 245,000,000 de francs). L'indigo fleure dans ce compte pour environ 2,boo,000 livres sterlings (environ 50,000,000 de francs ) ; le thé pour près de 60,000,000 de francs; le coton pour plus de 20,000,000, etc. Ces exportations se balançaient, du cô*té de l'Angleterre, 1* naV les remises annuelles faites par l'Inde anglaise, soit pour compte du gouvernement, soit pour compte des particuliers, se montant à plus de 90,000,000 de francs ; 2° par les importations de produits des manufactures anglaises (dans l'Inde et en Chine ), s'élevant à 79,000,000 ; du coté de l'Inde anglaise, par la vente de l'opium et du coton, qui réalisait, au profit de cette balance, de 76 à 80,000,000 de francs.

Nous nous bornerons à cet exposé général, qui suffit pour montrer quelles sont les ressources matérielles de l'Inde, l'importance de ses relations commerciales avec la Chine, les dangers qu'entraînaient pour l'avenir de ces relations commerciales, et conséquemment pour la G rande-Brctagne elle-même, la sus-

} tension de la bonne intelligence entre es deux États ; la nécessité d'asseoir les rapports futurs de l'Angleterre et de la Chine sur des bases plus larges et plus durables ; enfin, et par-dessus tout , la nécessité absolue pour le gouvernement britannique de donner à l'Inde anglaise les facilites et les encouragements réclamés avec tant d'instance par l'agriculture et l'industrie.

Il en est du bien-être actuel et de

l'avenir des nations , comme du bienêtre et de l'avenir des familles. Les intérêts matériels ne sont pas tout ; un bon gouvernement doit se préoccuper avec une égale sollicitude des intérêts moraux et intellectuels des teuples. Sous ce rapport, il y a encore beaucoup à faire dans l'Inde; et In difficulté de subordonner à un plan général toutes les modifications de détail qui se présentent comme également nécessaires aux méditations de l'homme d'État , mais à des titres si divers, selon les localités, dans un si vaste empire; cette difficulté est immense. Peut-être est-elle insurmontable. La Providence y pourvoira par ces interventions inattendues qui remédient aux fautes de l'humanité.

Mais, il faut le reconnaître, la nature a marqué de traits si imposants la physionomie physique et intellectuelle de l'ilindoustan , les destinées des peuples s'y sont développées par des .influences* si mystérieuses ou des secousses tellement imprévues, et l'avenir s'y prépare par des causes qui empruntent au passé un tel caractère, de grandeur , qu'on se laisse volontiers aller à la contemplation de ce vaste ensemble, et qu'on se demande ce que deviendra cet empire dans la main mercantile et guerrière de l'Angleterre, et sous la triple influence des loisde Rrahma,de Mahomet et deJésus- Christ ! Quelle complication étrange !

3ue d'éléments de vie ! que de germes e mort ! JSe semble-t-il pas que ce corps gigantesque soit condamné à grandir irrégulièrement sans relâche, et à se briser enfin sous son propre poids ? Lord Clive avait été le premier des délégués du pouvoir souverain dans l'Inde anglaise à prévoir et à prédire hautement ce développement fatal. Quelques années avaient à peine passé sur les prophétiques paroles de ce grand homme, que le parlement anglais déclarait solennellement « que les plans de conquête et d'agrandissement dans l'Inde étaient contraires au désir, à la politique et à l'honneur de la nation. » Les événements sont venus donner le plus éclatant démenti à ces théories parlementaires, et confirmer les prévisions du vainqueur de

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Phssey. Et ce qu'il y a de plus remarquable , c'est qu'à dater de cette protestation contre toute entreprise ambitieuse, les accroissements de territoire sont devenus plus considérables et plus fréquents. Quand lord Cornwallis arriva dans l'Inde, en 1786, il trouva sir Jobn Macpherson engagé dans des négociations avec les Mahnttes et le Nizâm . négociations qui devaient entraîner le gouvernement suprême dans une guerre avec Tipou- Saheb. La premier acte de lord Cornwallis fut de rompre ces négociations, en déclarant que les Anglais ne s'engageraient que dans des guerres strictement défensives. Son second acte fut de proposer une alliance à ces méws Mahrattes, à ce même Nizâm , et d'engager , de concert avec eux , une lutte dont le résultat fut un agrandissement considérable du territoire de la compagnie. Ce n'était pas la faute de lord Cornwallis, mais bien celle des circonstances dont le torrent l'a entraîné malgré ses efforts. Comme lui, la plupart de ses successeurs, loin de placer pour ainsi dire les événements dans la dépendance de leur politique,

ont dû se résigner à voir leur politique tomber dans la dépendance des événements. Dans un intervalle de moins d'un siècle, l'Angleterre ei plante son pavillon sur la citadelle de Gliizni et sur les murs de Rançoun, et toutes les contrées intermédiaires ont été rangées sous sa domination immédiate, ou reconnaissent sa suprématie. Voilà les résultats acquis, les faits accomplis , et l'activité infatigable de la race britannique prépare à l'histoire de nouveaux et gigantesques matériaux dans l'extrême Orient. Cette race ambitieuse et prudente à la fois , qui a su commander re>time ou exciter l'admiration du inonde, sans mériter les sympathies de l'humanité, saura*telle consolider son œuvre en Asie, ou devra-t-elle remettre en d'autres mains le flambeau de la civilisation nouvelle qui luit sur ces vastes contrées? Voilà la question. Il ne nous appartient pas d'y répondre; mais nous nous sommés préparés à la mission qui nous était imposée, de mettre sous les yeux de nos lecteurs toutes les données du

Rroblème. Le passé et le présent sont »s éléments de l'avenir !

Nota. Telle est la savante introduction par laquelle M. A. de Jancigny préludait à la description pittoresque de l'Inde. Avant d'entrer dans les détails du sujet, il voulait exposer l'importance que cette immense contrée, que ce monde nouveau a désormais conquise dans les faits actuels de la politique, lorsqu'une mission diplomatique en l'envoyant sur les lieux mêmes dont il devait nous donner la description est venue interrompre ses travaux. Jaloux de conserver à leur entreprise la coopération d'un collaborateur aussi éclairé, les éditeurs ont patiemment attendu pendant plus de deux années, espérant que le retour de M. A. de Jancigny, plus riche encore des nouveaux matériaux qu'il n'a pas manqué de rassembler dans son second voyage, indemniserait largement le public d'une si longue attente. Aujourd'hui l'absence de M. A. de Jancigny se prolonge sans qu'il soit possible d'en prévoir le terme; l'importance sans cesse croissauteque prennent les développements de la politique asiatique semble devoir le retenir beaucoup plus longtemps qu'on ne l'avait présumé d'abord sur le théâtre même des événements, et les éditeurs se voient dans la nécessité de confier à d'autres mains le travail pour lequel M. A. de Jnncigny avait tout d'abord été désigné à leur choix par son expérience personnelle, par ses connaissances locales et son long séjour dans le pays qu'il devait décrire.

Désormais toutes les mesures sont prises pour que la publication de X Inde pittoresque n'éprouve plus aucun retard et pour que ses livraisons se succèdent régulièrement.

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